
Avant-hier, en fin de matinée, la D18 au niveau des stades et de la déchèterie était de nouveau maintenue en sens unique en raison des inondations de la chaussée. Une situation devenue malheureusement habituelle à chaque épisode de pluie importante, et ce depuis des années.
Ce samedi, même en fin de matinée, la situation, visible par tous, parlait une fois encore d’elle-même. Les piétons ne pouvaient circuler sans danger : un trottoir était entièrement sous l’eau, l’autre leur était interdit, tandis que les véhicules se déportaient dangereusement au ras du ruisseau.
Les déchets de toutes sortes, plastiques, polystyrène, déjections canines, etc., présents en bord de route étaient entraînés vers le collecteur, avant d’être déversés dans la baie du Lazaret, précisément à proximité des tables de mytiliculture.
Côté stade, l’eau a complètement envahi la pelouse naturelle, celle en herbe, et non le terrain synthétique rénové en urgence (sic) pour plus de 1,1 million d’euros hors taxes. Des jeunes tentaient d’évacuer l’eau avec énergie, munis des seuls moyens dont ils disposaient. Cette jeunesse, animée d’une fougue et d’une détermination admirables, mérite mieux que des équipements régulièrement inondés et dégradés.
Là encore, l’inondation du stade n’a rien de nouveau : il est situé en zone de submersion marine, un fait connu de longue date par les portés à connaissance préfectoraux adressé au maire. Mais, ici aussi, sa règle semble être qu’il est urgent d’attendre.
Il y a maintenant dix ans, dans les mémoires déposés par l’APE lors des recours devant le tribunal administratif de Toulon, visant l’annulation du PLU 2017, puis celle des permis de construire signés par le maire dans cette zone, nous alertions déjà sur ces risques.
Nous expliquions alors que le réseau d’assainissement, vétuste, ne pouvait en aucun cas absorber l’excédent d’eaux usées généré par les augmentations de population prévues par les autorisations du maire. Nous démontrions également que le réseau pluvial était déjà sous-dimensionné, en nous appuyant sur de nombreuses photographies d’inondations prises au fil des années sur cet axe routier.
Nous préconisions clairement une mise à niveau préalable des réseaux d’assainissement et pluviaux, avant toute nouvelle construction.
Par ailleurs, cette zone aurait dû être classée en zone humide dans le PLU 2017. Des espèces animales ainsi que des plantes caractéristiques des milieux humides y étaient observés autour des mares existantes. Mais reconnaître cette réalité aurait rendu le secteur inconstructible.
Nous avions également refait les calculs de surfaces drainées et estimé les volumes d’eaux pluviales rejetés vers le petit ru bordant l’un des côtés de la D18, dont le fond est quasiment au niveau de la mer. Cette zone est précisément identifiée par les services de la préfecture comme future zone exposée à la submersion marine liée à la montée des eaux.
Les photographies aériennes de la zone de la déchèterie à Pin-Rolland, prises en 2020 puis aujourd’hui, montrent clairement la densification des constructions autorisées par le maire, et l’imperméabilisation massive des sols qui en résulte.
Les volumes d’eau ruisselant désormais depuis les toitures, les routes et les parkings, au lieu de s’infiltrer dans les sols, ne sont pas correctement canalisés, et inondent la route malgré les nouvelles buses enfouies le long de la D18 par le département… aux frais des contribuables.
Nous n’avons évidemment pas été entendus : D’après le maire il était urgent de bétonner.
Malheureusement, une fois de plus, les faits nous donnent raison.
Eh oui, nous savons déjà que M. Vincent expliquera que l’APE est « contre le développement des logements pour les Mandréens». En réalité, nous sommes contre un urbanisme d’un autre temps, fondé sur le bétonnage à outrance, un taux de résidences secondaires dépassant maintenant les 50% du total des logements, au détriment des écosystèmes, du couloir écologique de cette zone, de la sécurité des habitants et de l’argent public.
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