8 juin 2026 : Pollution atmosphérique en rade de Toulon, l'urgence sanitaire doit guider les choix publics
Les photographies de ferries ou de paquebots laissant échapper des panaches de fumée au-dessus de la rade de Toulon suscitent régulièrement la crainte des résidents pour leur santé. En effet, derrière ces panaches bien visibles se cache une réalité bien plus préoccupante : celle d'une pollution atmosphérique dont les conséquences sur la santé humaine sont aujourd'hui largement documentées.
Avec la « belle saison », avant-hier, c'est le paquebot Harmony of the seas qui croisait au large de la presqu’ile, hier c’était le Marella Discovery 2 qui faisait son entrée dans la rade en laissant s'échapper un panache de fumée bien visible. Aujourd'hui, c’était le Costa Pacifica suivi de près par le Valiant Lady qui a été filmé à quai dans le port de Toulon avec des fumées s'élevant au-dessus des cheminées et dérivant au-dessus de la ville. À l'heure où les collectivités affichent leurs ambitions climatiques et sanitaires, ces images interrogent quant à l’impact sur la santé des habitants de la rade (Photographies du Marella Discovery 2 battant pavillon des Bahamas prises le 7 juin 2026 à 8h00 et du Valiant Lady battant également pavillon des Bahamas prises le 8 juin 2026 à 8h00).
Selon les études menées par AtmoSud, le secteur maritime représente à lui seul environ 42 % des émissions d'oxydes d'azote (NOx) sur la commune de Toulon et 36 % sur La Seyne-sur-Mer. Les navires émettent également des particules fines, du dioxyde de soufre, du carbone suie et du dioxyde de carbone issus de la combustion des carburants marins. Les mesures réalisées autour du terminal ferries montrent que la contribution de l'activité maritime à la pollution mesurée peut atteindre entre un tiers et la moitié des concentrations observées selon les polluants et les conditions météorologiques. Les niveaux de dioxyde d'azote relevés à proximité du terminal sont comparables à ceux mesurés le long d'axes routiers fortement circulés de Toulon.
Derrière le panache visible, une pollution invisible mais mesurée : oxydes d'azote, particules fines et gaz à effet de serre continuent d'affecter la qualité de l'air de la rade de Toulon. L'Évaluation de l'Impact Sanitaire réalisée sur l'agglomération toulonnaise par Santé publique France de la pollution atmosphérique concluait en 2004 déjà à 84 décès prématurés par an liés à la pollution atmosphérique à court terme sur un territoire alors de 267 808 habitants (Toulon, La Seyne-sur-Mer, La Garde et La Valette-du-Var), et indiquait qu'une amélioration durable de la qualité de l'air permettrait d'éviter davantage de décès à long terme. Quel est aujourd’hui l’impact sanitaire de la multiplication de la pollution des paquebots sur les habitants de la rade ? En attente d’une nouvelle évaluation par SPF, la question reste posée (Photographies prises le 7 juin 2026 à 8h00 et le 8 juin 2026 à 8h00. La tête de mort n'était pas dans le ciel de Toulon. Les polluants, eux, étaient bien présents. Montage symbolique réalisé à partir d'une photographie réelle).
Les données locales disponibles montrent que la pollution de l'air demeure un enjeu majeur de santé publique sur l'aire toulonnaise. En croisant les évaluations sanitaires nationales et les mesures réalisées autour de la rade, il est possible d'estimer que plusieurs dizaines de décès prématurés surviennent chaque année à Toulon en lien avec la pollution atmosphérique. Les émissions du trafic routier restent prépondérantes, mais les activités portuaires et maritimes pourraient contribuer à plusieurs dizaines de décès supplémentaires à l'échelle de la métropole, faisant de la qualité de l'air un enjeu sanitaire aussi important que les enjeux environnementaux.
Cette situation n'est pas anodine. La pollution atmosphérique constitue aujourd'hui l'un des principaux enjeux de santé publique en France. Les particules fines et les oxydes d'azote sont associés à une augmentation des maladies cardiovasculaires, respiratoires, des cancers pulmonaires et à une diminution de l'espérance de vie.
Conscients de ces enjeux, l'État et les collectivités ont adopté le Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA) du Var, approuvé en 2022. Ce document stratégique fixe une cinquantaine d'actions destinées à réduire les émissions de polluants atmosphériques, notamment dans le domaine des transports, et rappelle que la qualité de l'air demeure un enjeu majeur de santé publique malgré les progrès déjà réalisés. Le PPA vise non seulement le respect des seuils réglementaires mais également un rapprochement des recommandations sanitaires de l'Organisation mondiale de la santé, beaucoup plus exigeantes.
