Quand la mer nous rappelle comment fonctionne un littoral
Les tempêtes ont parfois du bon : elles dévoilent des trésors enfouis. Ailleurs, ces trésors sont archéologiques. À Studland Bay, en Angleterre, la tempête Chandra a récemment mis au jour les vestiges d’un navire vieux de quatre siècles. Une plongée dans l’histoire maritime.
Mais les tempêtes sont souvent perçues comme des épisodes brutaux. Pourtant, pour qui observe le littoral, elles jouent un rôle essentiel : elles sculptent les plages, déplacent les sédiments, révèlent les dynamiques naturelles… et parfois, mettent aussi au jour ce que l’on aurait préféré oublier.
À Saint‑Mandrier, hélas, nos tempêtes révèlent d’autres vestiges. Moins glorieux. Moins historiques. Et surtout, beaucoup moins rassurants.
La Vieille : quand la plage recrache ce qu’on lui a fait avaler, un inventaire de chantier
À la plage de La Vieille, les vagues ont mis à nu ce que les remblais tentaient de cacher depuis des décennies :
- bordures de caniveaux,
- blocs de béton,
- gravats cimentés,
- morceaux de goudron,
- fragments de polystyrène en quantité.
Le sable de recharge a disparu, laissant réapparaître les galets d’autrefois que les anciens connaissaient encore recouverts des restes de tubes de vers marins qui ont survécu à cinquante ans d’enfouissement.
Les pluies ont aussi mis au jour la canalisation du réseau pluvial, qui débouche… directement sur la plage. Sans prolongement sous‑marin. Sans dispersion en profondeur au large. Une configuration idéale pour expliquer les pollutions microbiologiques maximales et récurrentes des eaux de baignade.
Des palmiers sur une plage méditerranéenne : une fausse bonne idée
Les plantations récentes de palmiers n’arrangent rien. Ces arbres exotiques n’offrent quasiment aucune ombre au plus fort de la journée. Pourquoi ne pas avoir choisi des essences méditerranéennes, adaptées au climat et utiles à la biodiversité ?
Le Touring : même décor, même problème
À la plage du Touring, le même spectacle : la canalisation d’un des réseaux s’est disloquée, l’émissaire semble obstrué, et les eaux de pluie finissent… sur la plage comme d’ailleurs l’émissaire de l’autre côté.
Comme toujours, on nous explique que « quand il pleut, il y a de l’eau, c’est normal ». Certes. Mais l’eau chargée de tout ce qu’elle entraîne, c’est moins normal.
Le Canon : une stratigraphie du “poubellum”
Pour un géologue, la plage du Canon est un cas d’école pour qui connaît les strates géologiques :
- à la base, blocs de goudron, béton, briques, parpaings,
- au-dessus, un lit de gravier mêlé de débris,
- et enfin, une fine couche de sable de recharge.
Pourquoi ? Parce que cette plage, comme d’autres sur la presqu’île, a été créée à partir des années 60 en remblayant la mer avec des déchets de chantier. Puis à partir des années 70 des recharges annuelles en sable n’ont fait que masquer temporairement ces remblais qui réapparaissent durant l’hiver à la période des tempêtes et autres largades.
Le sable « marin »… venu d’un port
Le 26 juin 2025, la recharge en sable est pour le moins atypique. La mairie se fend d’un communiqué sur le site du Mandréen « Cette année, conformément aux consignes imposées, le sable utilisé provient directement de la mer. Il s'agit d'un sable marin, naturellement plus foncé que celui utilisé lors des campagnes précédentes. Cette différence de teinte pourra être visible dans un premier temps, mais elle n'a aucun impact sur la sécurité ou la qualité de baignade. » On ne se pas qu’elles sont les consignes imposées et par qui puisque cette plage est gérée par la commune ? Le sable est annoncé comme provenant « directement de la mer. Il s’agit d’un sable marin » pourquoi tant d’insistance ? parce qu’il est « naturellement plus foncé … teinte pourra être visible dans un premier temps» mais rassurez-vous « aucun impact sur la sécurité ou la qualité de baignade ». En réalité il a été extrait du port de Bormes-les-Mimosas, chargé de matière organique bien décomposée… et peut‑être d’autres polluants typiques des ports. Sa couleur n’est pas un mystère : le carbone, c’est noir. Mélangé au sable, c’est gris. Il devait blanchir rapidement. Il est toujours gris. Normal.
