Lors d’une promenade hivernale en forêt, le chêne blanc de Provence (Quercus pubescens Willd., famille des Fagaceae) attire immanquablement le regard. Majestueux et plein de caractère, le chêne blanc de Provence est l’un des arbres les plus représentatifs de nos paysages méditerranéens. Son nom latin pubescens vient du mot pubes, qui signifie « à poils doux », en référence aux fins duvets présents sur la face inférieure des jeunes feuilles.
Pouvant atteindre de 10 à 25 mètres de haut et vivre plus de 500 ans, ce chêne impressionne par sa longévité. Son tronc est souvent court et tortueux lorsqu’il pousse en terrain dégagé, mais il devient long et droit lorsqu’il croît au cœur des forêts.
Son feuillage caduc est marcescent : les feuilles sèchent en automne mais peuvent rester accrochées tout l’hiver si le vent ne les détache pas. Lorsqu’elles tombent, elles forment au sol une belle mosaïque brun doré qui enrichit la litière forestière.
Originaire des régions tempérées de l’hémisphère nord, il affectionne particulièrement les sols calcaires et secs de l’étage méditerranéen. Absent de Bretagne et des Landes, il reste fréquent dans les collines provençales. Espèce dite post-pionnière, il s’installe après les pins ou les arbustes pionniers qui colonisent les terrains abandonnés, puis les remplace progressivement pour former de belles forêts mixtes.
Le chêne pubescent atteint sa maturité vers l’âge de 15 ans. Il est monoïque, c’est-à-dire qu’il porte sur un même arbre des fleurs mâles et femelles séparées. Sa floraison, anémophile (pollinisée par le vent), s’étend d’avril à mai. Ses fruits, les glands, sont sessiles et logés dans une cupule écailleuse, avant d’être disséminés par les animaux, en particulier les geais et les écureuils.
Arbre emblématique du sud de la France, le chêne pubescent joue un rôle majeur dans nos paysages agricoles traditionnels : il est l’une des principales essences utilisées en trufficulture, grâce à sa capacité à former des symbioses avec les champignons du sol.
Prochaines balades hivernales : ouvrez l’œil, touchez l’écorce rugueuse, écoutez le bruissement des feuilles mortes… et admirez ce géant discret qui structure nos forêts et abrite une biodiversité incroyable.
Après le réveillon de Noël, quoi de mieux qu’une petite promenade digestive au grand air pour profiter de la douceur hivernale ? La nature, même en hiver, offre un spectacle vivant et coloré : nos oiseaux résidents ou hivernants sont bien actifs et cherchent leur repas avec gourmandise.
Si nous avons fait bombance la veille, eux aussi profitent des ressources de saison, même si le choix est plus limité. Heureusement, le kaki (ou plaqueminier), qui a perdu toutes ses feuilles, garde encore ses beaux fruits orange-rouge bien accrochés aux branches. Mûris par les premiers frimas, ils deviennent irrésistibles pour plusieurs espèces.
La fauvette à tête noire Cette petite fauvette élégante, avec sa calotte noire chez le mâle (grise chez la femelle), est une habituée de nos jardins en hiver. Très vive et curieuse, elle se perche souvent au sommet des arbustes pour surveiller les environs avant de fondre sur les fruits du kaki dont elle raffole.
Le rouge-gorge familier Ce petit boule de plumes au plastron orange vif est le plus audacieux de tous. Territorial et chantant même en hiver, il défend farouchement son coin de kaki et n’hésite pas à chasser les intrus pour picorer les fruits mûrs qui lui apportent l’énergie nécessaire pour affronter le froid.
La sitelle torchepot Avec son bec fin et pointu, cette acrobate des troncs chasse inlassablement les insectes cachés sous l’écorce des chênes verts. Elle grimpe tête en bas comme personne, inspectant chaque fissure, et son cri métallique « tuit-tuit » résonne dans les bois toute l’année.
