Deux nouveaux oiseaux avec une aile brisée ont été recueillis, l’un à Pin Rolland la semaine dernière et l’autre au village ce week-end (voir le post du 11 avril). Grace au bénévoles de l’APE et la gentillesse des mandréens, ils ont été pris en charge, leur fracture réduite, nourris et mis à l’abri en espérant que la consolidation des fractures leur permettra de reprendre leur vol dans 3 à 4 semaines.

Les goélands argentés font l’objet d’une protection précisée dans l’Arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection. L’article 3 de cet arrêté précise que « sont interdits sur tout le territoire métropolitain et en tout temps… la destruction, la mutilation intentionnelles, la capture ou l'enlèvement des oiseaux (du goélands leucophée) dans le milieu naturel ».
En effet, depuis la fermeture des décharges à ciel ouvert à la fin des années 1980, les effectifs du goéland argenté ont baissé. Inscrit sur la liste rouge mondiale des espèces menacées, il est aujourd’hui classé « quasi-menacé » en France et en Europe, voir « vulnérable » comme en Bretagne.
Pourquoi ne pas profiter que l’atmosphère n’ait jamais été aussi propre depuis 10 ans et que tout le monde porte un masque ! Le 21 mai, c’est le Mega Express Four du groupe Corsica Ferries - Sardinia Ferries qui a quitté la Seyne pour Bastia à 19h05 en crachant sans retenue sa pollution.
Il faut dire que ses quatre moteurs diesels allemands sont très efficaces quant à la quantité de polluants qu’ils rejettent ! En effet, à 10 km de la côte au large de Toulon son panache est toujours bien visible à l’œil nu dans l’air pur. Et oui, dans l’air non pollué de cette soirée, en filtrant les fréquences des couleurs, il est en effet facile de faire ressortir et de visualiser l’étendue des dégâts dans l’atmosphère : un volumineux nuage de polluants qui s’étire sur plusieurs kilomètres qui suivant sa dispersion pourra arriver dans les poumons des personnes vivant sur le littoral. A moins que les polluants ne retombent en mer, ne s’incorporent dans les organismes phytoplanctoniques, portes d’entrées à l’ensemble des chaines alimentaires marines pour arriver dans nos assiettes !
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Photo couleurs naturelles |
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Filtrage des couleurs faisant ressortir le nuage de polluants |
Comme nous l’indiquions le 16 janvier dernier (lien vers notre post) il faut convaincre les décideurs politiques de gérer “global” et décréter la Mer Méditerranée comme une zone à émission contrôlée (ECA : Emission Control Area). Cela permettrait de minimiser les émissions d’oxydes de soufre (SOx), d’oxydes d’azote (NOx) et d’interdire toute émission délibérée de substances qui appauvrissent la couche d’ozone et ce pour tous les types de navires. Le temps presse, une profonde mutation technologique, inévitable, doit être engagée pour réduire l’empreinte écologique des navires du monde de demain.
D’ailleurs au risque de nous répéter, à quand une station de contrôle de la qualité de l’air à Saint-Mandrier ?
Position du Mega Express Four lors de la prise des photos.
La pollinisation des plantes est un processus fondamental pour la survie des écosystèmes puisque la pollinisation est à la base de la reproduction de près de 90% des plantes sauvages à fleurs du monde, ainsi que 75% des cultures vivrières et 35% des terres agricoles à l’échelle de la planète. Les abeilles et les autres pollinisateurs transportent naturellement le pollen de fleur en fleur permettant la production d’une multitude de fruits, fruits à coque et semences, de nombreuses plantes médicinales, l’obtention de nouvelles variétés, éventuellement de meilleure qualité, contribuant ainsi directement à assurer l’alimentation humaine et donc à notre sécurité alimentaire.

Pourtant, les abeilles et nombre d’autres espèces pollinisatrices, papillons, chauves-souris et colibris, sont directement menacées de disparition par les activités humaines. Les études scientifiques montrent qu’aujourd'hui les pollinisateurs ont un taux d'extinction qui est de 100 à 1 000 fois plus élevé que la normale. Environ 35% des pollinisateurs invertébrés, en particulier abeilles et papillons, et environ 17% des pollinisateurs vertébrés, tels que les chauves-souris, sont aujourd'hui menacés d’extinction.