RÉENSABLEMENT DE LA PLAGE DU CANON :
Dans le cadre de la préservation et de l'entretien du littoral, la commune procède au réensablement de la plage du Canon. Cette opération essentielle permet de maintenir la qualité d'accueil de notre plage et de lutter contre l'érosion naturelle. Cette année, conformément aux consignes imposées, le sable utilisé provient directement de la mer. Il s'agit d'un sable marin, naturellement plus foncé que celui utilisé lors des campagnes précédentes. Cette différence de teinte pourra être visible dans un premier temps, mais elle n'a aucun impact sur la sécurité ou la qualité de baignade. Nous vous remercions pour votre compréhension
Faut‑il vraiment s’allonger en été sur une couche de déchets de toutes sortes et chauffés à 40°C ? Une serviette suffit-elle comme équipement de protection ? La question mérite d’être posée : quelles autres substances peuvent accompagner ces sédiments portuaires ?
Graves-Cavalas : beauté sauvage… et canalisations douteuses
La plage du Cavalas garde un charme naturel, malgré la présence de canalisations issues du terrain militaire, dont une en fibrociment.
La question se pose : ces émissaires de rejets ont‑ils un lien avec la pollution microbiologique chronique de la plage ? La question mérite d’être posée.
Coudoulière : un exemple de renaturation réussie… mais incomplète
L’APE s’est longtemps battue pour la renaturation de la Coudoulière, en lien avec le Conservatoire du littoral. Grace à ce dernier, la partie haute de cette partie de la plage, restaurée avec des plantes d’essences méditerranéennes, a retrouvé son identité.
Mais, pour l’autre partie communale, le premier mur de blocs construit sans autorisation par la commune demeure, là où un sentier aurait pu être réaménagé en continuité avec la partie restaurée. Le littoral est un tout : nous gardons espoir qu’un jour, cette plage retrouve son unité paysagère.
Sainte-Asile : sable, galets, béton et… polémiques
Sainte-Asile n’est pas une plage de sable naturelle. Elle a été créée après la construction de la digue, et repose également en partie sur des remblais. Les tempêtes font réapparaître régulièrement les galets d’origine sous les banquettes de Posidonie tel qu’on peut le voir en ce moment.
Sainte-Asile est une plage artificielle qui se comporte… comme une plage artificielle
Les eaux de ruissellement, mal canalisées, ont mis au jour les canalisations et les remblais. Quant aux recharges en sable, elles posent un problème majeur : leur impact éventuel sur les herbiers de posidonies, espèce protégée et essentielle à l’écosystème marin méditerranéen.
L’APE, FNE Var et FNE PACA demandent depuis des années une étude d’impact pour optimiser ces recharges. Pas pour les interdire : pour les faire correctement.
Quant à la protection des herbiers de posidonies, elle suscite toujours des attaques du maire, qui accuse l’APE d’empêcher le réensablement. Rappelons-le :
- ce n’est pas « M. Calmet » mais APE + FNE Var + FNE PACA qui ont porté plainte,
- la plainte concerne la destruction d’une espèce protégée,
- nos associations demandent simplement une étude d’impact pour optimiser les recharges en sable afin d’éviter d’étouffer l’herbier de Posidonie qui se développe tout près de la plage.
Rien d’extravagant. Juste du bon sens écologique.