Le roitelet à triple bandeau Minuscule boule de plumes (le plus petit oiseau d’Europe avec le roitelet huppé !), ce roitelet hyperactif fouille frénétiquement les branches des cades (genévriers) à la recherche d’insectes et d’araignées. Ses trois bandes claires sur la tête et son énergie débordante en font un spectacle à lui tout seul.
Prenez vos jumelles, un bonnet, et venez observer ces merveilles lors d’une simple balade sur nos sentiers côtiers ou dans les pinèdes. La nature de la presqu’île nous offre, même en hiver, des moments de beauté et de sérénité qui nous rappellent combien nos paysages ordinaires sont essentiels à la survie de la faune locale et combien il est important de les préserver.
Belles observations à toutes et tous !
Vos plus belles prises de vue hivernales sont les bienvenues – envoyez-les nous ! (contactape83430.fr)
Il arrive que la nature rappelle, parfois cruellement, que chaque repas est aussi un risque. Sur cette photo, un héron cendré a tenté d’avaler un poisson (une belle saupe) trop gros pour lui… et en est mort, étouffé, la proie encore coincée dans son bec. Ce héron est certainement l’un des individus observés depuis quelques temps sur les structures des parcs aquacoles de la petite rade.
Ce triste spectacle pris en photo ce 19 décembre illustre parfaitement ce vieux proverbe : il ne faut pas avoir les yeux, ni le ventre, plus gros que le bec. Chez les hérons comme chez nous, la gourmandise peut être un vilain défaut, surtout lorsque la compétition pour la nourriture s’intensifie dans des milieux fragilisés.
Le Héron cendré : Un chasseur élégant des zones humides
Le Héron cendré est un élégant échassier de la famille des Ardeidés, présent en Eurasie et en Afrique. En France, c'est une espèce commune et protégée depuis 1975, avec une population en croissance modérée.
Apparence et caractéristiques physiques Mesurant environ 90 cm, cet oiseau se distingue par son bec jaunâtre en forme de poignard, idéal pour la pêche. Sa tête est blanche avec des bandes noires formant une huppe, son dos gris pâle et ses parties inférieures blanchâtres. En vol, il replie son cou en "S" et déploie des ailes larges aux rémiges sombres. Les couleurs s'intensifient en période nuptiale.
Habitat et comportement Il affectionne les milieux humides peu profonds (moins de 40 cm) : marais, étangs, rivières, lagunes ou rivages marins. Chasseur patient, il s'immobilise pour harponner poissons, amphibiens, crustacés ou rongeurs. Opportuniste, il chasse seul dans des eaux douces, saumâtres ou même dans les champs. En Bretagne, il fréquente les côtes marines comme ici au niveau de la petite rade.
Reproduction Sociable en nidification, il forme des colonies (héronnières) dans les arbres près des zones humides, souvent avec d'autres espèces comme les cormorans. Les nids, faits de branches, sont réutilisés annuellement. Fidèle et monogame, le mâle parade pour attirer une femelle. La ponte (3-5 œufs) a lieu de février à avril ; les parents régurgitent la nourriture aux jeunes, indépendants à 3 mois.
Migration et répartition Migrateur partiel, il fuit les hivers rigoureux du Nord vers le Sud (jusqu'en Afrique tropicale), mais reste sédentaire ou erratique en France. La migration post-nuptiale se déroule d'août à novembre. Mondialement, la population (500 000-2 500 000 individus) est stable (préoccupation mineure UICN). En France, elle compte 31 000 couples nicheurs (stable, préoccupation mineure). En Île-de-France, 450 couples (stable).
Autrefois chassé comme nuisible, le Héron cendré bénéficie aujourd'hui d'une protection qui a permis son essor ce qui montre l’efficacité de la protection des espèces. Il symbolise la résilience des espèces humides, mais reste sensible aux perturbations des habitats.
