Comment donner une voix aux fleuves, aux rivières et, plus largement, aux écosystèmes ?
C’est la question qui sera au cœur du colloque « Droits de la Nature et démocratie dans les territoires », organisé ce vendredi 25 septembre 2026 au Sénat par Wild Legal, à l’invitation du sénateur de Paris Rémi Féraud.
Cette rencontre réunira parlementaires, élu·es locaux, associations, juristes et représentant·es de fleuves français et internationaux pour présenter différentes expériences visant à mieux représenter et défendre les intérêts des milieux naturels dans les décisions publiques.
Des expériences qui viennent des territoires
L'une des particularités de cette démarche est de montrer que la réflexion sur les droits de la Nature ne se limite pas aux débats parlementaires.
Dans plusieurs territoires, des initiatives expérimentent déjà de nouvelles formes de représentation du vivant.
De la Seine à l’Atrato en Colombie, du Saint-Laurent au Québec à la Creuse, en passant par l’Isle en Gironde ou la cascade du Végay dans les Alpes-Maritimes, des collectivités et des citoyens cherchent à inventer de nouvelles façons de prendre en compte les intérêts des écosystèmes dans les décisions qui les concernent.
La Seine constitue notamment une expérience particulièrement intéressante. Après la création en 2021 du collectif citoyen des Gardien·nes de la Seine, puis l'organisation par Wild Legal d'un procès fictif en 2024, la Ville de Paris a mis en place une Convention citoyenne de la Seine. En février 2026, le sénateur Rémi Féraud a par ailleurs déposé une proposition de loi visant à reconnaître la personnalité juridique et les droits du fleuve.
Du Parlement aux territoires
Le colloque s'articulera autour de trois grandes questions :
- Comment les droits de la Nature progressent-ils dans les Parlements ?
- Comment les collectivités locales font-elles émerger des initiatives pionnières ?
- Comment représenter démocratiquement les intérêts des fleuves et des autres êtres vivants à l'échelle des territoires ?
Parmi les intervenants annoncés figurent notamment le sénateur Rémi Féraud, la députée Claire Lejeune, Yenny Vega Cárdenas, présidente de l’Observatoire international des droits de la Nature, ainsi que plusieurs maires, responsables associatifs, juristes et représentants de démarches citoyennes.
Une représentante du fleuve Atrato, en Colombie, témoignera également de l'expérience de ce fleuve reconnu comme sujet de droits par la Cour constitutionnelle colombienne.
Une alliance symbolique des fleuves
Le colloque se terminera par une cérémonie d’alliance des fleuves et des rivières.
Des eaux provenant des différents cours d'eau représentés seront réunies symboliquement au Sénat. Une manière de rappeler que les fleuves ne s'arrêtent pas aux limites administratives et que les écosystèmes, leurs bassins versants et les sociétés humaines qui en dépendent sont profondément interdépendants.
Un sujet qui concerne aussi la Méditerranée
Pour une association comme l'APE, qui s'intéresse à la protection des milieux naturels de notre territoire, cette réflexion mérite particulièrement d'être suivie.
Posidonie, littoral, cours d'eau, zones humides, forêt méditerranéenne, biodiversité marine et terrestre : comment mieux faire prendre en compte les intérêts propres des écosystèmes dans les décisions qui les affectent ?
La question des droits de la Nature ouvre ainsi une réflexion plus large sur notre manière de décider collectivement de l'avenir des milieux dont nous dépendons.
Le colloque a lieu aujourd'hui
Vendredi 25 septembre 2026, de 15 h à 19 h 30
Sénat – Palais du Luxembourg, salle Médicis
15 rue de Vaugirard, Paris 6ème
La participation est gratuite, mais l'inscription est obligatoire. Il est également possible de suivre le colloque en ligne.
Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir ces expériences et participer aux échanges, l'inscription en ligne est accessible ici :
Inscription au colloque « Droits de la Nature et démocratie dans les territoires »
Une occasion de découvrir des expériences venues de territoires très différents et de réfléchir à la place que nous accordons aux écosystèmes dans nos institutions et dans la démocratie locale.