Pendant ce temps, un panneau pédagogique du Conseil régional du Var, informant le public sur la protection des Posidonies, s’est disloqué avant de migrer petit à petit vers la partie arbustive de Tamaris de la plage jusque dans un coin de la pinède, caché derrière un banc de honte… Ce panneau indiquant « Propriété départementale Espace naturel sensible » venant en contradiction avec la gestion de la commune ne pouvait que mourir de sa belle mort. Cela en dit long sur l’engagement de la mairie pour l’environnement naturel de notre presqu’ile !
Un haiku pour ce panneau :
Sous les pins rouillés
le panneau parle de Posidonie
ici personne n’écoute.
Un rappel utile : ces plages ne sont pas naturelles
Contrairement à ce qu’affirme parfois la communication officielle :
- La Vieille, le Canon, le Touring et Sainte-Asile ne sont pas des plages naturelles.
- Elles ont été créées à partir des années 60 en remblayant la mer avec… des déchets.
- Les recharges en sable ont simplement recouvert ces dépôts à partir des années 70.
- La place des Résistants, la pointe Saint‑Georges, l’anse de Pin Rolland ont été comblées de la même manière.
Les tempêtes ne font que révéler ce que l’on cherche à cacher et ni l’APE, ni M. CALMET n’y sont pour rien, ils ne commandent pas à la nature.
Conclusion : la mer, elle ne ment jamais
Une plage naturelle raconte l’histoire de la mer. Ici, les plages de charme raconte aussi l’histoire des pratiques humaines de Saint-Mandrier : remblayer, recouvrir, recommencer.
À chaque coup de mer, la presqu’île se souvient. Elle recrache les gravats, les canalisations, les remblais, les erreurs du passé. Elle rappelle que l’entretien du littoral ne peut pas se résumer à étaler du sable gris chaque début d’été.
L’APE continuera à documenter, alerter et proposer. Parce que protéger nos plages, ce n’est pas seulement une affaire d’esthétique. C’est une question de santé publique, de biodiversité, et de respect du littoral.
Si vous partagez notre volonté de restaurer nos plages et de protéger la posidonie,
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Le communiqué de presse publié le 21 février 2026 par les services de l’État et les collectivités territoriales confirme le maintien de l’interdiction de collecte et de consommation des coquillages issus de la baie du Lazaret, dans la rade de Toulon, en raison d’une contamination persistante au norovirus.
En vigueur depuis le 6 janvier 2026, cette mesure fait suite aux analyses sanitaires ayant mis en évidence la présence persistante début février du virus, dans un contexte d’intempéries répétées et de risques élevés à très élevés de gastro-entérites virales.
Si les autorités annoncent des dispositifs de soutien aux conchyliculteurs impactés, cet épisode sanitaire soulève des enjeux plus larges qui dépassent la seule dimension économique.
Le norovirus : un indicateur de contamination des milieux (voir les explications ici)
La contamination au norovirus n’est ni un phénomène rare ni imprévisible. Bien connu des scientifiques et des autorités sanitaires, il constitue un marqueur typique de contamination microbiologique des eaux, le plus souvent d’origine fécale.
Les coquillages, organismes filtreurs, concentrent naturellement les micro-organismes présents dans leur environnement. Ils deviennent ainsi des sentinelles particulièrement sensibles de la qualité sanitaire des masses d’eau côtières.
Lors d’épisodes pluvieux importants, les réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales peuvent être la cause des contaminations : débordements, rejets insuffisamment traités, dysfonctionnements d’ouvrages ou ruissellements chargés en contaminants. Autant de mécanismes susceptibles de favoriser la diffusion de virus entériques vers le milieu marin.
À la lumière des événements récents, il apparaît tout aussi essentiel de s’interroger sur l’efficacité et l’application du système d’alerte sanitaire. Son amélioration constitue un enjeu majeur pour éviter la répétition des nombreux cas de gastro-entérites observés ces dernières semaines. Ces situations soulèvent également, de manière légitime, la question des responsabilités dans la prévention des risques sanitaires et de la protection des populations.