Une promenade naturaliste organisée à la Coudoulière et à l’Hermitage a mis en lumière quatre espèces d’oiseaux dont la présence témoigne directement de l’état de nos milieux naturels face à l’artificialisation et à la pression humaine.
Le Pouillot véloce, petit migrateur discret, dépend des friches, des haies et des boisements littoraux. Or ces milieux sont parmi les premiers sacrifiés par l’urbanisation, l’élargissement des voiries et l’aménagement excessif des espaces naturels. Sa présence rappelle l’importance de conserver des zones « ordinaires », mais vitales pour la biodiversité.
La Bergeronnette des ruisseaux, strictement liée aux cours d’eau et aux zones humides, est un indicateur précieux de la qualité écologique des milieux aquatiques. Pollutions diffuses, ruissellements urbains, artificialisation des berges et imperméabilisation des sols menacent directement son habitat et, plus largement, l’équilibre de tout le vivant associé à l’eau.
Le Chardonneret élégant, reconnaissable à ses couleurs éclatantes, est aujourd’hui classé vulnérable en France. L’usage des pesticides, la disparition des plantes sauvages et la standardisation des paysages agricoles et urbains entraînent un effondrement de ses populations. Sa situation illustre les conséquences concrètes de choix d’aménagement et de gestion peu respectueux de la biodiversité.
Enfin, la Pie bavarde, souvent mal aimée, est pourtant un oiseau intelligent et utile, jouant un rôle de régulation des insectes et de nettoyage naturel des milieux. Son déclin en zone rurale et sa concentration en milieu urbain sont les symptômes d’un déséquilibre écologique profond causé par l’artificialisation et la dégradation des habitats naturels.
Si ces espèces peuvent encore être observées aujourd’hui sur ce site, c’est parce qu’il a été sauvé de l’urbanisation grâce à l’action de l’APE, qui a déposé des recours devant les tribunaux administratifs contre les permis de construire accordés par la municipalité. Ces actions juridiques ont permis de préserver cet espace naturel du béton et de maintenir un refuge indispensable pour la biodiversité locale.
Ces observations rappellent une évidence : la biodiversité locale ne se protège pas par des discours, mais par des choix concrets d’aménagement, de gestion des espaces naturels et de lutte contre les pollutions. Défendre les zones naturelles du littoral, préserver les continuités écologiques et limiter l’artificialisation sont des combats essentiels pour préserver le vivant, aujourd’hui et demain.
Nous avons la presqu’île en commun, aidez-nous à la protéger
Je soutiens les actions de l’APE contre le bétonnage, la destruction de la biodiversité, l’artificialisation des sols et des plages
Les dons ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu égale à 66% du montant versé dans la limite de 20% du revenu imposable (Si vous faites un don de 100 euros, votre réduction d’impôt sera de 66 euros).
Une étude récente menée en France portant sur 57 espèces d'oiseaux et près de 2000 sites sur la période 2013-2022 montre que l’utilisation massive d’imidaclopride, principal pesticide néonicotinoïde, a fortement contribué au déclin des populations d’oiseaux insectivores. Plus inquiétant encore : l'interdiction de cette substance ne suffit pas à garantir un rétablissement rapide des populations.
Les colocataires de nos jardins : roitelet à trois bandes, mésange huppée, rouge-gorge et grimpereau sont affectés par l’emploi de d’imidaclopride et des néonicotinoïdes en général dont l’utilisation devrait faire l’objet d’un moratoire.
Avant son interdiction en 2018, les sites exposés à ce pesticide présentaient jusqu’à 12,7 % d’oiseaux en moins par rapport aux lieux non exposés. Après l’arrêt du pesticide, l’écart est légèrement réduit à 9 %, ce qui témoigne d’une récupération très lente et partielle des populations.
La persistance des résidus d’imidaclopride dans les sols et les eaux, ainsi que des dérogations occasionnelles à son utilisation, freinent une véritable reprise de la biodiversité.
