Encore un record dont nous nous serions bien passé! La société néerlandaise fabricant de systèmes GPS et d'aide à la navigation TomTom vient de publier son classement des 400 villes les plus embouteillées de 57 pays. Ce classement résulte de l'analyse des données fournies par les GPS des voitures circulant dans plusieurs milliers de villes du monde.
En France, des 25 villes étudiées, il ressort que Paris est encore une fois la ville la plus embouteillée et Toulon classée à la 7ème position, juste derrière Lyon (!) avec un taux de congestion de 29% sur l’année 2019, en augmentation d'un point par rapport à 2018. Chaque jour ouvré ce sont en moyenne 16 minutes qui sont perdues dans les embouteillages du matin et 20 minutes le soir, soit 36 minutes par jour et un total de 135 heures par an, soit 5,6 jours ! Par contre quatre villes, Marseille, Montpellier, Saint-Étienne et Avignon, ont vu leur indice de congestion diminuer en 2019.
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Ce n'est pas une surprise pour notre agglomération puisque ce niveau de congestion routière engendre une pollution persistante vue l'insuffisance des actions entreprises par TPM pour améliorer la situation. D'ailleurs, en 2017, Toulon était classée la 4eme grande ville de France du classement des villes françaises les plus polluées aux particules fines (voir ce lien). Aussi, devant l'inaction à lutter contre la pollution atmosphérique des grandes villes françaises, l'an dernier la Cour de Justice de l’Union européenne a condamné la France le 24 octobre 2019 pour non-respect de la directive de 2008 pour dépassement « de manière systématique et persistante la valeur limite annuelle pour le dioxyde d’azote (NO2) depuis le 1er janvier 2010 dans douze agglomérations et zones de qualité de l’air françaises, à savoir …Toulon..." Une situation qui malheureusement ne devrait pas s’améliorer en 2020.
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A partir de l’été prochain, la direction de Corsica Ferries s’est engagée à alimenter ses navires en carburants marins dont la teneur en soufre n’excède pas 0,1%, dès leur entrée en zone de pilotage dans la grande rade ainsi que lors de leurs escales au port de Toulon, y compris celles de moins de deux heures.

Cet engagement répond en partie à la pétition de MART à laquelle l’APE s’est associée pour éviter que les émissions des bateaux transitant en rade de Toulon aggravent la pollution atmosphérique de la métropole (voir la petition pour des bateaux propres).

Cet engagement, sur une base volontaire à saluer, renforce les dispositions de la Directive europénne entrée en vigueur le 1er janvier 2020 requérant aux armateurs de navires à passagers l’utilisation de carburant à 0,5 % de soufre lorsqu’ils naviguent en mer et à 0,1 % de soufre lorsque leurs escales à quai durent plus de deux heures.

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La compagnie Corsica Ferries avec d’autres armateurs ont déjà signée cet engagement avec Nice et de Cannes. Cet engagement est particulièrement bienvenu pour les ports en attente des équipements de branchement électrique à quai. L’engagement de Corsica Ferries est donc une bonne nouvelle qui répond à la question que nous posions le 1er Janvier dernier en ces termes: “Pourquoi l’armateur, ne minimise-t-il pas l’impact de ses navires sur notre santé en utilisant immédiatement en mer et au port lors des escales de courtes durées du fuel à 0,1% en soufre, soit quand même 10 fois au-dessus de la limite pour le diesel des véhicules qu’ils transportent ?” (voir notre précédent article).

Charbonnier 2019 12 28 ferry escale courte TL RC filigraneCe 1er janvier 2020 la norme Low Sulphur Oil Fuel (LSFO) de L'Organisation Maritime Internationale (IMO) est entrée en vigueur. Adoptée par les états pour réduire de 85% les émissions soufrées des navires sur l’ensemble des mers et océans de notre planète. Afin d’être en conformité avec cette réglementation et avec la directive européenne 2012/33 du 21 novembre 2012, les armateurs ont trois options : (1) utiliser du fuel plus raffiné contenant moins de 0.5% de souffre (LSFO), (2) équiper leurs navires de système de retraitement des gaz d’échappement en sortie de cheminée (scrubber) ou (3) basculer vers des modes de propulsion des navires moins polluants (électrique ou au GNL).

