30 avril 2026 : Vent d'est sur la rade, goélands, véliplanchistes et fantômes de la Coupe de l'America
Il a suffi d'un vent d'est pour que la rade s’agite. Ce matin, la surface paisible depuis quelques jours s'est hérissée de petites vagues, les goélands ont quitté leurs postes et la presqu'île a retrouvé ce visage qu'elle réserve aux jours de brise franche. L’occasion de ramener quelques images de la rade.
Goélands amerrissant dans le sillage du Marina, amarré à quai à La Seyne.
Sur le trajet, les goélands se sont regroupés en vol puis sur l'eau, profitant des turbulences de surface que le vent d'est génère sur la rade. Certains amerrissaient précisément dans le sillage du Marina, le paquebot de croisière arrivé tôt ce matin et amarré à quai à La Seyne-sur-Mer.
Le Marina, battant pavillon de complaisance des Îles Marshall de l’armateur Norwegian Cruise Line Holdings / Oceania Cruises a été construit par Fincantieri (Gênes) et mis en service en Janvier 2011. Avec ses 66 000 tonneaux pour 239 m sur 32 m il a une capacité de 1 250 passagers et de 800 membres d'équipage.
Port commercial de Toulon : le Mega Regina fume, et ce n'est pas une nouveauté
Le Mega Regina de la Corsica Ferries à quai au port commercial de Toulon — 30 avril 2026. Le panache de fumée produit moteurs tournants est clairement visible.
À l'heure où les goélands profitaient de la brise, une autre image s'imposait depuis le large : celle du Mega Regina, ferry de la compagnie Corsica Ferries battant pavillon italien, amarré au port commercial de Toulon, moteurs tournants, laissant s'échapper un panache de fumée bien visible au-dessus de la rade.
La scène n'a rien d'exceptionnel, elle se répète plusieurs fois par semaine, sous le vent des habitants du littoral toulonnais et de notre presqu'île. Ce qui est exceptionnel, en revanche, c'est que l'on continue de la tolérer en 2026, alors que les solutions techniques existent et que la réglementation européenne les impose progressivement.
L'APE rappelle depuis plusieurs années que la qualité de l'air de la rade de Toulon et de la presqu'île de Saint-Mandrier ne peut s'améliorer durablement tant que les navires à quai continueront de fonctionner comme des centrales thermiques sans filtre. Les photographies prises ce 30 avril 2026 en sont, une fois de plus, la démonstration visible à l'œil nu.
Au quai d'honneur de Toulon, un fantôme de 1939
Plus sympathique, à quelques encablures de là, dans le port de Toulon, une silhouette noire et élancée attire le regard : le Flica II, 12 Mètres jauge internationale K-14, dernier voilier sorti des mains du légendaire chantier écossais W. Fife & Son avant sa fermeture définitive en 1939 après 140 ans d'activité.
Le Flica II (K-14), quai d'honneur de Toulon. Coque noire, pont en teck, une icône intemporelle.
Conçu par Laurent Giles pour Hugh Goodson avec l'ambition de concourir à la Coupe de l'America, le Flica II était en avance sur son époque : essais en bassin, mâts en aluminium, winchs à mouvement circulaire, correcteurs d'assiette de safran. En 1958, il fut finalement testé face à Evaine et Sceptre pour représenter la Grande-Bretagne , c'est ce dernier qui fut retenu, et qui perdit face à Columbia. Une page d'histoire de la voile de compétition.
Après des décennies d'aventures, modifications, disparition des registres, abandon sur une côte caribéenne, le Flica II fut sauvé en 1989 et intégralement restauré par le chantier Camper & Nicholsons entre 1993 et 1999. Vainqueur de la Coppa Europa en 1995, il appartient aujourd'hui à Alexander Falk et navigue en Baltique et en Méditerranée. Sa présence à Toulon ce 30 avril est un cadeau pour les yeux des amateurs de patrimoine naval.
Véliplanchistes et embruns sur la baie du Lazaret
Véliplanchistes dans la baie du Lazaret et goélands sur la grande digue.
Plus tard dans la matinée, les goélands jouent à nouveau avec les turbulences du vent au-dessus de la grande digue. Certains s’y reposent, tournés face aux embruns, pendant que des véliplanchistes, profitant de la même brise, effectuaient des pointes de vitesse dans la baie du Lazaret.
Un tableau familier, mais toujours saisissant : la rade de Toulon, entre patrimoine vivant et nature qui reprend ses droits.
27 avril 2026 : Inde : quand avril brûle comme jamais
Pendant que la presqu'île profite de ses premiers beaux jours de printemps, à des milliers de kilomètres d'ici, l'Inde suffoque. Et pas comme d'habitude.
19 des 20 villes les plus chaudes du monde : toutes en Inde
Depuis la mi-avril 2026, une vague de chaleur d'une précocité et d'une intensité exceptionnelles frappe le sous-continent indien. Le thermomètre affiche 43°C à New Delhi, et ce n'est qu'un début. Selon l'IQAir, 19 des 20 villes les plus chaudes de la planète se trouvent actuellement en Inde. Bhagalpur (Bihar), Talcher (Odisha), Asansol (Bengale-Occidental) ... des noms peu connus mais des chiffres qui parlent d'eux-mêmes : 42, 43, parfois plus de 44°C, en plein mois d'avril.