L'étude révèle que l'utilisation de l'imidaclopride est fortement liée à la baisse d'abondance des oiseaux insectivores. Ces oiseaux souffrent doublement :
- Par la toxicité directe ou sub-létale du pesticide, en particulier chez les oisillons.
- Par la raréfaction de leur nourriture (les insectes), très sensibles à ces produits.
Les oiseaux granivores et généralistes, eux, ne semblent pas affectés de la même manière par ce pesticide mais l’étude confirme que les insectivores restent les premières victimes par effet domino : appauvrissement de la biodiversité et des populations d’insectes, baisse de la ressource alimentaire puis chute des effectifs des oiseaux.
La recherche souligne donc que l’interdiction des néonicotinoïdes, bien qu’indispensable, n’est pas suffisante à elle seule pour restaurer rapidement la biodiversité. La persistance de ces substances dans les sols et les eaux continue d'affecter les écosystèmes. Des actions complémentaires et un suivi renforcé des populations d’oiseaux dans les territoires contaminés, sont nécessaires afin de soutenir à la fois les populations d’insectes et d’oiseaux, également menacées par les pratiques agricoles intensives.
La migration d’automne des Grues cendrées est en cours !
Comme chaque année, ce grand déplacement est largement conditionné par la météo : lorsque l’hiver s’installe sur le nord de l’Europe, la neige, le gel des sols et des eaux rendent l’accès à la nourriture difficile, poussant les Grues à rejoindre des zones plus hospitalières, au sud-ouest de l’Europe.
Elles empruntent deux grandes routes migratoires, dont celle qui concerne la France : la voie occidentale.
À noter : en Camargue, une partie de la population emprunte d’abord une voie centre-européenne, passe par l’Autriche, l’Italie et l’arc alpin… puis revient vers l’ouest.
Si la nourriture reste suffisante en Allemagne, une part importante peut même y hiverner.
Sur la voie occidentale, l’Espagne est le principal pays d’hivernage (près de la moitié des effectifs), mais la France joue un rôle majeur avec des sites d’importance nationale : Lorraine, Champagne, Centre, Aquitaine, Camargue.
La presqu’île de Saint-Mandrier se situe sur la marge Ouest du couloir principal, mais il n’est pas rare d’observer des groupes temporairement orientés vers l’Est pour retrouver une colonie dont elles se seraient séparées, ou utilisant les ascendants pour reprendre de l’altitude – ce qui peut les faire momentanément repartir vers le Nord.
Suivre leur migration
Vous pouvez suivre leur migration en quasi-temps réel sur le site : La migration des Grues cendrées au jour le jour dont est issu cette carte des comptages réalisé les 6 et 7 novembre 2025
Le flux général sur la France reste NE / SO comme bien visible sur le site de la LPO Champagne-Ardenne.
Un signal d’alerte sanitaire majeur cette année
Malheureusement, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) signale cette semaine une mortalité massive de Grues cendrées infectées par la grippe aviaire sur toute la voie ouest-européenne.
En France, les premières ont été observées le week-end des 18/19 octobre dans le nord-est, lors d’une vague migratoire qui a concerné près de 80 000 Grues.
Tous les sites français de stationnement sont désormais touchés, sauf peut-être la Camargue. En Champagne humide, des comptages réalisés sur les dortoirs ont permis de recenser au moins 8 700 cadavres au 31 octobre (sans compter celles mortes sur les sites d’alimentation…).
La période d’incubation semble très courte et la mortalité rapide.
Pour en savoir plus : Pourquoi les Grues cendrées sont-elles particulièrement touchées par la grippe aviaire depuis la mi-octobre 2025 ?
Ce matin du 28 octobre 2025, sur la presqu’île, un minuscule visiteur haut en couleurs s’est laissé observer : le Roitelet triple-bandeau. Avec seulement 5 à 6 grammes, c’est l’un des plus petits oiseaux d’Europe… mais aussi l’un des plus vifs et des plus élégants !
