C’est un événement particulièrement précoce cette année ! Alors que les premiers éclats de chaleur stimulent notre flore locale et exotique, la colline de la Renardière, qui domine le village de Saint-Mandrier, résonne déjà d’un son bien familier.
Hier en fin d’après-midi, lors d'une balade sur les hauteurs, la toute première cymbalisation de la saison a été surprise et enregistrée. Si les cigales attendent habituellement que les températures s'installent durablement, dépassant les 23°C, pour faire vibrer leurs cymbales, celle-ci a décidé de prendre les devants et de lancer, avec un peu d'avance, la bande-son de notre été mandréen.
Écoutez : Le tout premier chant (cymbalisation) de cigale de la saison, capturé le matin de ce 26 mai sur les hauteurs de la colline de la Renardière à Saint-Mandrier-sur-Mer sous des températures déjà proches de celles de l’été méditerranéen. Un éveil précoce qui annonce un bel été sur la presqu'île !
C'est particulièrement tôt. Dans le Var, les premières cigales sortent habituellement début juin, et ce n'est qu'à la fin du mois qu'elles imposent leur musique à nos oreilles. Cette année, l'épisode de chaleur précoce que nous traversons depuis plusieurs jours a manifestement déclenché la sortie de terre des cigales et la cymbalisation.
L'espèce entendue est très vraisemblablement la cigale grise (Cicada orni L.), l'espèce la plus courante en Provence, la plus bruyante, et la plus difficile à détecter tant son camouflage sur les troncs et branches est efficace. Seuls les mâles produisent ce chant, par contraction et relaxation rapide de leurs cymbales abdominales, des membranes qui vibrent jusqu'à 90 décibels, pour attirer les femelles. Les larves, elles, auront passé plusieurs années sous terre à se nourrir de la sève des racines avant d'émerger pour cette phase adulte qui ne dure que quelques semaines.
L'agroclimatogue Serge Zaka le confirme : « Avec le changement climatique, les cigales commencent à chanter plus tôt. » Cette première cymbalisation de fin mai sur la Renardière en est, à sa façon, une illustration locale et sonore.
Il est à peine 10 heures du matin, et le thermomètre frôle déjà les 30°C sur la presqu'île. Depuis trois jours, les températures dépassent les normales saisonnières de plusieurs degrés en ce mois de mai 2026 pour atteindre les niveaux plus habituels des mois de juillet. C'est alors qu'elle attire l'attention : une guêpe poliste, immobile sur son nid exposé en plein soleil, ailes déployées, qui bat des ailes à toute vitesse sans décoller. Elle ne s'envole pas. Elle ne chasse pas. Elle ventile.
Les premières journées vraiment chaudes sont là. Le soleil s'attarde, l'air s'adoucit, et la nature, fidèle à ses rythmes millénaires, reprend ses droits avec une énergie communicative. Ces derniers jours, nos observateurs ont eu la chance de saisir trois scènes remarquables, témoins de la vitalité du vivant dans notre région.
L'essaim : quand les abeilles font halte chez nous
Chaque année, au retour des beaux jours, la presqu'île de Saint-Mandrier se pare de grappes mauves et parfumées : la glycine est en fleurs. Ce phénomène, aussi bref qu'intense, transforme murs, pergolas et jardins en cascades violettes, offrant l'un des plus beaux tableaux du printemps méditerranéen.
Une floraison printanière spectaculaire
Lors d’une promenade hivernale en forêt, le chêne blanc de Provence (Quercus pubescens Willd., famille des Fagaceae) attire immanquablement le regard. Majestueux et plein de caractère, le chêne blanc de Provence est l’un des arbres les plus représentatifs de nos paysages méditerranéens. Son nom latin pubescens vient du mot pubes, qui signifie « à poils doux », en référence aux fins duvets présents sur la face inférieure des jeunes feuilles.
Pouvant atteindre de 10 à 25 mètres de haut et vivre plus de 500 ans, ce chêne impressionne par sa longévité. Son tronc est souvent court et tortueux lorsqu’il pousse en terrain dégagé, mais il devient long et droit lorsqu’il croît au cœur des forêts.
Son feuillage caduc est marcescent : les feuilles sèchent en automne mais peuvent rester accrochées tout l’hiver si le vent ne les détache pas. Lorsqu’elles tombent, elles forment au sol une belle mosaïque brun doré qui enrichit la litière forestière.
Originaire des régions tempérées de l’hémisphère nord, il affectionne particulièrement les sols calcaires et secs de l’étage méditerranéen. Absent de Bretagne et des Landes, il reste fréquent dans les collines provençales. Espèce dite post-pionnière, il s’installe après les pins ou les arbustes pionniers qui colonisent les terrains abandonnés, puis les remplace progressivement pour former de belles forêts mixtes.
Le chêne pubescent atteint sa maturité vers l’âge de 15 ans. Il est monoïque, c’est-à-dire qu’il porte sur un même arbre des fleurs mâles et femelles séparées. Sa floraison, anémophile (pollinisée par le vent), s’étend d’avril à mai. Ses fruits, les glands, sont sessiles et logés dans une cupule écailleuse, avant d’être disséminés par les animaux, en particulier les geais et les écureuils.