La Métropole Toulon Provence Méditerranée s'est également engagée à travers son Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la qualité de l'air.
Mais ces objectifs ne pourront être atteints sans une transformation profonde du transport maritime.
L’APE n'est pas opposée au transport maritime. Les ferries assurent des liaisons indispensables avec la Corse. Le transport maritime reste par ailleurs, pour certaines marchandises, plus efficace que le transport routier.
En revanche, l'APE considère que le maintien de motorisations utilisant des combustibles fossiles fortement émetteurs n'est plus compatible avec les enjeux sanitaires et climatiques actuels.
Afin que l'exploitation des navires n'ait plus d'impact significatif ni sur le climat ni sur la santé des populations riveraines, notre association soutient :
- le développement rapide de l'électrification systématique des quais, en particulier à La Seyne sur mer, et du branchement obligatoire des navires, ferries et paquebots, dès leur arrimage à quai ;
- le renouvellement de la flotte par des navires à très faibles émissions utilisant des technologies permettant la suppression des émissions d'oxydes d'azote, de soufre et de particules fines ;
- l’utilisation des carburants réellement décarbonés.
Chaque heure d'escale électrifiée représente déjà, selon AtmoSud, l'effacement d'émissions de NOx équivalentes à une journée entière de circulation routière sur le boulevard de Strasbourg à Toulon. Cette donnée démontre que des solutions existent et qu'elles produisent des résultats concrets.
Le véritable débat n'est donc pas de savoir s'il faut conserver ou supprimer le transport maritime. La question est de savoir à quelle vitesse nous sommes prêts à remplacer des technologies polluantes par des solutions compatibles avec les exigences sanitaires, climatiques et environnementales du XXIe siècle.
La santé des habitants de la rade, la protection de la Méditerranée et la lutte contre le changement climatique méritent mieux que des demi-mesures ou des effets d'annonce. Elles exigent des choix cohérents, ambitieux et rapides.
Alors, si vous partagez nos valeurs et notre volonté de protéger notre santé,
Soutenez-nous : JE FAIS UN DON
Ensemble, nous pouvons encore faire bouger les lignes.
6 juin 2026 : Journée mondiale anti-croisières, quand les discours écologiques se heurtent aux choix locaux
À l’occasion de la Journée mondiale anti-croisières, des citoyens, des associations et des collectifs se mobilisent partout dans le monde. L'objectif ? Alerter sur les lourdes conséquences environnementales, sanitaires et sociales d’une industrie qui, derrière ses images de rêve, cache une réalité beaucoup moins séduisante.
5 juin 2026 : Échappée culturelle à Draguignan. Un voyage entre terre, mer et élégance !
Avis aux curieux, passionnés de nature et amateurs d'histoire locale ! Hier, nous avons eu la chance de découvrir deux magnifiques expositions qui viennent tout juste d'ouvrir leurs portes à Draguignan. C'est l’occasion rêvée de planifier une belle escapade d'une journée en Dracénie pour faire d'une pierre deux coups !
Étape 1 : L'explosion de couleurs au Musée des Beaux-Arts
On commence la journée avec l'exposition « Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle » (visible jusqu’au 31 octobre 2026).
À la fin du XIXe siècle, grâce à l'arrivée des lignes de chemin de fer et des premiers guides touristiques, le massif de l’Estérel est devenu le terrain de jeu favori des peintres d'avant-garde.
4 juin 2026 : Fumées grises, jaunasse et promesses vertes, dans la rade de Toulon, Corsica Ferries continue de nous enfumer (aux frais du contribuable)
Ce matin encore, le spectacle était grandiose au large et en petite rade de Toulon. Le ferry Pascal Lota de la Corsica ferries battant pavillon italien, faisait son entrée, majestueux, traînant derrière lui un nuage de fumée conséquent. Oh, rassurez-vous, la fumée n’était pas noire ! Elle était grise, jaunasse. Une nuance subtile qui pour certain.es changerait sans doute tout pour nos poumons, mais absolument rien au sentiment général sur notre santé : on se moque ouvertement de nous.