Son bandeau noir sur l’œil et sa calotte orange vif à l'avant chez le mâle, jaune chez la femelle, parfois très légèrement teintée d'orange, le rendent facilement reconnaissable lorsqu’on prend le temps de lever les yeux et de regarder la vie dans les branches.
Insectivore infatigable, il se faufile de rameaux en rameaux à la recherche de minuscules proies, souvent aux côtés des rouges-gorges près du sol et des mésanges dans les pins. À cette période de l’année, certains individus descendent vers les zones méditerranéennes pour passer l’hiver : l’observer ici est donc un privilège discret… mais précieux.
Présent en Europe, au Maghreb et en Asie Mineure, le Roitelet triple-bandeau est commun et, bonne nouvelle, non menacé, et sa présence reste un indicateur de la santé de nos forêts.
Encore une fois, la nature nous rappelle qu’elle est partout autour de nous, parfois à quelques mètres, silencieuse, fragile, mais extraordinairement vivante.
Préservons ces habitats, préservons nos forêts, préservons notre presqu’île.
Une vedette de nos côtes : le cormoran, champion de la plongée et star des rochers de notre littoral ! Installez-vous avec jumelles ou appareil-photo : ces oiseaux majestueux ne craignent pas de se montrer ni de nous offrir leur spectacle quotidien.
Espèce en voie de disparition puis protégée depuis 1981, le cormoran a retrouvé sa place sur nos côtes et n’a plus à avoir peur de l’homme. Ici, il aime paresser au soleil sur les rochers ou les quais, ailes grandes ouvertes pour sécher son plumage, et s’élance ensuite d’un vol puissant, ailes battantes, la tête bien droite, avant d’atterrir sur l’eau dans un plané élégant digne des meilleurs pilotes.
Mais le cormoran, c’est surtout un plongeur hors pair : il file sous la surface à la recherche de poissons, descendant parfois jusqu’à dix mètres de fond, et peut plonger une minute d’affilée.
Rapide, silencieux et précis, il partage son terrain de pêche avec les pêcheurs locaux et les parcs d’aquaculture où le buffet est ouvert à volonté… pour ceux qui savent passer les filets protégeant les cages d’élevage !
Nos amis à plumes ne sont jamais loin non plus de l’agitation de la rade : allers-retours des bateaux, manœuvres dans le port, ou passage des sous-marins nucléaires Suffren (on vous laisse le trouver sur la photographie) un clin d’œil complice à l’autre monde des profondeurs. Certains chuchotent qu’il s’agirait de drones russes, mais nos amis à plumes, eux, restent zen et s’ils surveillent les lieux c’est pour assurer leur repas.
À tous ceux qui ont la chance d’observer un cormoran en action : prenez le temps d’apprécier cette merveille naturelle. Ensemble, redécouvrons le bonheur d’un littoral vivant, riche d’oiseaux et d’histoires à raconter… et à préserver pour demain !
Partagez vos observations ! Vous avez vu un cormoran ? Un sous-marin ? Un moment rare dans la rade ? Envoyez-nous vos photos et vidéos :
Ce matin, les rayons du soleil encore rasant transformaient la surface de la mer en miroir doré. Une invitation parfaite pour une promenade sous-marine avec histoires salées à la clef et où chaque apnée est une aventure.
Sous l’eau, les saupes, fidèles au poste, broutaient tranquillement les feuilles de Posidonie prenant leur petit-déjeuner dans les herbiers comme si c’était un buffet à volonté. Autour, des accumulations d’algues arrachées formaient un tapis végétal un peu bohème, comme si la mer avait oublié de faire le ménage.
Et soudain, surprise ! Voilà qu’arrive droit sur moi un banc de bar-loups. Ces poissons, habituellement méfiants, ce matin, n’étaient pas farouches pour un sou. Ils se sont approchés, l’air de dire : « Eh, l’humain, tu fais quoi toi, avec ton attirail de paparazzi sous-marin, ta lampe aveuglante et ton gros œil de photographe ? ».