Arbre emblématique du sud de la France, le chêne pubescent joue un rôle majeur dans nos paysages agricoles traditionnels : il est l’une des principales essences utilisées en trufficulture, grâce à sa capacité à former des symbioses avec les champignons du sol.
Prochaines balades hivernales : ouvrez l’œil, touchez l’écorce rugueuse, écoutez le bruissement des feuilles mortes… et admirez ce géant discret qui structure nos forêts et abrite une biodiversité incroyable.
La floraison des amandiers a débuté ! Ce sont les premiers arbres fruitiers de la presqu’île à fleurir en hiver, produisant des bouquets de fleurs très nectarifères, une véritable aubaine pour les insectes pollinisateurs. Leur pollinisation est donc assurée par les insectes (entomophilie) mais aussi par le vent (anémophilie) fréquent en ce moment.
Du bourgeon floral à la fleur épanouie. La fleur est caractéristique des plantes regroupées dans la famille des rosacées. La corolle est formée de 5 pétales obovés-elliptiques, blancs à rosés, entourant 20, 25 ou 30 étamines.
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Ce mois-ci, de fines pluies ont enfin humidifié les premiers centimètres de sol au grand bénéfice des plantes qui ont également profité des rayons de soleil qui n’ont pas tardé à réapparaître entre les nuages et à réchauffer l’atmosphère. Pour autant, les floraisons des plantes indigènes sont rares en ce mois de janvier et souvent ces floraisons concernent des espèces originaires d’autres continents et qui nourrissent les rares insectes encore visibles ce mois-ci...
Les grandes solandres appelé encore lianes trompettes (nom scientifique Solandra grandiflora) sont en fleurs dans les jardins. Cette espèce originaire des régions tropicales d'Amérique s’épanouit du Mexique au Brésil. C'est une plante ligneuse grimpante au feuillage persistant pouvant atteindre 12 mètres de haut qui contient des alcaloïdes tropaniques (atropine, hyoscyamine, scopolamine). Elle a été introduite dans les jardins du sud de la France, et localement dans ceux de la presqu’île où elle se développe à l’abri du gel. En ce moment, vous pourrez admirer ses grosses fleurs parfumées de 25 cm de long d’un jaune abricot au bout du quai du port de Sanary au début de la montée vers la petite chapelle Notre-Dame de Pitié en haut du Chemin de la colline.
Cette espèce a été classée dans la famille des Solanacées riche d’une centaine de genres pour environ 2 700 espèces. Cette famille comprend des espèces alimentaires d'une grande importance économique telles que la pomme de terre (Solanum tuberosum), la tomate (Solanum lycopersicum), l'aubergine (Solanum melongena) et les piments (Capsicum).
Le thryptomène rocheux (nom scientifique Thryptomene saxicola) est en fleurs dans nos jardins. Les fleurs sont rose pâle à blanches avec cinq sépales et dix étamines disposées à l'aisselle des feuilles. Leur présence n’est pas exceptionnelle puisque la floraison s’étend de janvier à novembre et quelques fleurs sont souvent présentes la plupart des mois de l’année. Cette plante est endémique du sud-ouest de l'Australie occidentale.
Le thryptomène rocheux est une plante rustique aux petites feuilles ovales ou ovoïdes vert clair, aromatiques lorsqu’on les froisse. Elle se développe dans les jardins secs sous la forme d’un arbuste au port étalé et très ramifié qui atteint généralement une hauteur de 1,5 m.
Cette a été classée dans la famille des Myrtaceae qui comprend environ trois mille espèces d'arbres et d'arbustes sources d'huiles essentielles pour la parfumerie ou pour l'usage thérapeutique et qui appartiennent à différents genres regroupant les Eucalyptus, les Psidium dont fait partie le goyavier, les Myrtus dont fait partie le myrte commun, arbuste du maquis méditerranéen, les Eugenia dont le giroflier (Eugenia cariophyllata) qui donne le clou de girofle, les Melaleuca dont on extrait des huiles essentielles, les Leptospermum dont le manuka (Leptospermum scoparium)
Les grappes de fleurs violette de l’hardenbergie violacée (nom scientifique Hardenbergia violacea) explosent au soleil ! C’est une plante grimpante particulièrement qui s'enroule autour de tout support disponible. Originaire d’Australie elle est également surnommée glycine australienne ou encore salsepareille australienne. Elle fleurit de janvier février, puis une seconde fois en mars.
Ses grappes pendantes de fleurs papilionacées peuvent mesurer jusqu’à 15 cm. Ses fleurs mellifères attirent de nombreuses abeilles et autres pollinisateurs. Sa fructification décorative produit de petites gousses qui renferment des graines.
Elle a été classée dans la famille des Fabacées, aussi appelée Légumineuses qui regroupent les haricots, pois, pois chiche, lentilles, fèves, lupins, gesses, sojas, arachides, tamarins, caroubes, fenugrecs, luzerne, trèfle, acacias, mimosas.
Toutes ces floraisons donnent un air de printemps aux jardins de la presqu’île…
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