31 mai 2026 : Marchons vers l'école célèbre la nature à l'Écomusée des 4 Frères
Sous un soleil au rendez-vous, les enfants et les accompagnateurs de l'opération « Marchons vers l'école » ont clôturé une nouvelle année de découvertes et de sensibilisation à l'environnement par une belle journée au cœur de l'Écomusée départemental des 4 Frères.
Après un trajet en covoiturage depuis la presqu'île, le petit groupe a rejoint cet Espace naturel sensible situé entre Signes et Le Beausset. Sur près de 380 hectares de collines, de forêts et de prairies, ce site remarquable offre une immersion dans la nature provençale et dans l'histoire des activités humaines qui ont façonné ces paysages.
30 mai 2026 : Edgar Morin (1921–2026), L’écologie et la poésie comme art de penser la complexité
Hommage à un visionnaire de l’écologie et de la pensée poétique
En ce mois de mai 2026 caniculaire, le monde vient de perdre l’un de ses plus grands esprits : Edgar Morin, sociologue, philosophe et anthropologue français, s’est éteint à l’âge de 104 ans. Son œuvre monumentale, marquée par une pensée complexe et humaniste, a profondément influencé notre rapport au monde, à la nature et à la poésie. À travers ses écrits, il a su lier écologie, éthique et imagination, offrant des clés pour repenser notre place dans l’univers et notre responsabilité envers le vivant.
26 mai 2026 : Premier chant de cigale sur la presqu'île !
C’est un événement particulièrement précoce cette année ! Alors que les premiers éclats de chaleur stimulent notre flore locale et exotique, la colline de la Renardière, qui domine le village de Saint-Mandrier, résonne déjà d’un son bien familier.
Hier en fin d’après-midi, lors d'une balade sur les hauteurs, la toute première cymbalisation de la saison a été surprise et enregistrée. Si les cigales attendent habituellement que les températures s'installent durablement, dépassant les 23°C, pour faire vibrer leurs cymbales, celle-ci a décidé de prendre les devants et de lancer, avec un peu d'avance, la bande-son de notre été mandréen.
25 mai 2026 : Quand la chaleur réveille les couleurs de la presqu’île
Avec le retour des belles journées ensoleillées, les paysages de Saint-Mandrier-sur-Mer se métamorphosent en phase avec la semaine de la nature dédiée à la biodiversité. La chaleur naissante, loin de flétrir notre flore, agit comme un coup de baguette magique. Dans la garrigue, au détour des sentiers du littoral ou au cœur de nos jardins, les bourgeons éclatent.
Voyageons ensemble à la découverte de ces espèces qui colorent notre quotidien, entre espèces autochtones provençales, parfaites adaptées à notre climat méditerranéen, et plantes exotiques venues d’ailleurs, la nature nous rappelle sa résilience et sa diversité.
Les Autochtones : l'âme de notre maquis provençal
Ces plantes locales se sont adaptées depuis des millénaires à notre climat méditerranéen. Robustes, économes en eau, elles forment le socle de nos paysages naturels sauvages et résistent magnifiquement à la chaleur.
24 mai 2026 : La guêpe poliste qui ventile, quand le vivant s'adapte à des chaleurs de juillet… en mai
Il est à peine 10 heures du matin, et le thermomètre frôle déjà les 30°C sur la presqu'île. Depuis trois jours, les températures dépassent les normales saisonnières de plusieurs degrés en ce mois de mai 2026 pour atteindre les niveaux plus habituels des mois de juillet. C'est alors qu'elle attire l'attention : une guêpe poliste, immobile sur son nid exposé en plein soleil, ailes déployées, qui bat des ailes à toute vitesse sans décoller. Elle ne s'envole pas. Elle ne chasse pas. Elle ventile.
23 mai 2026 : La pulicaire, discrète sentinelle de la biodiversité méditerranéenne
En cette fin de printemps, les parties encore naturelles de la presqu’île de Saint-Mandrier se parent de petites touches jaune d’or. Au bord des chemins, dans les friches littorales, les zones sèches ou les espaces encore épargnés par l’artificialisation, la pulicaire attire aujourd’hui le regard… mais surtout une multitude d’insectes.
- 19 mai 2026 : Consigne des bouteilles plastique, les maires bloquent, nos plages paient le prix
- 18 mai 2026 : Disparition de Monica Montefalcone, la Posidonie perd une grande voix
- 17 mai 2026 : La nigelle de Damas, une étoile méditerranéenne au cœur de nos jardins
- 8 mai 2026 : Préserver la paix, préserver le vivant
Page 1 sur 2




