La mer était agitée ce matin. Le clapot faisait danser la surface, déformant la lumière et compliquant chaque prise de vue.
En apnée, il fallait choisir le bon moment, retenir son souffle et attendre que les mouvements de l'eau s'apaisent quelques secondes. Une photographie se mérite parfois autant qu'une observation.
La première rencontre fut celle d'un bothus (Bothus podas), immobile au sommet d'une ripplemark, ces ondulations de sable dessinées par la houle. Son corps aplati épouse parfaitement le relief du fond et sa livrée se confond avec les grains de sable. Ce poisson plat est un véritable chef-d'œuvre du camouflage évolutif. Seuls ses yeux, dressés au-dessus de son corps, trahissent sa présence. Prédateur patient, il attend qu'une proie imprudente passe à sa portée.
Dans une faille d’un épis rocheux, un jeune mérou brun (Epinephelus marginatus) observait discrètement les alentours avant de disparaître dans son refuge. Les juvéniles de mérou brun passent les premières années de leur vie cachés dans les petites anfractuosités, à l'abri des prédateurs. Sa présence témoigne de l'intérêt écologique des petits fonds rocheux, véritables nurseries pour de nombreuses espèces méditerranéennes.
Plus loin, deux serrans semblaient se faire face. Le serran écriture (Serranus scriba), avec son ventre bleu turquoise caractéristique, croisait le regard d'un serran cabrilla (Serranus cabrilla). Deux espèces proches, deux silhouettes semblables, mais des robes bien différentes qui illustrent la diversité des poissons des côtes méditerranéennes.
Enfin, un oursin attirait le regard en portant sur ses piquants la mue d'une araignée de mer. Ce comportement de « recouvrement » est une stratégie de protection. L'oursin utilise des fragments de coquilles, d'algues ou des exuvies de crustacés comme un camouflage et un écran contre la lumière, démontrant que même les espèces les plus discrètes développent des comportements étonnamment élaborés. À proximité de l'oursin, une étoile de mer (Echinaster sepositus) apportait une touche d'un rouge éclatant au paysage sous-marin. Avec ses cinq bras cylindriques et sa couleur vermillon caractéristique, cette espèce emblématique des fonds rocheux méditerranéens se déplace lentement à la recherche de petites proies et de matière organique.
Malgré une mer peu propice à la photographie, ces rencontres rappellent que les petits fonds abritent une biodiversité remarquable. Il suffit de s'immerger quelques instants pour découvrir un monde où le sable devient paysage, où les rochers servent de refuge et où chaque espèce, aussi discrète soit-elle, participe à l'équilibre d'un écosystème d'une richesse exceptionnelle.
Protéger pour mieux admirer
Chaque geste compte pour maintenir cette qualité de l'eau et de l'air : limiter les rejets, respecter les arrêtés de protection, et pratiquer une observation respectueuse lors de nos baignades ou plongées.
"La mer ne dévoile jamais tous ses secrets d'un seul regard. Elle les offre à celles et ceux qui prennent le temps de les chercher, au rythme des vagues."
Vous avez croisé des espèces marines ou terrestres sur notre presqu'île ? N'hésitez pas à nous envoyer vos photos et vos observations pour enrichir notre galerie et continuer à sensibiliser notre communauté !
Aujourd'hui, une sortie sous-marine en apnée au-dessus des rochers de Cavalas-Grave nous a offert deux visages bien différents de notre littoral méditerranéen.
La beauté discrète des fonds rocheux
À 2 mètres de profondeur, nos photos ont capturé une colonie d'hydraire plumeux du genre Aglaophenia, un animal, cousin des méduses et des coraux, souvent confondu avec une algue. Chaque minuscule logette scintillante le long de ses rameaux abrite un polype urticant, utilisé pour capturer le plancton dont se nourrit la colonie. Un rappel que nos rochers méditerranéens abritent une petite faune fixée d'une richesse insoupçonnée, trop souvent invisible à l'œil nu.
Parmi les espèces régulièrement observées au-dessus de l'herbier de Posidonie de notre littoral, la saupe (Sarpa salpa) occupe une place particulière : c'est l'un des rares poissons méditerranéens à se nourrir directement des feuilles de Posidonie.
Lors de la réunion de quartier de Pin Rolland qui s'est tenue le 20 juin 2026, il a été affirmé que les études commanditées par la métropole ne montraient aucun impact des recharges en sable sur l'herbier de Posidonie. Un réexamen du rapport de référence sur le sujet, ainsi que nos observations de terrain les plus récentes, invitent à nuancer sérieusement ce constat.
Depuis plusieurs mois, le « nettoyage » de la plage de Sainte-Asile est régulièrement évoqué dans le débat public. Le sujet est même devenu un thème récurrent des échanges locaux, au point d’être présenté comme un enjeu important lors des dernières élections municipales.
Une "pétition pour le nettoyage et réensablement de la plage saint asile" circule actuellement dans les quartiers du Pin Rolland et du Marégau . Elle vient également d'être mise en ligne. Avant de la signer, nous invitons chacun à examiner les faits.
Le CIETM (Collectif d'Initiatives pour l'Environnement entre Terre et Mer) organise une
Balade nature à Saint-Mandrier – Durée : 2H - 21 juillet @ 17:00 - 19:00
Partez pour une balade sur la presqu’île de Saint-Mandrier, autour de la plage Saint-Asile, pour découvrir la biodiversité locale et les enjeux liés aux espèces exotiques envahissantes.
Balade gratuite, places limitées : Inscription en ligne
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