Une problématique déjà documentée sur le territoire
Cette nouvelle interdiction intervient dans un contexte que l’APE a déjà eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises : la vulnérabilité des zones littorales face aux contaminations microbiologiques et la question récurrente de l’état des réseaux d’assainissement.
Les épisodes de pollution affectant les eaux de baignade ou les zones conchylicoles ne relèvent pas uniquement d’aléas climatiques. Ils traduisent également des fragilités structurelles : vieillissement des infrastructures, surcharge des systèmes unitaires, artificialisation des sols accentuant les ruissellements, pressions urbaines croissantes.
Ces facteurs sont aujourd’hui bien identifiés dans la littérature scientifique et dans de nombreux rapports institutionnels.
Des aides économiques nécessaires mais non suffisantes
Les mesures annoncées par l’État, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et le Conseil départemental du Var visent légitimement à soutenir la trésorerie des entreprises conchylicoles et à limiter les impacts sociaux de la crise.
Ces dispositifs – aides « de minimis », activité partielle, allègement des redevances domaniales – constituent des réponses d’urgence indispensables. En revanche, il n’est pas mentionné de soutien ou d’indemnisation des personnes malades, professionnels indépendants qui perdent des jours de travail.
Mais ils ne sauraient occulter la question centrale : comment réduire durablement la probabilité et la fréquence de ces crises sanitaires ?
Prévention, infrastructures et qualité des eaux : un enjeu majeur de santé publique
Les contaminations virales du milieu marin rappellent une réalité fondamentale : la qualité des eaux littorales dépend directement des choix d’aménagement, de l’état des réseaux et des politiques publiques d’assainissement.
Dans un contexte de période électorale où les annonces et engagements se multiplient, il est utile de rappeler que la résolution de ces problématiques repose avant tout sur des actions structurelles, durables et vérifiables dans le temps, de la responsabilité des municipalités et du préfet.
Les débats publics récents illustrent d’ailleurs les divergences d’analyse sur ces sujets. Certaines explications avancées tendent à banaliser les phénomènes observés, comme celles du maire de Saint Mandrier, M. Vincent, et l’urgence d’attendre en les attribuant exclusivement à des mécanismes naturels, comme les variations de pression atmosphérique ou la montée temporaire du niveau marin lors d’épisodes pluvieux, présentés comme des situations normales à l’échelle méditerranéenne.
Si ces mécanismes physiques existent bien entendu, ils ne sauraient à eux seuls expliquer des contaminations virales récurrentes, dont les déterminants sont largement documentés par les connaissances scientifiques en matière d’assainissement, d’hydrologie urbaine et de qualité des eaux.
Une vigilance collective indispensable
L’APE rappelle que ces épisodes ne doivent pas être analysés comme de simples événements anecdotiques mais comme des signaux d’alerte.
Ils invitent à une réflexion globale sur la gestion des eaux usées et pluviales, l’urbanisation des bassins versants, la résilience des équipements publics et la protection des milieux côtiers.
Garantir durablement la qualité sanitaire des eaux littorales constitue un impératif qui engage l’ensemble des acteurs publics et privés.
Ah, la douce existence du cormoran moderne. Autrefois, c’était poissons, rochers et horizon dégagé. Aujourd’hui, c’est sardines, sacs plastique et parfums au carburant, édition spéciale port urbain 2025.
Je me perche sur les rochers au bout de la digue, en sortie de port, comme d’habitude. Sauf que désormais, j’ai vue panoramique sur le grand parc d’attractions des déchets flottants. À la surface, ça brille presque autant que le décor de Noël en cours d’installation, sauf que ce ne sont pas des guirlandes, mais des bouts de plastique et des films d’hydrocarbures.
