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L’année dernière, l’incendie du SNA Perle le 12 juin 2020 avait amené France nature environnement, l’Union départementale Vie et Nature et l’APE à réitérer auprès de M. le préfet notre demande de révision du Plan Particulier d'Intervention (PPI) nucléaire du port de militaire de Toulon en vigueur depuis février 2012. Ce 17 décembre, ces mêmes associations ont transmis un nouveau courrier demandant cette révision pour y intégrer la presqu’ile de Saint Mandrier.

En effet, le "scénario-enveloppe" du PPI qui considère un accident à cinétique lente avec des rejets de courtes durées (6 heures après le début de l’alerte) n’apparaît pas réaliste puisque l’incendie du Perle n’a été finalement circonscrit qu’après 14 heures de lutte. Autre cas récent, celui de l’incendie du porte-avions américain Bonhomme Richard, le 16 juillet 2020, qui n’a été maitrisé qu’après 4 jours d’intervention.

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Photo : Incendie du Perle (Source : Actualité Toulon 83 sur Facebook)

Plus récemment encore, l’abordage du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle avec un voilier, après celui avec le pétrolier-ravitailleur Meuse, montrent que nos préoccupations quant aux éventuelles conséquences sanitaires d’un accident plus grave qui concernerait la partie réacteur nucléaire d’un bâtiment de la Marine Nationale sont justifiées.

En outre, le PPI-2012 établit les conséquences d’un accident d’un réacteur de SNA de la classe Rubis (K46), soit un réacteur de moindre puissance que ceux du porte-avions Charles de Gaulle et des SNA de classe Suffren (K15 modifié) dont les impacts radiologiques seraient donc plus importants. Ainsi, le PPI prévoit un périmètre de mise à l’abri limité à 2 km du site de l’accident alors que celui du PPI du site CEA de Cadarache qui accueille le réacteur d'essais à terre, version modifiée des réacteurs de type K15, s’étend jusqu’à 5 km autour du centre nucléaire.

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zxRade Sous marin Bateau

Photos : Sous-marins croisant d’autres navires

Pour soutenir la demande de révision du PPI, les associations APE, UDVN-FNE83 et FNE PACA ont réalisé une nouvelle analyse des études réalisées sur l’impact sur le domaine marin d’un accident nucléaire dans le port militaire ou à proximité. Ces études concluent à une contamination radioactive immédiate des eaux littorales de la Presqu’ile de Saint-Mandrier suite à des rejets de radioactivité dans le port militaire ou au large de la presqu’ile.

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Simulation de la dispersion au cours du temps de la fraction dissoute de césium-137 dans la couche superficielle des eaux marines à la suite d’un rejet accidentel théorique de 1GBq. La radioactivité volumique est représentée à l'aide d'une échelle logarithmique sur les cartes vectorielles des courants marins. Source IRSN.

Cette analyse complète une première note transmise en 2019 concernant l’impact sur la presqu’ile de Saint-Mandrier de rejets gazeux radioactives en cas d’accident nucléaire.

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Simulation d’un rejet théorique de 1 gBq par vent de Mistral. Cartographie de la dispersion atmosphérique et des dépôts de césium-137 (Bq/m2) cumulé sur 24 heures. Source IRSN.

Les mises à jour nécessaires des données réacteur, du scénario d’accident et de nos analyses confortent donc notre demande d’extension du PPI à 5 km et d'y inclure la commune de Saint-Mandrier.

 Les résultats des simulations des deux notes sur les rejets gazeux atmosphériques et liquides en milieu marin justifient de prédéfinir les zones d’application des mesures de protection pour les populations de Saint-Mandrier en intégrant les évolutions apportées à la doctrine nationale, à savoir :
  • Etendre le rayon du périmètre du PPI et de pré-distribution d'iode stable, conformément aux recommandations des autorités européennes de sûreté et de radioprotection ;
  • Définir la zone de mise à l’abri réflexe retenue, quel que soit le type d’événement, d’installation ou de système nucléaire militaire concerné ;
  • Préparer une réponse « évacuation immédiate » sur un périmètre prédétermné de 5 km incluant la presqu’ile de Saint-Mandrier, comme c’est le cas pour le réacteur RES basé à Cadarache ;
  • Prendre, dès la phase d'urgence, et dans l'attente de l'expertise, une première consigne d’interdiction de consommation de denrées alimentaires ;
  • Tenir compte du contexte local pour la décision des mesures de protection des populations et leur articulation, sous l'autorité des préfets.

Les évolutions des mesures de protection mentionnées plus haut devraient être présentées lors des réunions des commissions d'information et des comités départementaux de sécurité civile, afin que cette demande d’inclusion de Saint-Mandrier dans le PPI puisse faire l’objet de discussions au sein de ces instances locales.

 

Pour en savoir plus

  • Note d’analyse APE PPI Impact des rejets radioactifs atmosphériques sur la presqu’ile de Saint-Mandrier : lien de téléchargement.
  • Note d’analyse APE de décembre 2021 PPI Impact des rejets radioactifs liquides sur la presqu’ile de Saint-Mandrier : lien de téléchargement