À Saint-Mandrier, depuis des années, la stratégie politique de M. Gilles Vincent repose sur sa capacité à imposer un récit qu’il veut « officiel », largement diffusé par les canaux qu’il contrôle comme le bulletin municipal dont il est l’éditeur ou des tracts de campagne, récit relayé par certains articles de la presse locale.
Dans ce récit, il se présente comme un grand défenseur de l’environnement, alors même qu’il s’oppose frontalement à l’action de l’APE, pourtant engagée depuis des années sur ces mêmes enjeux environnementaux, mais privée d’accès à ces médias institutionnels.
Le conflit n’est pas seulement politique : il est informationnel. Il ne porte pas sur les faits eux-mêmes, mais sur la manière dont ils sont racontés, interprétés et diffusés auprès de l’opinion publique. La bataille ne se joue plus uniquement sur le terrain juridique ou institutionnel, mais dans l’espace du récit, qu’il s’agit de faire apparaître comme légitime et incontestable.
Inverser le réel pour imposer une lecture dominante
Depuis plusieurs années, M. Vincent s’approprie, en les inversant, les combats et les victoires obtenus par l’APE.
Les actions en justice menées par l’association pour limiter le bétonnage de la presqu’île et protéger des zones naturelles, à l’Ermitage, Fliche/Bergis, Cavalas, aux Serres Garonne, sont systématiquement réécrites à son bénéfice. Les annulations, par décision de justice, de zones qu’il voulait constructibles ou de permis de construire qu’il avait lui-même accordés sont présentées non comme des rappels du droit, mais comme des entraves idéologiques.
De la même manière, les alertes répétées de l’APE concernant les pollutions bactériologiques et chimiques des eaux de mer et de baignade sont publiquement niées. Elles sont qualifiées de « mensonges » et leurs auteurs disqualifiés par des attaques personnelles : les membres de l’association sont traités « d’écolo-bobos », accusés de mentir systématiquement aux Mandréens et de mener des actions prétendument politiques dans le seul but de nuire au maire.
Ce procédé relève d’un mécanisme bien connu : déplacer le débat des faits vers l’intention, afin d’éviter toute discussion de fond qui lui serait défavorable.
Moraliser, caricaturer, disqualifier
Les luttes de l’APE pour la protection d’espèces protégées, comme les herbiers de posidonie gravement menacés par certaines opérations de réensablement des plages, subissent le même traitement narratif. Elles sont volontairement caricaturées pour affirmer que l’APE serait « contre le nettoyage des plages », transformant un débat écologique et scientifique en affrontement idéologique simpliste.
Cette stratégie permet de moraliser le discours, d’opposer artificiellement les « bons » Mandréens aux « mauvais » Mandréens, et de polariser l’opinion.
Nous sommes ainsi face à une véritable guerre de narratifs à l’échelle locale :
- saturation de l’espace public par un récit unique ;
- usage de mots disqualifiants pour cadrer le débat (« mensonges », « écolo-bobos », « politisation ») ;
- moralisation du discours pour éviter la contradiction ;
- alignement entre communication institutionnelle et relais médiatiques.
Vous l’aurez compris : l’objectif n’est pas d’informer, mais d’imposer une version tronquée ou déformée du réel, tout en délégitimant toute voix critique.
Ainsi, aujourd’hui, selon M. Vincent, la légitimité du récit de notre histoire mandréenne ne reposerait plus sur le droit, les décisions de justice ou les faits établis, mais sur sa seule capacité à imposer sa vision du monde, présentée comme officielle et incontestable. Ceux qui rappellent des faits contrariant ce récit ne pourraient donc, par définition, que « mentir ».
Appel à la vigilance citoyenne
À l’heure où la confiance dans les institutions s’effrite, où l’information circule vite mais de manière fragmentée et souvent caricaturale, lorsqu’une association citoyenne est systématiquement discréditée pour avoir simplement rappelé les faits, le droit et l’état réel de l’environnement une question essentielle se pose à chacune et chacun d’entre nous : quelles histoires sommes-nous prêts à croire sans les vérifier ?
La démocratie locale ne peut se réduire à un récit à sens unique. Elle suppose le pluralisme, le droit à la critique, le respect des faits et des décisions de justice.
Face à une communication de plus en plus verrouillée, la vigilance citoyenne devient un devoir : croiser les sources, questionner les discours, refuser les caricatures et défendre le droit des associations indépendantes à informer et à agir.
Car protéger l’environnement, ce n’est pas contrôler le récit : c’est accepter le débat, les faits, et parfois les vérités qui dérangent.
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