La pollinisation des plantes est un processus fondamental pour la survie des écosystèmes puisque la pollinisation est à la base de la reproduction de près de 90% des plantes sauvages à fleurs du monde, ainsi que 75% des cultures vivrières et 35% des terres agricoles à l’échelle de la planète. Les abeilles et les autres pollinisateurs transportent naturellement le pollen de fleur en fleur permettant la production d’une multitude de fruits, fruits à coque et semences, de nombreuses plantes médicinales, l’obtention de nouvelles variétés, éventuellement de meilleure qualité, contribuant ainsi directement à assurer l’alimentation humaine et donc à notre sécurité alimentaire.

Pourtant, les abeilles et nombre d’autres espèces pollinisatrices, papillons, chauves-souris et colibris, sont directement menacées de disparition par les activités humaines. Les études scientifiques montrent qu’aujourd'hui les pollinisateurs ont un taux d'extinction qui est de 100 à 1 000 fois plus élevé que la normale. Environ 35% des pollinisateurs invertébrés, en particulier abeilles et papillons, et environ 17% des pollinisateurs vertébrés, tels que les chauves-souris, sont aujourd'hui menacés d’extinction.

Le gouvernement voudrait-il profiter du confinement pour passer en force des projets destructeur de l’environnement ?
La consultation du public via une enquête publique est obligatoire quand un projet affectant l’environnement est projeté. Durant cette enquête, le dossier descriptif du projet, est mis à la disposition du public sur internet, mais aussi sous format papier dans les mairies, et la tenue de permanences par le commissaire-enquêteur qui coordonne le processus. Elle est requise pour des projets de construction d’un grand élevage, d’une usine potentiellement polluante, de toute nouvelle infrastructure importante, d’un nouveau Plan local d’urbanisme (PLU), etc.
Durant la période de confinement et celle de déconfinement partiel, les enquêtes publiques ont été suspendues, sauf cas exceptionnel suivant les conditions définies par l’ordonnance du 25 mars 2020. Les conditions étaient assez restrictives puisqu’il fallait que l’arrêt de la procédure risque « d’entraîner des conséquences difficilement réparables dans la réalisation de projets présentant un intérêt national et un caractère urgent ». Cependant, une nouvelle ordonnance, prise le 15 avril 2020 élargie les conditions aux « enjeux de protection des intérêts fondamentaux de la Nation, de sécurité, de protection de la santé et de la salubrité publique, de sauvegarde de l’emploi et de l’activité et de préservation de l’environnement » listant les procédures concernées par l’exception.
Cette dernière ordonnance « permet des enquêtes publiques au rabais pour autoriser au plus vite des projets destructeurs », a dénoncé l’association France Nature Environnement (FNE) dans un communiqué. « C’est comme si la consultation du public était une formalité dont il faut s’acquitter le plus vite possible », juge Morgane Piederrière, juriste à l’association. « Nous sommes très inquiets du message que cela envoie, … Cela couvre désormais plein de situations. Ils ont dû se rendre compte que les conditions de départ étaient trop restrictives, et ont dû subir des pressions pour élargir. »
Mener une enquête publique en temps de confinement signifie qu’elle se tiendra seulement par « voie dématérialisée ». Les citoyens et les associations ne pourront donc pas rencontrer le commissaire-enquêteur, ni participer à des réunions publiques, ni aller consulter en mairie les dossiers qui comptent en général plusieurs centaines de pages sous format papier. « Gérer l’environnement uniquement par voie numérique est discriminatoire », estime Brigitte Chalopin, présidente de la Compagnie nationale des commissaires-enquêteurs (CNCE). « L’Insee a rappelé récemment que beaucoup de personnes (12 %) ne sont pas connectées ». « La suspension des délais en matière de participation du public a été raccourcie au motif qu’elle retarderait la reprise économique. Ainsi, la participation du public est-elle considérée comme un frein inutile et un droit secondaire », déplorent la CNCE et la Commission nationale du débat public (CNDP) dans un communiqué commun. M. Philippe Ledenvic, président de l’Autorité environnementale, s’inquiète lui aussi : « On peut comprendre qu’il y ait des exceptions en raison de la crise sanitaire, mais il faut qu’elles soient limitées, motivées, encadrées. Il est nécessaire de définir de façon plus précise le cadre de dérogation. Et d’évaluer ensuite les effets des décisions qui auront été prises pendant le confinement. »