Le gouvernement voudrait-il profiter du confinement pour passer en force des projets destructeur de l’environnement ?
La consultation du public via une enquête publique est obligatoire quand un projet affectant l’environnement est projeté. Durant cette enquête, le dossier descriptif du projet, est mis à la disposition du public sur internet, mais aussi sous format papier dans les mairies, et la tenue de permanences par le commissaire-enquêteur qui coordonne le processus. Elle est requise pour des projets de construction d’un grand élevage, d’une usine potentiellement polluante, de toute nouvelle infrastructure importante, d’un nouveau Plan local d’urbanisme (PLU), etc.
Durant la période de confinement et celle de déconfinement partiel, les enquêtes publiques ont été suspendues, sauf cas exceptionnel suivant les conditions définies par l’ordonnance du 25 mars 2020. Les conditions étaient assez restrictives puisqu’il fallait que l’arrêt de la procédure risque « d’entraîner des conséquences difficilement réparables dans la réalisation de projets présentant un intérêt national et un caractère urgent ». Cependant, une nouvelle ordonnance, prise le 15 avril 2020 élargie les conditions aux « enjeux de protection des intérêts fondamentaux de la Nation, de sécurité, de protection de la santé et de la salubrité publique, de sauvegarde de l’emploi et de l’activité et de préservation de l’environnement » listant les procédures concernées par l’exception.
Cette dernière ordonnance « permet des enquêtes publiques au rabais pour autoriser au plus vite des projets destructeurs », a dénoncé l’association France Nature Environnement (FNE) dans un communiqué. « C’est comme si la consultation du public était une formalité dont il faut s’acquitter le plus vite possible », juge Morgane Piederrière, juriste à l’association. « Nous sommes très inquiets du message que cela envoie, … Cela couvre désormais plein de situations. Ils ont dû se rendre compte que les conditions de départ étaient trop restrictives, et ont dû subir des pressions pour élargir. »
Mener une enquête publique en temps de confinement signifie qu’elle se tiendra seulement par « voie dématérialisée ». Les citoyens et les associations ne pourront donc pas rencontrer le commissaire-enquêteur, ni participer à des réunions publiques, ni aller consulter en mairie les dossiers qui comptent en général plusieurs centaines de pages sous format papier. « Gérer l’environnement uniquement par voie numérique est discriminatoire », estime Brigitte Chalopin, présidente de la Compagnie nationale des commissaires-enquêteurs (CNCE). « L’Insee a rappelé récemment que beaucoup de personnes (12 %) ne sont pas connectées ». « La suspension des délais en matière de participation du public a été raccourcie au motif qu’elle retarderait la reprise économique. Ainsi, la participation du public est-elle considérée comme un frein inutile et un droit secondaire », déplorent la CNCE et la Commission nationale du débat public (CNDP) dans un communiqué commun. M. Philippe Ledenvic, président de l’Autorité environnementale, s’inquiète lui aussi : « On peut comprendre qu’il y ait des exceptions en raison de la crise sanitaire, mais il faut qu’elles soient limitées, motivées, encadrées. Il est nécessaire de définir de façon plus précise le cadre de dérogation. Et d’évaluer ensuite les effets des décisions qui auront été prises pendant le confinement. »
Pour faciliter la reprise économique, pourquoi perdre du temps à débattre avec le public ? « Avant la crise sanitaire, il y avait déjà dans les tuyaux des textes qui prévoient d’aller vers le 100 % numérique et une diminution de la participation du public parce que cela prend du temps », observe Chantal Jouanno, présidente de la CNDP. « Or, la période de l’après-confinement peut être très longue, et la tentation pourrait être de dire que, pour faciliter la reprise économique, on peut faire moins de place à la participation du public » …
Source, pour en savoir plus : https://www.fne.asso.fr/communiques/crise-sanitaire-la-liste-des-atteintes-%C3%A0-la-protection-de-lenvironnement-sallonge
Lecture suggérée : La Stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre (titre original : The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism) est un essai socio-politique altermondialiste publié en 2007 par la journaliste canadienne Naomi Klein.
C’est le 1er jour du confinement alors ce 11 mai nous pouvons enfin reprendre nos flâneries le long des sentiers de la presqu’ile.
Mais attention, l’Office national des forêts (ONF) rappelle que les week-ends de mai sont "ceux qui habituellement reçoivent le plus de monde". Or, pendant près de deux mois de confinement "la tranquillité inhabituelle retrouvée en forêt a donné (aux animaux) envie de se déplacer davantage, voire d’aller dans des endroits fréquentés par l’homme". Au sortir de cette période "la faune sauvage sera plus sensible au dérangement", d’autant que c’est le moment des naissances pour les mammifères et de la nidification pour les oiseaux. "Les visiteurs vont faire irruption dans une nurserie qui a perdu l’habitude des hommes" résume Pierre-Edouard Guillain, directeur de l’agence Ile-de-France Est de l’ONF. L’Office recommande notamment aux futurs promeneurs de "ne pas se cantonner aux emplacements proches des parkings et des entrées forestières" et de "garder les animaux de compagnie sous contrôle".
La Ligue de protection des oiseaux (LPO) appelle également les promeneurs à "redoubler de précautions" pour "éviter une hécatombe" par "la destruction involontaire d’animaux et de plantes sauvages qui ont investi certains espaces pendant le confinement". "La faune sauvage s’est épanouie en l’absence de l’homme. Elle a occupé de façon inédite des espaces qui lui étaient interdits. Aujourd’hui, la nature ne doit pas perdre ce qu’elle a gagné durant le confinement" souligne Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, dans un communiqué (#Deconfinement).
Aussi, comme la pluie est au rendez-vous, nous vous suggérons la lecture d’un livre numérique gratuit intitulé « En bord de chemin ». Ce livre reprend une sélection d’extraits des ouvrages écrits par le naturaliste de terrain Marc Giraud.
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Le livre « En bord de chemin », à télécharger gratuitement Les nombreuses photos qui illustrent ce livre vous permettront de vous promener dans une nature qui rappelle celle de la presqu’ile. Vous y découvrirez également des présentations pédagogiques sur la vie des pissenlits et autres fleurs, des arbres et des insectes ainsi que des explications sur le comportement des insectes et du langage des animaux qui nous entourent. Bonne ballade numérique ! |
Du même auteur : La nature en bord de chemin (2013), Les animaux en bord de chemin (2015), Les fleurs et arbres en bord de chemin (2017) et Les insectes en bord de chemin (2019), La nature en bord de mer (11 juin 2018).

