Note APE transgression marine 20180828CL'histoire du climat de l'ensemble de la planète est marquée par une alternance de phases de réchauffement et de glaciation ponctuant des changements climatiques successifs. De façon concomitante, à cette échelle des temps géologiques, les scientifiques ont mis en évidence une élévation du niveau de la mer lors des phases de réchauffement. L'élévation du niveau marin est en effet une des conséquences du réchauffement climatique. La note à télécharger en cliquant ici présente une première cartographie des zones littorales de la presqu’île de saint Mandrier vulnérables à la transgression marine qui résultera de l’élévation du niveau des mers prévue par les modèles climatiques.

Saint Mandrier Carte Geologique 3 ILES 1Cette cartographie montre qu’à l’horizon 2100 la transgression marine aura un impact significatif sur la presqu’île en l’isolant progressivement du continent provençal, en la fragmentant en 3 îles, en réduisant significativement les surfaces de terre les plus urbanisées et où sont installées les rares espaces à vocation économique.

Après un mois de juillet et début août sans méduse et sans quasiment de vent, après le changement des courants du au Mistral, les méduses réapparaissent sur nos plages mandréennes. Parmi les 4 espèces les plus communes en Méditerranée, c’est la plus urticante qui est à nouveau parmi nous : la Pélagie (Pelagia noctiluca). Elle est translucide avec une ombrelle aux reflets roses et violets généralement de taille comprise entre 5 et 17 cm avec 8 tentacules blanchâtres très urticants atteignant 40 cm de long ! La Pélagie est un animal planctonique incapable de lutter contre les courants. Elle est commune au large et les épisodes venteux l’amène avec les courants de surface qu’ils génèrent sur nos côtes en banc de plusieurs centaines d'individus flottant à proximité de la surface de la mer.

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La Pélagie a un rôle écologique important à la fois comme prédatrices et comme sources de nourriture pour d'autres animaux. Elle participe donc à l'équilibre de la vie de la Méditerranée. De nombreuses espèces de poissons (poisson-lune, etc.), de cétacés, de tortues et d'oiseaux de mer se nourrissent de méduses. La Pélagie se nourrit de plancton constitué de larves de mollusques, crustacés et de poissons qui dérivent avec elle au gré des courants.

Pour attraper les organismes planctoniques dont elle se nourrit, la Pélagie déploie ses longs filaments Ces filaments sont couverts de cellules urticantes (les cnidoblastes) munies d’un minuscule harpon relié à un réservoir contenant un liquide venimeux qui est injecté dans les proies pour les tuer. Lorsque nous les rencontrons dans l’eau, au contact de leurs filaments, ce sont ces mêmes cnidoblastes qui nous piquent et injecte ce venin urticant à la surface de notre peau.

Lorsqu’on est piqué, il est conseillé de sortir immédiatement de l’eau pour éviter de se faire piquer d’avantage. Il ne faut surtout pas gratter l’endroit de la piqure mais la rincer à l’eau de mer sans frotter, recouvrir la piqure de sable et la laisser sécher. Ne pas rincer à l’eau douce car cela ferait éclater les cnidoblastes intactes. Retirez ensuite le sable à l’aide d’un carton rigide ou d’une carte de crédit pour enlever les cnidoblastes qui pourraient être encore présents collés sur la peau avec d’autres filaments. Rincez à nouveau à l’eau de mer avant d’appliquer un antiseptique et d’aller en pharmacie. Ne jamais toucher les méduses échouées sur les plages car leurs filaments conservent leur pouvoir urticant.

Depuis les années 2000, les scientifiques et les baigneurs ont observés que la Pélagie pullulait dans les eaux de la Méditerranée. Cette prolifération aurait trois causes : la pollution qui décime leurs prédateurs, comme les tortues ou les oiseaux marins, la surpêche qui élimine également leurs prédateurs (thons,...) mais aussi leurs concurrents pour la nourriture en plancton (poissons planctonophages : anchois, sardines...) et enfin l'augmentation de la température des océans qui a été de + 1 °C sur les trente dernières années en Méditerranée. La surpêche de poissons planctonophages fait qu’il y a plus de plancton disponible pour les méduses qui s'en nourrissent et se multiplient et dont la descendance exponentielle mangent de grandes quantités de larves de poissons dont la population s’écroule. De plus, les larves de méduses se développent d'autant plus rapidement que la température de l'eau est élevée, arrivant plus vite à maturité avec des conditions de température favorables à leur reproduction qui durent plus longtemps. En conclusion : l'homme est donc le meilleur allié des méduses !

