Aujourd'hui, une sortie sous-marine en apnée au-dessus des rochers de Cavalas-Grave nous a offert deux visages bien différents de notre littoral méditerranéen.
La beauté discrète des fonds rocheux
À 2 mètres de profondeur, nos photos ont capturé une colonie d'hydraire plumeux du genre Aglaophenia, un animal, cousin des méduses et des coraux, souvent confondu avec une algue. Chaque minuscule logette scintillante le long de ses rameaux abrite un polype urticant, utilisé pour capturer le plancton dont se nourrit la colonie. Un rappel que nos rochers méditerranéens abritent une petite faune fixée d'une richesse insoupçonnée, trop souvent invisible à l'œil nu.
Focus sur la délicatesse des colonies d'aglaophénies (Aglaophenia sp.) qui se dressent fièrement sur les rochers comme de minuscules plumes de cristal. Au milieu de ce paysage miniature, on devine également les petits parasols blancs des acétabulaires. La biodiversité de la Méditerranée à portée de masque !
Une prise qui ne devrait pas exister
Le même jour, sur ce même site, nous avons photographié le flotteur d'un chasseur sous-marin. Parmi les prises habituelles, saupe, dorade, mulet, vieille, figurait également un mérou, une espèce dont la pêche est strictement interdite en Méditerranée française depuis 1993, moratoire reconduit jusqu'au 22 décembre 2033. Cette protection a permis le retour progressif de cette espèce autrefois quasi disparue de nos côtes après des décennies de surpêche.
Un acte caractérisé de braconnage sous-marin : Sur la photographie ci-dessus, fixée au flotteur d'un chasseur sous-marin au milieu de prises légales (dorade, mulet, saupe, vieille), apparaît distinctement un mérou brun (Epinephelus marginatus) fraîchement fléché.
Documenter, dans la même sortie, la richesse discrète de nos fonds rocheux et une infraction qui met en péril leur préservation, c'est tout l'objet du travail de veille de l'APE : montrer ce qui mérite d'être protégé, et signaler ce qui menace cette protection.
Ce type de comportement nuit gravement aux efforts de préservation et à l'immense majorité des usagers de la mer qui respectent les réglementations en vigueur.
Si vous êtes témoin de faits similaires, n'hésitez pas à nous les transmettre, ou à les signaler directement à l'OFB (3013), la DDTM ou à la gendarmerie maritime.
Nous appelons l'ensemble des citoyens, baigneurs, plongeurs et pêcheurs éco-responsables à la vigilance. La mer est un bien commun, protégeons-la.
Pour en savoir plus : Un rappel strict de la loi
Le mérou brun est une espèce emblématique de la Méditerranée, mais elle est surtout strictement protégée. En France, l’espèce fait l’objet d’un moratoire reconduit jusqu'en 2028 qui interdit formellement sa capture, sa détention, son transport et sa vente par la pêche de loisir et la chasse sous-marine.
Ce que dit la loi : Le non-respect de ce moratoire constitue un délit de braconnage. Les contrevenants s'exposent à de lourdes sanctions pénales, allant jusqu'à 22 500 € d'amende, la confiscation définitive du matériel de navigation et de plongée, ainsi que des poursuites judiciaires.