Pour faciliter la reprise économique, pourquoi perdre du temps à débattre avec le public ? « Avant la crise sanitaire, il y avait déjà dans les tuyaux des textes qui prévoient d’aller vers le 100 % numérique et une diminution de la participation du public parce que cela prend du temps », observe Chantal Jouanno, présidente de la CNDP. « Or, la période de l’après-confinement peut être très longue, et la tentation pourrait être de dire que, pour faciliter la reprise économique, on peut faire moins de place à la participation du public » …
Source, pour en savoir plus : https://www.fne.asso.fr/communiques/crise-sanitaire-la-liste-des-atteintes-%C3%A0-la-protection-de-lenvironnement-sallonge
Lecture suggérée : La Stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre (titre original : The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism) est un essai socio-politique altermondialiste publié en 2007 par la journaliste canadienne Naomi Klein.
C’est le 1er jour du confinement alors ce 11 mai nous pouvons enfin reprendre nos flâneries le long des sentiers de la presqu’ile.
Mais attention, l’Office national des forêts (ONF) rappelle que les week-ends de mai sont "ceux qui habituellement reçoivent le plus de monde". Or, pendant près de deux mois de confinement "la tranquillité inhabituelle retrouvée en forêt a donné (aux animaux) envie de se déplacer davantage, voire d’aller dans des endroits fréquentés par l’homme". Au sortir de cette période "la faune sauvage sera plus sensible au dérangement", d’autant que c’est le moment des naissances pour les mammifères et de la nidification pour les oiseaux. "Les visiteurs vont faire irruption dans une nurserie qui a perdu l’habitude des hommes" résume Pierre-Edouard Guillain, directeur de l’agence Ile-de-France Est de l’ONF. L’Office recommande notamment aux futurs promeneurs de "ne pas se cantonner aux emplacements proches des parkings et des entrées forestières" et de "garder les animaux de compagnie sous contrôle".
La Ligue de protection des oiseaux (LPO) appelle également les promeneurs à "redoubler de précautions" pour "éviter une hécatombe" par "la destruction involontaire d’animaux et de plantes sauvages qui ont investi certains espaces pendant le confinement". "La faune sauvage s’est épanouie en l’absence de l’homme. Elle a occupé de façon inédite des espaces qui lui étaient interdits. Aujourd’hui, la nature ne doit pas perdre ce qu’elle a gagné durant le confinement" souligne Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, dans un communiqué (#Deconfinement).
Aussi, comme la pluie est au rendez-vous, nous vous suggérons la lecture d’un livre numérique gratuit intitulé « En bord de chemin ». Ce livre reprend une sélection d’extraits des ouvrages écrits par le naturaliste de terrain Marc Giraud.
|
Le livre « En bord de chemin », à télécharger gratuitement Les nombreuses photos qui illustrent ce livre vous permettront de vous promener dans une nature qui rappelle celle de la presqu’ile. Vous y découvrirez également des présentations pédagogiques sur la vie des pissenlits et autres fleurs, des arbres et des insectes ainsi que des explications sur le comportement des insectes et du langage des animaux qui nous entourent. Bonne ballade numérique ! |
Du même auteur : La nature en bord de chemin (2013), Les animaux en bord de chemin (2015), Les fleurs et arbres en bord de chemin (2017) et Les insectes en bord de chemin (2019), La nature en bord de mer (11 juin 2018).