La navette passe, les voitures défilent, tout le monde fait sa petite vie. Moi, je les regarde de loin, entre deux plongées dans ce bouillon de culture chimique. Avant d’ouvrir mes ailes pour sécher mes plumes au moindre rayon de soleil, j’ai droit à mon rituel : décrassage intensif des plumes, version « spa au gasoil ». Personne ne mettrait un orteil là-dedans, mais pour pêcher, il faut bien s’y coller.
L’eau a l’air froide et claire, si on ne regarde pas trop longtemps, presque propre vue que c’est la saison où le phytoplancton est plutôt timide. Mais en y regardant de près, c’est le festival: plastiques, débris, macro/micro-morceaux de civilisation qui flottent au milieu des méduses Pelagia, et au fond ce n’est pas mieux. Un joli voile de carburant complète le tout en recouvrant quasiment toute la surface du port, une ambiance parfum « eau de port 95 octane ». Un petit arc-en-ciel à la surface, très instagrammable, si on oublie que ça tue tout ce qui vit dessous, lentement mais surement...
Alors oui, la vie de cormoran, c’est sympa. Mais si les humains pouvaient éviter de transformer mon terrain de pêche en décharge flottante, ce serait encore mieux. En attendant, je pose, ailes déployées : « édition limitée, dernier cormoran avant rupture de stock ».
#Cormoran #PollutionDuPort #SaintMandrier #Plastique #FauneMarineFatiguée
Alors que le monde entier espérait un tournant décisif dans la lutte contre la pollution plastique, la cinquième session du Comité intergouvernemental de négociation des Nations Unies (INC-5.2), qui s'est tenue à Genève du 5 au 15 août 2025, s'est soldée par un échec retentissant. Malgré des mois de négociations intenses, aucun traité contraignant n'a été adopté. Les pays ambitieux, comme ceux soutenant des mesures fortes sur la réduction de la production de plastiques et la gestion des substances chimiques toxiques, ont rejeté un texte jugé trop faible, trop influencé par les lobbies pétroliers et les nations productrices de plastique. Résultat : les discussions ont été ajournées sans calendrier clair, laissant la planète face à un océan, c’est le cas de le dire, de déchets qui continue de croître de manière incontrôlée.
Cet échec n'est pas qu'une nouvelle abstraite venue des couloirs de l'ONU. Il résonne cruellement ici, sur le littoral de Saint-Mandrier-sur-Mer, où nos plages sont quotidiennement envahies par des débris plastiques échoués en quantité alarmante. Du microplastique aux bouteilles et sacs abandonnés, la pollution marine frappe de plein fouet le littoral de notre commune, menaçant la biodiversité locale, la santé de nos enfants qui jouent sur le sable, et l'économie touristique qui fait vivre tant de familles.
Un littoral sous assaut : les plastiques s'échouent et s’accumulent
À Saint-Mandrier, le phénomène n'est plus sporadique ; il est chronique sur l’ensemble des plages.
Nos plages sont systématiquement polluées par des débris de déchets plastique de toutes sortes et de toutes tailles, comme ces disques de biomédias issus des stations d'épuration des eaux usées (Plage de La Vieille, 5 au 17 avril 2025).
Prenez la plage de La Vieille, par exemple : en février dernier, une vidéo partagée par notre association révélait des amas de déchets plastiques de toutes sortes, venus des courants méditerranéens ou charriés par les tempêtes (N’hésitez pas à faire des arrêts sur image, c’est édifiant).
Plus récemment, lors de l'orage violent du 21 septembre 2025, les eaux de ruissellement ont emporté vers la mer une véritable marée de débris plastiques, mélangés à des bactéries fécales, polluant irrémédiablement nos côtes.
Ces événements ne sont pas isolés : des opérations comme "Rade Propre" en juin 2025, menées par les plongeurs de la Marine nationale, ont permis de ramasser des pneus et déchets plastiques des fonds marins face à nos plages, soulignant l'ampleur du problème sous-marin qui remonte inévitablement à la surface.
