Perché tout en haut d’un cyprès, un faucon crécerelle scrute les alentours. Immobile, presque suspendu dans l’air calme du matin, il observe patiemment le moindre mouvement dans l’herbe rase et les buissons. De temps à autre, sa tête pivote brusquement, ses yeux sombres balayant le paysage avec une précision remarquable. Rien ne lui échappe : un lézard qui se glisse entre deux pierres, un insecte qui s’agite, un petit rongeur imprudent.

z01 02605573 z02 02605587 z03 02605592 z04 02605595 z05 02605603 zx06 02605567

Depuis cette vigie naturelle, le crécerelle domine les jardins, les chemins et les pinèdes de la presqu’île. Le cyprès qui le porte est pour lui bien plus qu’un simple arbre : c’est un poste d’observation idéal, un repère familier dans un paysage où les perchoirs se font parfois rares.

Mais ce paysage pourrait bientôt changer. Les cyprès proches des habitations sont désormais appelés à être coupés dans le cadre des nouvelles règles de prévention des incendies préconisées par la préfecture et l’Office national des forêts. Une mesure compréhensible face au risque croissant de feux de forêt, mais qui aura aussi pour conséquence d’effacer peu à peu ces silhouettes élancées qui ponctuent nos jardins et offrent refuge, abri ou simple perchoir à de nombreuses espèces.

Le faucon crécerelle, lui, ignore encore ces décisions humaines. Du haut de son cyprès, il continue de surveiller son territoire, fidèle à cette vigie qui, depuis des années peut-être, lui permet de vivre, de chasser et d’élever ses petits.

Pour combien de temps encore ?