Ce 6 mai, la sague a enveloppé la presqu’ile et ses microgouttelettes se sont déposées dans la nature, en particulier sur les toiles d’araignées qui ce matin étaient particulièrement visibles !

Branle-bas de combat : Elles sont réapparues dès les beaux jours, ! Les frelons asiatiques (Vespa velutina) fondatrices, les futures « reines », seules rescapées après un hiver d’ailleurs peu rigoureux sont réapparues. Elles ont été observées butinant les nouvelles fleurs de Callistemon, attirées par leur nectar. Reconnaissables à leur thorax brun rouge barré d’une bande jaune, elles se sont mises à construire leurs nids primaires. Le frelon asiatique est une menace pour les abeilles, donc des ruches installées à l’Ermitage et de l’apiculture en général.
Aussi, soyez attentif aux va-et-vient d’une reine qui, au départ, est seule pour construire le nid primaire. Pour éviter le développement de ces nids, il faut donc neutraliser la fondatrice, reconnaissable par sa taille imposante. Elles peuvent être piégées dans une bouteille plastique en les attirant avec un mélange sucré. Mais cette technique capture aussi d’autres insectes pollinisateurs comme les abeilles, voir cette présentation. Pour la destruction des nids primaires de petite taille, il est conseillé de s’adresser à un professionnel.
Pour en savoir plus, consulter le site très complet du Muséum national d’histoire naturel sur le sujet : http://frelonasiatique.mnhn.fr/
- De nouveaux tirs au fusil sur des goélands quartier de la Corniche d’Or
- Bulletin n°120
- Droit de réponse de l’A.P.E. aux propos de M. Gilles Vincent, Maire de St- Mandrier, parus dans le Var-Matin édition La Seyne Sanary des 31 juillet et 9 septembre 2019, 24 février et 11 mars 2020.
- 10 mars 2020 : Un rapport interorganisations met en évidence les répercussions croissantes du changement climatique sur l’atmosphère, les terres et les océans
- 15 février 2020 : Érosion côtière, 5 000 à 50 000 habitations à « relocaliser » dont combien à Saint-Mandrier ?
- 12 février 2020 : Réunion du Comité de pilotage Natura 2000 Cap Sicié
- 10 février 2020 : « Autant de logements vacants dans notre pays, c’est inacceptable ».
- Municipales 2020 / 10 questions aux candidat.e.s sur la transition Écologique
- INFOX & INTOX MUNICIPALES : DECRYPTAGE



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