Arrivée à Toulon mardi 22 septembre, la frégate indienne Trishul a quitté la rade ce vendredi 25 septembre. Elle participe à l’exercice naval franco-indien Varuna, dont la phase maritime se déroule cette année en Méditerranée occidentale.

Après une première phase à quai, les marins indiens doivent désormais participer à plusieurs jours d'entraînement en mer avec notamment les frégates françaises Forbin et La Fayette. L'exercice devrait se poursuivre jusqu'au 29 septembre.

Pourquoi « Varuna » et « Trishul »?

Les deux noms choisis pour cette coopération navale renvoient à la culture et à la mythologie indiennes.

Varuna est quant à lui une ancienne divinité védique associée notamment à l'ordre cosmique et aux eaux. Dans la tradition hindoue plus tardive, Varuna est notamment considéré comme le dieu ou le souverain des océans.

Trishul, ou triśūla en sanskrit, signifie « trident ». C'est notamment l'arme traditionnelle associée au dieu Shiva. Le nom donné à la frégate fait donc directement référence à cette symbolique.

Des noms particulièrement évocateurs pour un exercice naval entre les deux pays.

Une frégate de plus de vingt ans

Le INS Trishul, immatriculé F43, appartient à la classe Talwar, une famille de frégates dérivées des bâtiments russes du projet 11356. Construit en Russie, à Saint-Pétersbourg, le Trishul a été lancé en novembre 2000 et admis au service actif en juin 2003. Il a donc aujourd'hui un peu plus de 23 ans de service. Le bâtiment mesure environ 125 mètres de long, déplace un peu plus de 4 000 tonnes à pleine charge et embarque environ 180 marins.

Mais ce bâtiment a bénéficié de plusieurs modernisations de ses équipements électroniques et de ses systèmes d'armes au cours des dernières années.

Le Trishul quitte la rade de Toulon ce vendredi 25 septembre 2026. Sur les premières images, les importants panaches très blancs visibles au-dessus de la frégate indienne sont liés au fonctionnement de ses turbines à gaz (combustion de gazole marine léger). Cet aspect très blanc résulte principalement de la condensation de la vapeur d'eau générée par la forte chaleur des gaz d'échappement au contact de l'air ambiant. En deuxième partie de vidéo, le contraste est saisissant avec les ferries de la Corsica Ferries pris en vidéo en début de mois, ce 3 septembre : les panaches, allant du gris au noir, s'expliquent par une motorisation différente. Ces navires de commerce utilisent des moteurs diesel, fonctionnant traditionnellement au fioul lourd (ou gazole marin lourd). La présence de suies, d'imbrûlés d'hydrocarbures et de résidus de soufre donne à leurs fumées cette teinte sombre caractéristique. Deux technologies, deux types de carburant et deux signatures visuelles bien distinctes au sortir de la rade !

Ces impressionnants panaches blancs

Ce vendredi, nous avons pu observer le Trishul quittant la rade de Toulon, avec derrière lui d'importants panaches blancs visibles à plusieurs kilomètres. En effet, la propulsion du Trishul est assez particulière. Contrairement à de nombreux navires qui utilisent des moteurs Diesel pour leur propulsion principale, cette frégate de la classe Talwar est équipée d'une propulsion entièrement constituée de turbines à gaz : deux turbines de croisière DS-71 et deux turbines de puissance DT-59, réunies dans une installation de type COGAG.

Les turbines à gaz fonctionnent sur le même principe général qu'un moteur d'avion : de l'air est comprimé, mélangé au carburant puis brûlé ; les gaz chauds issus de la combustion entraînent la turbine et sont finalement rejetés à l'atmosphère.

Dans certaines conditions météorologiques, ces gaz d'échappement très chauds peuvent contenir suffisamment de vapeur d'eau pour qu'une partie se condense en fines gouttelettes au contact de l'air plus froid et humide. Le résultat peut être un panache blanc particulièrement spectaculaire, qui ressemble à de la fumée mais qui n'est pas nécessairement constitué principalement de particules de combustion.

La seule observation de la vidéo ne permet évidemment pas de déterminer la composition du panache. Son aspect peut dépendre de la température et de l'humidité de l'air, de la puissance demandée aux turbines et des conditions de fonctionnement du bâtiment.

Aujourd'hui, en voyant le Trishul disparaître au large avec ses longs panaches blancs, on mesure aussi combien la rade de Toulon constitue un point de passage et d'entraînement pour des bâtiments militaires venus de très loin.

Pour les riverains de Saint-Mandrier et de la rade, ces mouvements sont aussi l’occasion de rappeler une réalité : la presqu’île vit au contact direct d’installations militaires majeures, dont les activités, exercices, mouvements de bâtiments, présence de propulsion nucléaire sur certains navires, justifient une surveillance environnementale indépendante et continue.

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