Ils ont paradé en me tournant autour avec curiosité, pris la pose et m’ont offert un spectacle digne d’un défilé sous-marin improvisé. Leur curiosité était telle qu’on aurait presque cru qu’ils voulaient poser pour la photo du jour, version « portrait de famille sous-marin ».
Un instant de complicité, joyeux et inattendu. J’ai prolongé l’apnée pour donner toute sa saveur à cette rencontre, pour immortaliser ce moment où la mer m’a fait un clin d’œil. Puis d’un coup ils se sont regroupés et ont disparu en formation serrée.
La mer regorge encore de vie, de surprises et de belles histoires… À nous de la protéger pour que ces moments magiques continuent d’exister.
Depuis plus de 40 ans, nos mots d’ordre restent les mêmes :
La nature a besoin de vous !
L’APE reste mobilisée pour protéger les derniers sites naturels de la presqu’île.
Adhérez ou faites un don pour soutenir nos actions : www.ape83430.fr
#BarLoupsMandréens #Plongée #SaintMandrier #Méditerranée
Le ciel était couvert ce matin, mais la température de l’eau encore clémente invitait à enfiler palmes, masque et tuba pour profiter du spectacle toujours renouvelé du monde sous-marin. Et quelle surprise : un grondin volant (Dactylopterus volitans), unique représentant de son genre, aperçu en train de fouiller le sable à la recherche de nourriture.
Un beau représentant de Grondin volant nageant sur le fond à moins de 5m de profondeur.
Facile à reconnaître avec sa tête avec de gros yeux et surtout ses nageoires pectorales démesurées semblables à des ailes, translucides et bordées d’un magnifique bleu fluorescent. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, ce poisson ne vole pas : ses nageoires ne lui permettent pas de quitter l’eau, mais bien d’impressionner et de se déplacer au ras du fond.
Certains pourraient presque le prendre pour un poisson-lion (Pterois), celui qu’on retrouve en dessin sur les affiches vantant la bouillabaisse locale... Mais non, rien à voir : le grondin volant n’a rien de commun avec ce redoutable envahisseur indo-pacifique. Tout au plus rappellera-t-on, avec un petit sourire, que les rougets-grondins méditerranéens font bien partie de la recette traditionnelle de la bouillabaisse.
Le grondin volant est un poisson benthique, qui vit habituellement en journée entre 15 et 45 mètres de profondeur en Méditerranée. Mais il arrive que les jeunes individus remontent plus près de la surface et se laissent observer sur des fonds sableux peu profonds, comme ce matin, à moins de 5 mètres.
Une rencontre rare et colorée, qui rappelle combien notre littoral recèle de trésors vivants, parfois inattendus.
Pour en savoir plus
Au petit matin, la mer était d’un calme parfait, translucide, avec la lumière du soleil jouant sur le sable clair.
Un cadre idéal pour une promenade sous-marine… partagée avec un cormoran, qui nageait en surface avant de plonger avec énergie pour attraper ses proies.
Sous l’eau, la vie foisonne : les girelles paon, vives et colorées, croisent les sars à tête noire. Plus loin, les girelles royales dévoilent leurs teintes rouges éclatantes, en compagnie des rougets barbets fouillant le sable.
C’est aussi l’heure du petit-déjeuner pour les saupes, qui broutent en bancs serrés les algues et les feuilles de posidonie, formant de magnifiques herbiers préservés — ici, pas de sable artificiel venu perturber l’équilibre marin.
Sur les rochers battus par les vagues, on observe aussi de petites touffes de Cystoseire stricte, algue brune très sensible à la pollution chimique. Sa présence est le signe d’un milieu encore vivant, même si ce matin, une seule « méduse » de plastique dérivait en lambeaux au milieu des flots.