La Méditerranée, est l'une des mers les plus polluées au monde par le plastique : chaque année, des tonnes de déchets issus de l'ensemble du bassin versant s'échouent sur ses rivages. À Saint-Mandrier, cela se traduit par des plages jonchées de bouteilles, barquettes, fils de pêche, biomédia issus de stations d’épuration, bouchons et de fragments indégradables qui sont enfoui dans le sable rajouté.
Les eaux de baignade de nos plages sont également directement polluées par des débris de déchets plastique de toutes sortes qui flottent à leur surface (Photographie du 20 aout 2025) qu’elles transportent avant qu’ils ne sédiment en quantité sur le fond. Ils y rejoignent le sable et les algues mortes auxquels ils se mélangent et où ils continuent à se dégrader. Ces déchets seront repris par les vagues lors des prochaines tempêtes pour s’ajouter à ceux jonchant les plages (Florilège non exhaustif de déchets photographiés ce 1er octobre 2025 à 9h30).
Deux apnées sont résumées dans cette vidéo prise aujourd’hui 1er octobre 2025 à 9h30 qui montre les déchets jonchant le fond de la plage où la vie résiste encore sous la forme d’un spirographe déployant son panache dans les eaux turbides.
Nos observations sur le terrain, menées depuis 2018, confirment que cette pollution n'est pas seulement visuelle : elle contamine l'eau, les coquillages et les poissons que nous consommons.
L'échec du traité mondial à se concrétiser aggrave ce désastre local, car sans régulation internationale sur la production et l'exportation de plastiques, les déchets continueront d'affluer via les fleuves et les vents, droit sur nos plages en particulier celles du côté de la rade de Toulon.
Les élus locaux : des actions symboliques face à un urgence criante
Face à cette marée de déchets, que font nos responsables politiques ? Des initiatives existent, certes, pour sensibiliser les habitants à réduire les déchets à la source ou encore l'adhésion à la charte régionale contre les déchets plastiques sur les plages. À l'échelle de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur, des efforts sont déployés pour viser le "zéro déchet plastique", avec des campagnes de collecte et d'éducation depuis 2016.
Mais ces mesures, bien qu'appréciables, restent cosmétiques et insuffisantes. Où sont les investissements massifs dans des bassins de rétention des eaux pluviales pour éliminer les plastiques avant qu'ils ne rejoignent la mer ? Pourquoi aucune politique locale contraignante n'impose-t-elle aux plaisanciers – nombreux dans notre rade – de respecter des normes strictes sur les déchets ? Et que dire des réensablages des plages, comme celui contesté en mai 2025, qui se font sans évaluation environnementale approfondie, risquant d'aggraver l’accumulation des microplastiques ?
L'APE alerte depuis des années sur ces lacunes : plages de Sainte-Asile, Grave-Cavalas, La Vieille déjà touchées par des contaminations fécales récurrentes, voient leurs problèmes s'amplifier par l'ajout de plastiques non gérés. Les élus de Saint-Mandrier et de la Métropole TPM doivent passer de la parole aux actes : audits réguliers des rejets, partenariats renforcés avec les associations comme la nôtre, et une mobilisation pour pousser la France à adopter des mesures nationales plus ambitieuses en attendant un traité mondial.
Vers un avenir propre : l'heure de l'engagement citoyen
L'échec de l'INC-5.2 nous rappelle que la protection de notre environnement ne peut attendre les sommets internationaux. À Saint-Mandrier, c'est ici et maintenant que nous devons agir. L'APE appelle les parents, les habitants et les vacanciers à se mobiliser : rejoignez nos ramassages de déchets sur les plages, signez nos pétitions pour une politique locale zéro plastique, et exigez des comptes à nos élus lors des prochains conseils municipaux.
Nos enfants méritent des plages propres, une mer saine et un avenir sans plastique. Ne laissons pas l'inaction globale devenir notre réalité locale. Ensemble, transformons la colère en action !