Ce 6 mai, la sague a enveloppé la presqu’ile et ses microgouttelettes se sont déposées dans la nature, en particulier sur les toiles d’araignées qui ce matin étaient particulièrement visibles !

Branle-bas de combat : Elles sont réapparues dès les beaux jours, ! Les frelons asiatiques (Vespa velutina) fondatrices, les futures « reines », seules rescapées après un hiver d’ailleurs peu rigoureux sont réapparues. Elles ont été observées butinant les nouvelles fleurs de Callistemon, attirées par leur nectar. Reconnaissables à leur thorax brun rouge barré d’une bande jaune, elles se sont mises à construire leurs nids primaires. Le frelon asiatique est une menace pour les abeilles, donc des ruches installées à l’Ermitage et de l’apiculture en général.
Aussi, soyez attentif aux va-et-vient d’une reine qui, au départ, est seule pour construire le nid primaire. Pour éviter le développement de ces nids, il faut donc neutraliser la fondatrice, reconnaissable par sa taille imposante. Elles peuvent être piégées dans une bouteille plastique en les attirant avec un mélange sucré. Mais cette technique capture aussi d’autres insectes pollinisateurs comme les abeilles, voir cette présentation. Pour la destruction des nids primaires de petite taille, il est conseillé de s’adresser à un professionnel.
Pour en savoir plus, consulter le site très complet du Muséum national d’histoire naturel sur le sujet : http://frelonasiatique.mnhn.fr/
Des oiseaux sont régulièrement victimes de tirs de fusil en plein cœur du quartier résidentiel de Creux saint Georges et de la Corniche d’or. Ainsi, ce jour il nous a été rapporté un tir sur une tourterelle le 6 mars dernier, puis des tirs sur deux goélands leucophée (Larus michahellis), une espèce protégée, les 23 et 26 mars. Ces deux goélands ont été recueillis car grièvement blessés par des tirs à la carabine. L’un est mort et l’autre une aile abimée et un œil crevé par des plombs, visibles par radiographie, est incapable de voler. Ce dernier a été confié à Hôpital Faune Sauvage de Laroque et les faits signalés à la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux : www.lpo.fr).

Ces 2 derniers tirs sur des goélands s’inscrivent dans la trop longue liste d’oiseaux blessés ou tués dans le quartier de la Corniche d'or : deux en 2017, un en 2018 et un goéland femelle touché par un tir en 2019 sur le toit de la maison du 5 Corniche d'Or et recueilli avec une aile fracturée dans le jardin voisin…
Cliquez ici pour télécharger notre dernier bulletin.
Au sommaire de ce bulletin n°120:
- L'éditorial sur le changement climatique.
- Un article souvenir du temps passé sur la préservation du site de l'Ermitage sauvé du bétonnage grâce à l'action de notre association.
- Une nouvelle chronique de notre beau royaume d’Absurdie.
- Le compte rendu de notre assemblée générale du 1er février 2020.
Bonne lecture
- Droit de réponse de l’A.P.E. aux propos de M. Gilles Vincent, Maire de St- Mandrier, parus dans le Var-Matin édition La Seyne Sanary des 31 juillet et 9 septembre 2019, 24 février et 11 mars 2020.
- 10 mars 2020 : Un rapport interorganisations met en évidence les répercussions croissantes du changement climatique sur l’atmosphère, les terres et les océans
- 15 février 2020 : Érosion côtière, 5 000 à 50 000 habitations à « relocaliser » dont combien à Saint-Mandrier ?
- 12 février 2020 : Réunion du Comité de pilotage Natura 2000 Cap Sicié
- 10 février 2020 : « Autant de logements vacants dans notre pays, c’est inacceptable ».
- Municipales 2020 / 10 questions aux candidat.e.s sur la transition Écologique
- INFOX & INTOX MUNICIPALES : DECRYPTAGE



_filigrane.jpg)