Ce mercredi 18 juillet 21018, un adhérent de l'APE a observé en fin d'après-midi une raie nageant près de la surface dans le port de Saint Mandrier. A la vue de la silhouette avec une longue queue et de sa couleur uniforme sombre, d'une largeur d'environ 50 cm, cela pourrait être une raie pastenague violette dont le nom scientifique est Pteroplatytrygon violacea.
Cette observation confirme la richesse de la biodiversité de notre presqu'île avec cette espèce de raie qui a été inclue dans la famille des Dasyatidae de l'ordre des Myliobatiformes. C'est une espèce indigènes de nos côtes méditerranéennes. Elle se nourrit de méduses, calamars, crabes, crevette et de poissons. 
Elle a été classée par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans les espèces considérées comme quasi menacées, c'est à dire parmi les espèces proches du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises (pour plus de détails: Liste_rouge_Requins-et-raies_de_metropole_17_dec_2013.pdf).

Les raies pastenagues ne sont pas des animaux agressifs mais il faut éviter de les effrayer car leur caudale est équipée d‘un aiguillon caduque dentelé possédant des glandes à venin. Elles l’utilisent pour se défendre ou lorsqu’elles se croient menacées comme par exemple lorsqu’on leur marche dessus quand elles sont enfouies dans le sable.

L’aiguillon effilé pénètre facilement dans la peau où il injecte un venin qui entraîne immédiatement une très vive douleur qui s’amplifie dans les deux heures qui suivent. La piqure peut entraîner des malaises allant jusqu’à la perte de connaissance. Lorsque l’aiguillon est planté profondément, à la façon d’un harpon l’orientation des dentelures empêche son retrait. il ne faut pas essayer de le retirer car on risque de déchirer profondément les tissus de la peau et du muscle. Il devra être retirer par chirurgie. Comme de nombreux venins, celui des raies est thermolabile et est inactivé à partir de 50°C. L’immersion de la zone atteinte dans de l’eau chaude inférieure à 50°C (pour éviter les brûlures) pendant au moins trente minutes inactive le venin. L’extrémité d’une cigarette incandescente peut être approchée jusqu’à quelques millimètres de la plaie avec des mouvements de va-et-vient pour inactiver le venin mais surtout sans toucher la peau pour éviter les brûlures. Pour éviter les complications consultez très rapidement un médecin qui vous expliquera les soins locaux et la surveillance de la plaie et pourra prescrire un antibiotique.

N'hésitez pas à nous reporter toutes observations intéressantes, avec une photographie si possible, concernant l'environnement de la presqu'île.
Raie Port2
23 juillet: nouvelle observation d'une raie, la couleur violette ne fait plus de doute, c'est bien une raie pastenague.
20180723a
 

Les données  INSEE du 19/09/2017 à télécharger sur leur site : Préserver la biodiversité reste un enjeu majeur

Voir ci-après les commentaires de la LPO PACA.

Voici une nouvelle qui donne du sens à notre action et nous redonne de l’énergie et du courage pour continuer nos efforts pour la reconnaissance et la préservation du patrimoine naturel et culturel de la presqu’île :

Le nouveau périmètre d’intervention du Conservatoire du Littoral a été voté par le Conseil d’Administration du Conservatoire d’octobre dernier, et accepté par la Commune. Ce périmètre s’étend sur la côte sud de la presqu’île, de la plage de la Coudoulière à la pointe de Marégau, et comprend la principale coupure d’urbanisation de Saint-Mandrier à savoir les terrains naturels qui s’étendent de la pointe de la Renardière au Lazaret haut (en englobant ceux du vallon de la Coudoulière si âprement défendus par notre association contre les projets d’urbanisation de la Commune...)

Cette nouvelle définition du périmètre d’intervention du Conservatoire du Littoral ne se suffit pas à lui seul pour garantir la préservation de ces terrains. En effet, en cas de vente, il faut que le Conservatoire du Littoral ait les moyens financiers d’intervenir et qu’un accord soit trouvé avec les propriétaires, mais il est déjà un gage de l’intérêt patrimonial et écologique de notre territoire et de la volonté du Conservatoire d’établir une politique cohérente d’achat en complément de la propriété de l’Ermitage.

Il est aussi la preuve qu’un consensus est possible entre les associations, les collectivités locales et l’Etat autour de la valeur patrimoniale des parties naturelles les plus significatives de la presqu’île. Un long chemin parcouru non sans difficulté depuis l’annulation du PLU qui ne reconnaissait « aucun espace remarquable » à Saint Mandrier!

Nous remercions tous les acteursqui ont contribué à ce résultat et tous ceux qui ont soutenu l’action de l’APE jusqu’à aujourd’hui, en particulier nos fidèles adhérents.

Ensemble, continuons nos efforts pour garantir la préservation de ce patrimoine et faire en sorte qu’il profite au public d’aujourd’hui et aux générations futures !