Pour en savoir plus ou participer :
L'APE vient de réaliser une étude qui confirme la contamination fécale de la plage de Grave-Cavalas. Ce problème est dû à un ruisseau issu de l’enceinte militaire du Pôle des écoles de la Méditerranée qui se jette dans la mer à l'est de la plage.
Des signes de pollution organique chronique, comme la prolifération d'algues, ont été observés par l’APE dès 2018 au niveau du débouché du ruisseau en mer de cette plage. Cet été encore des pollutions bactériologiques importantes de l’eau de mer ont été détectées lors des contrôles réglementaires de l’Autorité régionale de santé qui ont conduit à l’interdiction de la baignade.
Algues indicatrices de pollution organique se développant dans l’eau et sur les galets dans le lit du ruisseau côtier débouchant dans la partie Est de la plage de Grave-Cavalas (Photographies du haut à gauche prise le 7 juin 2025 et en bas à droite le 12 juillet 2025)
Résultats des analyses et risques pour la santé
Le panneau d’information de la plage ne mentionne aucune source de pollution pour expliquer ces contaminations récurrentes. Aussi, nous courriers étant restés sans réponse, l'APE a prélevé un échantillon d'eau du ruisseau le 29 août 2025 pour des analyses bactériologiques afin de confirmer la source de cette contamination bactériologique.
Point de prélèvement de l’échantillon APE d’eau du ruisseau débouchant à l’est de la plage de Grave-Cavalas (Flèche blanche) et du point de prélèvement des échantillons de contrôle de l’ARS-Var (Flèche noire).
Les résultats ont révélé des niveaux de contamination fécale significatifs :
1 200 entérocoques/100 mL et 2 400 Escherichia coli/100 mL.
Ces valeurs sont bien au-delà des seuils de qualité de l'eau des eaux de baignade. Les concentrations dépassant les valeurs guides de 370 entérocoques/100 mL ou de 1 000 E. coli/100 mL justifient des interdictions de la baignade. Ces résultats confirment que le ruisseau est une source de pollution bactériologique d’origine fécale, même par temps sec.
Pour mémoire, une eau de boisson doit être exempte de toute présence d’Escherichia coli. La détection d’un seul germe impose alors une action immédiate.
Risque pour la santé
Cette contamination chronique en germes potentiellement pathogènes expose les usagers de la plage à des risques sanitaires, notamment des infections gastro-intestinales, cutanées, etc.
La zone Est de la plage, très fréquentée par les propriétaires de chiens, est particulièrement touchée. En effet, les eaux du ruisseau percolent dans le sable, qui retient les bactéries, et peut également être une source de contamination. Les chiens peuvent boire cette eau ou s’y baigner se contaminant et devenir une source de contamination pour leur entourage.
Lien vers le Rapport transmis aux autorités et au responsable du site.
Recommandations de l'APE
Face à ce constat alarmant, le rapport sur cette contamination a été transmis aux autorités et au responsable du site avec plusieurs recommandations urgentes :
- Interdiction temporaire de la zone Est de la plage et installation de panneaux d'information pour sensibiliser les usagers aux risques sanitaires.
- Inspection immédiate du réseau d'assainissement du site militaire pour identifier et éliminer la source de la contamination.
- Renforcement des contrôles sanitaires, avec l'ajout d'un point de prélèvement au niveau du ruisseau et une augmentation de la fréquence d'échantillonnage.
- Affichage transparent de l’ensemble des résultats d’analyse dès connaissance par l’autorité.
- Réalisation d'études complémentaires pour analyser le sable et modéliser l'impact des pluies.
Ce document a pour but d'alerter sur un risque persistant et de proposer des solutions concrètes pour restaurer la qualité des eaux de la plage de Grave-Cavalas.
Cette étude indépendante, cruciale pour révéler la vérité sur la contamination de nos plages, a été entièrement financée par l’APE, grâce à la générosité de ses adhérents et donateurs.
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- 18 août 2025 : Quand la plage de La Vieille bat un record… de pollution !?
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