L'impact radiologique sur la région méditerranéenne et la rade de Toulon
Un accident aux retombées continentales
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, à 1h23, l'explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl libère une quantité de radioactivité sans précédent dans l'histoire du nucléaire civil. Les rejets totaux sont estimés entre 1 et 2 × 10¹⁸ becquerels — un niveau tel que les retombées, largement dispersées par les vents, dépassent les niveaux de contamination ambiante anthropique dans de nombreuses parties du monde. Parmi les nucléides les plus préoccupants du point de vue biomédical, les rejets s'élèvent à 8,1 PBq pour le strontium 90 (⁹⁰Sr), 270 PBq pour l'iode 131 (¹³¹I) et 37 PBq pour le césium 137 (¹³⁷Cs).
Ce que nos photos montrent
Les photographies publiées ici ont été prises récemment depuis la presqu'île de Saint-Mandrier. Elles montrent des panaches de fumée noire ou grise s'échappant des cheminées de ferries. Pas besoin de long discours : ces images témoignent d'une réalité que certains responsables politiques, prompts à se féliciter de progrès qui restent à démontrer, semblent avoir décidé de ne plus voir.
Le Pascal Lota et leurs contemporains : une pollution bien réelle
Les ferries de Corsica Ferries ont longtemps été pointés du doigt pour leur utilisation de fioul lourd à haute teneur en soufre, carburant bon marché mais extrêmement polluant, notamment lors des manœuvres portuaires.
Le MT Arctic Metagaz est un méthanier russe de 277 mètres de longueur pour 43 mètres de largeur, d'un tonnage brut d'environ 93 844 tonnes et d'une capacité de cargaison de 138 000 m³ de GNL. Construit en Corée du Sud en 2003 par le chantier naval Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering, il a connu plusieurs noms au fil de sa carrière : Berge Everett, GDF Suez Everett, Everest Energy, avant d'être rebaptisé Arctic Metagaz en 2025.
Dans la nuit du 2 au 3 mars 2026, le navire est victime d'explosions en Méditerranée, alors qu'il navigue au large de la Libye. L'Autorité libyenne des ports et du transport maritime parle d'« explosions soudaines » d'origine inconnue, suivies d'un « énorme incendie ». Les 30 marins russes parviennent à se réfugier dans un canot de sauvetage et sont secourus par un pétrolier.
Dans le cadre des exercices nationaux de sécurité nucléaire, différents scénarios sont simulés afin de tester la réactivité des autorités et l’efficacité des dispositifs de protection des populations.
Parmi eux, un scénario particulièrement sensible concerne un accident sur le réacteur d’un sous-marin nucléaire à quai dans le port militaire de Toulon, accompagné d’un rejet de gaz radioactifs dans l’atmosphère. Un cas d’école qui permet de mieux comprendre les risques… et de connaître les bons réflexes à adopter.
Lors de cette réunion d’information, de nombreux participants ont posé des questions sur l’éventuelle prise de comprimés d’iodure de potassium en cas d’accident nucléaire entraînant des rejets radioactifs dans l’atmosphère. Voici quelques éléments pour mieux comprendre l’utilité de ces comprimés… et leurs limites.
Comprimés d’iodure de potassium :
Les 1er et 2 avril 2026, un exercice national de sécurité nucléaire se déroulera autour du port militaire de Toulon. Ce type d’exercice, organisé à l’échelle de l’État, vise à tester les dispositifs nationaux de gestion de crise en cas d’accident nucléaire, mais aussi à évaluer l’efficacité de l’information et de l’alerte des populations concernées.
Dans ce cadre, un volet de sécurité civile concernera directement quatre communes du territoire : Toulon, La Seyne-sur-Mer, Ollioules et Saint-Mandrier-sur-Mer. L’un des objectifs principaux sera notamment de vérifier l’audibilité des moyens d’alerte à la population, en particulier les sirènes.
Une réunion publique pour comprendre les enjeux
Il y a 1 an, le 15 mars 2025, un recours gracieux de l’APE, FNE-Var et FNE-PACA demandait au ministère de la Défense l’annulation du Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) du site d’entreposage d’hydrocarbures du Lazaret dans la zone littorale de Saint-Mandrier. Les PPRT ont été institués en 2001 à la suite de la catastrophe de l’usine AZF de Toulouse par la loi n°2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages. Un an plus tard, un point s’impose !
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