Malheureusement donc, les navires équipés de scrubbers peuvent continuer à utiliser des combustibles marins en teneurs en soufre supérieures à 0,5%. Leur combustion doit conduire à des valeurs d'émission dans l’air équivalentes ou inférieures à celles correspondant aux valeurs limites de teneur en soufre des combustibles marins imposées (0,1 et 0,5%). C’est pourquoi par exemple, les navires équipés de scrubber peuvent utiliser, à quai ou en mer, du combustible marin dont la teneur en soufre est de 3,50 %, si le rapport d’émissions de SO2 (ppm)/émissions de CO2 (% v/v) est inférieur à 151,7.

D’autre part, l'eau de lavage issue des scrubbers qui utilisent des produits chimiques peut être rejetée en mer, y compris dans des ports, substituant la pollution de l’atmosphère par une pollution des eaux de mer !

20191229 Costa SmeraldaLe tout nouveau paquebot de croisière amiral de la compagnie italienne Costa Cruises, battant pavillon italien, a fait escale dimanche dernier à Marseille pour sa première rotation de la saison. Après le Nova de la compagnie Aida, compagnie sœur de Costa dédiée au marché allemand, qui fut la première à proposer un paquebot fonctionnant au Gaz Naturel Liquéfié (GNL) début 2019, c'est le premier navire de Costa à être alimenté au GNL aux ports et en mer. La combustion du GNL produit quasiment aucun émission d’oxyde de soufre (SOX) et de particules, très peu d’oxydes d’azote (NOX) et permet de réduire de l'ordre de 20% les rejets de CO2 par rapport au fuel lourd. Les émissions de dioxyde de soufre nuisent à la santé humaine et à l'environnement et au final forment des dépôts acides sur les sols (lien petition).

Ce paquebot de plus d’un milliard d’euros a été commandé il y a cinq ans aux chantiers navals Meyer en Finlande. La compagnie italienne Costa évolue pour répondre en partie aux demandes des associations de défense de l’environnement, qui dénoncent l'impact des navires, dont les bateaux de croisière, sur l'environnement. L'APE s'est mobilisée à côté de France Nature Environnement (FNE) pour demander des actions concrètes contre la pollution atmosphérique générée par les navires (voir ce lien). Avec Gilles Marcel, président de la fédération Provence-Alpes-Côte d’Azur de FNE, l'APE considère donc que "C’est une bonne nouvelle mais nous n’applaudiront pas à tout rompre. Cela reste un gros navire, avec une pollution moindre mais qui engendre tout de même de la pollution. Mais cela va dans le bon sens. Au-delà de ce cas relativement unique, il faut que l’ensemble des armateurs et de leurs navires fassent des évolutions qui permettent de rentrer dans des normes beaucoup plus protectrices des citoyens et des riverains " (Franceinfo).

Le 24 octobre dernier la France a été condamnée par la Cour de Justice de l’Union européenne pour non-respect de la directive de 2008 pour dépassement « de manière systématique et persistante la valeur limite annuelle pour le dioxyde d’azote (NO2) depuis le 1er janvier 2010 dans douze agglomérations et zones de qualité de l’air françaises, à savoir Marseille (FR03A02), Toulon (FR03A03), etc."

En effet, depuis 2010, entre autres polluants atmosphériques, le seuil limite de dioxyde d'azote a été régulièrement franchi dans l’air que nous respirons à Toulon. La Cour « constate que la France n’a manifestement pas adopté, en temps utile, des mesures appropriées permettant d’assurer un délai de dépassement qui soit le plus court possible. Ainsi, le dépassement des valeurs limites en cause durant sept années consécutives demeure systématique et persistant dans cet État membre malgré l’obligation pour la France de prendre toutes les mesures appropriées et efficaces pour se conformer à l’exigence selon laquelle le délai de dépassement doit être le plus court possible ».

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Le dioxyde d’azote est un polluant issu principalement des moteurs diesel. Il est responsable de 9 300 morts prématurées par an en France. Les causes de cette condamnation sont en ligne avec les résultats publiés par l’INRIX (http//inrix.com/press/scorecard-fr/) qui classait Toulon comme la 3eme ville de France dans laquelle on perd le plus de temps dans les bouchons avec un total de plus de 35h perdues par an.

communiqué de presse de la Cour de justice de l’Union Européenne et

Jugement rendu le jeudi 24 octobre 2019 par la Cour

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