26 avril 2026 : Tchernobyl, 40 ans après
L'impact radiologique sur la région méditerranéenne et la rade de Toulon
Un accident aux retombées continentales
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, à 1h23, l'explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl libère une quantité de radioactivité sans précédent dans l'histoire du nucléaire civil. Les rejets totaux sont estimés entre 1 et 2 × 10¹⁸ becquerels — un niveau tel que les retombées, largement dispersées par les vents, dépassent les niveaux de contamination ambiante anthropique dans de nombreuses parties du monde. Parmi les nucléides les plus préoccupants du point de vue biomédical, les rejets s'élèvent à 8,1 PBq pour le strontium 90 (⁹⁰Sr), 270 PBq pour l'iode 131 (¹³¹I) et 37 PBq pour le césium 137 (¹³⁷Cs).
Plus de la moitié du ¹³⁷Cs émis est emportée vers d'autres pays européens, contaminant au moins quatorze d'entre eux à des niveaux supérieurs à 37 kBq/m², seuil retenu pour définir une zone contaminée en Europe. Des quantités moindres, mais substantielles, de radioactivité sont mesurées sur l'ensemble du continent, de la Scandinavie à la Méditerranée, et jusqu'en Asie.
19 avril 2026 : Le gesse d'Espagne (Lathyrus clymenium), une élégante discrète du printemps méditerranéen
Une plante que l'on croise sans toujours la reconnaître
Avec ses petites fleurs bicolores aux teintes allant du rose vif au pourpre profond, le gesse d'Espagne est l'une de ces plantes sauvages qui méritent que l'on s'arrête. Présente sur la presqu'île de Saint-Mandrier comme dans l'ensemble du pourtour méditerranéen occidental, Lathyrus clymenium appartient à la grande famille des Fabacées, celle des pois, des fèves et des vesces, et partage avec elles ce caractère grimpant et cette fleur en forme de papillon caractéristique, que les botanistes appellent fleur papilionacée.
Elle fleurit en ce moment même sur nos collines, dans les friches, les garrigues ouvertes et les lisières de pinèdes. Nos photos en témoignent.
Portrait botanique
17 avril 2026 : Pollution atmosphérique en rade de Toulon, les photos parlent d'elles-mêmes
Ce que nos photos montrent
Les photographies publiées ici ont été prises récemment depuis la presqu'île de Saint-Mandrier. Elles montrent des panaches de fumée noire ou grise s'échappant des cheminées de ferries. Pas besoin de long discours : ces images témoignent d'une réalité que certains responsables politiques, prompts à se féliciter de progrès qui restent à démontrer, semblent avoir décidé de ne plus voir.
Le Pascal Lota et leurs contemporains : une pollution bien réelle
Les ferries de Corsica Ferries ont longtemps été pointés du doigt pour leur utilisation de fioul lourd à haute teneur en soufre, carburant bon marché mais extrêmement polluant, notamment lors des manœuvres portuaires.
14 Avril 2026 : L'Arctic Metagaz, un méthanier fantôme au cœur d'une crise méditerranéenne
Le MT Arctic Metagaz est un méthanier russe de 277 mètres de longueur pour 43 mètres de largeur, d'un tonnage brut d'environ 93 844 tonnes et d'une capacité de cargaison de 138 000 m³ de GNL. Construit en Corée du Sud en 2003 par le chantier naval Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering, il a connu plusieurs noms au fil de sa carrière : Berge Everett, GDF Suez Everett, Everest Energy, avant d'être rebaptisé Arctic Metagaz en 2025.
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2026, le navire est victime d'explosions en Méditerranée, alors qu'il navigue au large de la Libye. L'Autorité libyenne des ports et du transport maritime parle d'« explosions soudaines » d'origine inconnue, suivies d'un « énorme incendie ». Les 30 marins russes parviennent à se réfugier dans un canot de sauvetage et sont secourus par un pétrolier.
12 avril 2026 : Printemps sur la presqu'île, les premiers grands rendez-vous de la nature
Les premières journées vraiment chaudes sont là. Le soleil s'attarde, l'air s'adoucit, et la nature, fidèle à ses rythmes millénaires, reprend ses droits avec une énergie communicative. Ces derniers jours, nos observateurs ont eu la chance de saisir trois scènes remarquables, témoins de la vitalité du vivant dans notre région.
L'essaim : quand les abeilles font halte chez nous
8 avril 2026 : Japon, l'ivresse du hanami, quand les cerisiers embrasent Tokyo
Chaque année, au Japon, un phénomène aussi attendu que les bulletins météo mobilise tout un peuple : la floraison des cerisiers, le sakura. Pendant quelques jours à peine, rarement plus d'une semaine dans toute leur splendeur, les Prunus transforment parcs, berges et allées en nuages roses et blancs d'une beauté presque irréelle.
7 avril 2026 : Le coin des Passionnés de photographie, Bruno Barbey, « Visions sur le monde 1964 - 2020 »
À voir en ce moment, à la Villa Tamaris, centre d’art de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, l’exposition du reporter photographe Bruno Barbey, intitulée « Visions sur le monde 1964 - 2020 ».
2 avril 2026 : Exercice nucléaire en rade de Toulon : un scénario de rejet radioactif
Dans le cadre des exercices nationaux de sécurité nucléaire, différents scénarios sont simulés afin de tester la réactivité des autorités et l’efficacité des dispositifs de protection des populations.
Parmi eux, un scénario particulièrement sensible concerne un accident sur le réacteur d’un sous-marin nucléaire à quai dans le port militaire de Toulon, accompagné d’un rejet de gaz radioactifs dans l’atmosphère. Un cas d’école qui permet de mieux comprendre les risques… et de connaître les bons réflexes à adopter.


