Il a suffi d'un vent d'est pour que la rade s’agite. Ce matin, la surface paisible depuis quelques jours s'est hérissée de petites vagues, les goélands ont quitté leurs postes et la presqu'île a retrouvé ce visage qu'elle réserve aux jours de brise franche. L’occasion de ramener quelques images de la rade.

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Goélands amerrissant dans le sillage du Marina, amarré à quai à La Seyne.

Sur le trajet, les goélands se sont regroupés en vol puis sur l'eau, profitant des turbulences de surface que le vent d'est génère sur la rade. Certains amerrissaient précisément dans le sillage du Marina, le paquebot de croisière arrivé tôt ce matin et amarré à quai à La Seyne-sur-Mer.

Le Marina, battant pavillon de complaisance des Îles Marshall de l’armateur Norwegian Cruise Line Holdings / Oceania Cruises a été construit par Fincantieri (Gênes) et mis en service en Janvier 2011. Avec ses 66 000 tonneaux pour 239 m sur 32 m il a une capacité de 1 250 passagers et de 800 membres d'équipage.

Port commercial de Toulon : le Mega Regina fume, et ce n'est pas une nouveauté

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Le Mega Regina de la Corsica Ferries à quai au port commercial de Toulon — 30 avril 2026. Le panache de fumée produit moteurs tournants est clairement visible.

À l'heure où les goélands profitaient de la brise, une autre image s'imposait depuis le large : celle du Mega Regina, ferry de la compagnie Corsica Ferries battant pavillon italien, amarré au port commercial de Toulon, moteurs tournants, laissant s'échapper un panache de fumée bien visible au-dessus de la rade.

La scène n'a rien d'exceptionnel, elle se répète plusieurs fois par semaine, sous le vent des habitants du littoral toulonnais et de notre presqu'île. Ce qui est exceptionnel, en revanche, c'est que l'on continue de la tolérer en 2026, alors que les solutions techniques existent et que la réglementation européenne les impose progressivement.

L'APE rappelle depuis plusieurs années que la qualité de l'air de la rade de Toulon et de la presqu'île de Saint-Mandrier ne peut s'améliorer durablement tant que les navires à quai continueront de fonctionner comme des centrales thermiques sans filtre. Les photographies prises ce 30 avril 2026 en sont, une fois de plus, la démonstration visible à l'œil nu.

Au quai d'honneur de Toulon, un fantôme de 1939

Plus sympathique, à quelques encablures de là, dans le port de Toulon, une silhouette noire et élancée attire le regard : le Flica II, 12 Mètres jauge internationale K-14, dernier voilier sorti des mains du légendaire chantier écossais W. Fife & Son avant sa fermeture définitive en 1939 après 140 ans d'activité.

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Le Flica II (K-14), quai d'honneur de Toulon. Coque noire, pont en teck, une icône intemporelle.

Conçu par Laurent Giles pour Hugh Goodson avec l'ambition de concourir à la Coupe de l'America, le Flica II était en avance sur son époque : essais en bassin, mâts en aluminium, winchs à mouvement circulaire, correcteurs d'assiette de safran. En 1958, il fut finalement testé face à Evaine et Sceptre pour représenter la Grande-Bretagne , c'est ce dernier qui fut retenu, et qui perdit face à Columbia. Une page d'histoire de la voile de compétition.

Après des décennies d'aventures, modifications, disparition des registres, abandon sur une côte caribéenne, le Flica II fut sauvé en 1989 et intégralement restauré par le chantier Camper & Nicholsons entre 1993 et 1999. Vainqueur de la Coppa Europa en 1995, il appartient aujourd'hui à Alexander Falk et navigue en Baltique et en Méditerranée. Sa présence à Toulon ce 30 avril est un cadeau pour les yeux des amateurs de patrimoine naval.

Véliplanchistes et embruns sur la baie du Lazaret

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Véliplanchistes dans la baie du Lazaret et goélands sur la grande digue.

Plus tard dans la matinée, les goélands jouent à nouveau avec les turbulences du vent au-dessus de la grande digue. Certains s’y reposent, tournés face aux embruns, pendant que des véliplanchistes, profitant de la même brise, effectuaient des pointes de vitesse dans la baie du Lazaret.

Un tableau familier, mais toujours saisissant : la rade de Toulon, entre patrimoine vivant et nature qui reprend ses droits.