Les 13 et 14 juillet, à la même heure, deux vidéos réalisées à 9h30 depuis la presqu'île montrent une scène devenue malheureusement familière : le départ du Mega Express Three de Corsica Ferries et l'émission d'importants panaches de fumées s'échappant de ses cheminées.

 

Deux jours différents, un même navire, des conditions comparables… et un même constat.

Ces fumées contiennent notamment des particules fines, des oxydes d'azote, de soufre et d'autres polluants atmosphériques dont les effets sur la santé humaine et les écosystèmes sont aujourd'hui largement documentés. Leur dispersion dans l’air, leur répétition quotidienne interrogent dans une rade densément peuplée en cette période estivale, au cœur d'un territoire régulièrement concerné par des épisodes de chaleur et des alertes à l'ozone.

La Méditerranée est une mer semi-fermée particulièrement sensible aux pollutions. Chaque émission prise isolément peut sembler anodine ; leur accumulation au fil des jours, des mois et des années constitue pourtant une réalité bien tangible pour les riverains, les usagers de la mer et les milieux naturels.

Même cause, mêmes effets : lorsque les pratiques ne changent pas, les conséquences sur la qualité de l'air, notre santé et l'environnement demeurent.

Ces deux séquences vidéo, réalisées à vingt-quatre heures d'intervalle, ne prétendent pas à elles seules dresser un bilan scientifique. Elles ont cependant le mérite de documenter, une fois encore, une pollution visible à l'œil nu et de rappeler qu'en matière de qualité de l'air, l'observation citoyenne reste un outil précieux.

À l'heure où les efforts demandés aux particuliers se multiplient : restrictions de circulation, réduction des émissions, transition énergétique, sobriété, la question mérite d'être posée : quelles marges de progrès restent à accomplir pour le transport maritime en Méditerranée et, plus particulièrement, pour cette compagnie ?

Et surtout, à quel moment les engagements et les déclarations des responsables publics en matière de qualité de l'air se traduiront-ils enfin par des mesures concrètes et mesurables ? Les panaches observés ces derniers jours nous rappellent qu'entre les paroles et les actes, il subsiste parfois un nuage difficile à dissiper. »

Et tant que les décisions tardent, ce sont les habitants de la rade, les usagers de la mer et les écosystèmes méditerranéens qui continuent d'en supporter les conséquences.

En matière de qualité de l'air, les citoyens ne respirent pas des promesses, mais l'air qui leur est laissé.