Ce qui devait arriver arriva. Le 28 février 2026, la Préfecture du var diffusait une alerte concernant l'explosion de la population de chenilles processionnaires du pin. Pour les Mandréens, cette année encore le constat est sans appel : les jardins, les parcs et les abords des écoles les massifs boisés sont massivement envahis.
Pour l’APE, ce n’est malheureusement pas une surprise, mais la confirmation d’une crise que nous annonçons et documentons depuis des années.
De "l'écolo-bobo" à la réalité sanitaire
Souvenez-vous, en 2024, l'APE publiait une série d'articles préconisant le piégeage mécanique massif (éco-pièges ceinturant les troncs). La réponse du maire sur Facebook avait été comme à son habitude irrespectueuse, nous qualifiant d'« écolo-bobos » il préconisait les traitements microbiologiques de bactéries Bacillus thuringiensis (en abrégé Bt), qui n’ont pas empêcher l’explosion de chenilles de cette année.
Pendant que nous proposions des solutions de terrain plus respectueuse de la biodiversité, la municipalité s'est entêtée encore récemment à privilégier ces traitements en février alors que pour être efficace ce traitement microbiologique doit être réalisé au cours de l’automne au stade L1 des larves. Certains doutent d’ailleurs que ces pulvérisations aient même eu lieu…
Les chenilles processionnaires sont en grand nombre dans leur « nid de soie » dans les branches des pins et à terre lorsqu’elles s’enfouissent dans le sol pour se débuter leur phase nymphale qui correspond à la transformation des chenilles en chrysalides qui donneront les adultes ailés, les papillons. Le cycle de la processionnaire du pin (source : agir-ese)
Des articles scientifiques documentent l’effet toxique des pulvérisations de Bt var. kurstaki non seulement pour les espèces ciblées (comme chenilles processionnaires, pyrales et chenilles ravageuses) mais aussi pour nombre d’autres lépidoptères non visés mais au contact des plantes traitées, avec des effets persistants mesurés jusqu’à 30 jours après application.
Ces traitements peuvent donc avoir un impact sur la biodiversité des insectes de la presqu’île avec une raréfaction, voire la disparition de certaines espèces de papillons, entre autres source de nourriture des oiseaux.
Si le maire qualifie fièrement ces produits de « bio » sur son site, l'efficacité, elle, à l’évidence n’est pas à la hauteur annoncée. Ce traitement, complexe à administrer au bon stade larvaire et sensible aux aléas climatiques, s'est avéré totalement inadapté à l'ampleur du problème sur notre presqu'île. De plus, l’utilisation à long terme de Bt peut conduire les espèces ciblées à développer une résistance aux toxines du Bt.
L’échec flagrant dans nos espaces publics
L'exemple du parc Marc Baron est symptomatique. Malgré les traitements microbiologiques répétés et coûteux vantés par M. Vincent, les chenilles y pullulent. Pourquoi ? Parce qu’on ne gère pas une invasion avec des traitements par pulvérisation qui n'atteignent jamais l'ensemble de la canopée, alors qu’une solution simple et mécanique existe.
Le piégeage que nous recommandions consiste en une collerette qui ceinture le tronc :
- Redoutable d'efficacité : Elle intercepte 100 % des chenilles lorsqu'elles descendent pour s'enterrer.
- Sain : Aucun produit chimique ou microbiologique n'est dispersé dans l'air que respirent nos enfants dans les parcs.
- Durable : C'est une barrière physique infranchissable qui protège réellement les passants et les animaux.
Certains d’entre nous ont adopté à leur frais le piégeage des chenilles sur les troncs des pins de leur jardin ou de ceux du parc de leur résidence.
Santé publique : agir enfin !
Les poils urticants des chenilles contiennent une protéine toxique, la thaumétopoéine, provoquant des réactions allergiques graves et des nécroses. Ici encore, ce n'est plus une question de "climat" ou de "couleur politique", c'est une question de sécurité pour les Mandréens.
En refusant d'anticiper et en préférant l'invective à la méthode scientifique de piégeage, la municipalité actuelle a laissé le problème s'installer. L’alerte préfectorale de cette année doit servir d'électrochoc.
L'APE demande une nouvelle fois l'abandon de la stratégie inefficace des pulvérisations au profit de l'installation systématique d'éco-pièges sur tous les pins du domaine public, en priorité au parc Marc Baron et aux abords des établissements scolaires.
La protection des Mandréens mérite mieux que des moqueries : elle exige de l'humilité et des solutions qui fonctionnent.
Dernière nouvelle : élections municipales obligent, le candidat Vincent dans son programme promet de s’occuper de « ces nuisibles ». Après 30 ans d’inaction, les promesses n’engagent évidemment que ceux qui les croient…
Pour en savoir plus :