Une matinée entre merveilles naturelles et fragilités bien réelles, qui rappelle combien il est vital de préserver ces écosystèmes côtiers par petits fonds.
Chère Madame la Seiche,
Permettez-moi d’abord de m’excuser pour cette intrusion impromptue dans votre paisible ballade matinale. Je nageais là, tout content de faire corps avec la Méditerranée, quand soudain… vous.
Votre apparition, magique. Un nuage d’élégance, un soupçon de mystère, et me voilà hypnotisé par vos ondulations féeriques. Vous étiez là, suspendue dans les eaux, à la frontière du visible et de l’illusion.
Et puis, comme une star fatiguée d’être admirée, vous choisissez la retraite stratégique : une glissade gracieuse vers le sable, une pirouette finale, et hop ! Ne restaient que vos deux yeux, aussi discrets qu'inquisiteurs, braqués sur moi avec un air de dire : "Tu me vois ? Tu me vois plus !"
À ce moment précis, chère Seiche, je me suis senti observé, jugé. Pas méchamment, non. Mais d’un regard profond, ancestral, un peu comme si vous me scanniez en profondeur, analysez mes intentions, et évaluez mon quotient marin : "Sympa, mais gigotant." Vous m’avez donc laissé vous prendre en photo, et même de très près.
Je vous remercie pour cette leçon de discrétion et de style. Vous m’avez prouvé que dans l’océan comme dans la vie, il vaut mieux maîtriser l’art de disparaître avec panache que celui de la fanfare.
Avec toute mon admiration,
Un bipède palmé, occasionnellement discret
Ils sont de retour ! Nous vous avions signalé le passage des Guêpiers d'Europe (Merops apiaster) , à la fin de l'été. Ils s’arrêtent dans leur migration automnale sur la presqu’ile avant d’entamer une longue et périlleuse traversée de la Méditerranée pour aller hiverner en Afrique du Sud.
Vous les verrez dans le secteur de la renardière en train d’admirer les deux frères tranquillement posés sur les câbles électriques. Les Guêpiers d’Europe sont facilement reconnaissables à leur couleur vives : la gorge est jaune bordé de noir, le dos, la calotte et le haut des ailes sont brun-roux, le bec noir est légèrement incurvé. Vous les reconnaitrez aussi grâce à leur cri très caractéristique : ici
Depuis une quinzaine de jours ils sont de retour dans les cieux de la presqu’ile mais cette fois-ci dans leur migration printanière pour rejoindre leurs zones de reproduction dans le nord de l’Europe. Les scientifiques ont observé qu’ils migrent au printemps à une vitesse de déplacement plus élevée et sur une durée de voyage plus courte par rapport à l’automne. Alors, vite à vos jumelles !
Vous connaissez la Mésange charbonnière (Parus major) facilement identifiable grâce à son plumage où le jaune dominesa calotte et à sa cravate noires. C’est un petit passereau de 12–15 cm qui fréquente la forêt et les jardins de la presqu’île. Elles adaptant leur régime de mixte insectivore au printemps-été et granivore en automne-hiver. Cette espèce essentiellement sédentaire est commune et est classée « préoccupation mineure » par l’UICN.
Depuis une quinzaine de jours, les Mésanges charbonnières nichent, principalement dans des cavités (arbres, murs, nichoirs ou autres objets humains), accessibles via un trou d’à peine 26 mm de diamètre, ce qui protège sa couvée des prédateurs. Pour leurs nids, elles mêlent fibres d’écorce, mousses et brindilles à des herbes aromatiques (lavande, menthe, immortelles…), dont les composés terpéniques ont des vertus antiseptiques et insecticides.
Les entrées et sorties du nids sont nombreuses tout au long de la journée. Une belle occasion d’admirer les couleurs des Mésanges, leur dextérité à s’engouffrer à toute vitesse par le minuscule trou des nichoirs ou des interstices des rochers.
Malgré ces précautions, les nids sont souvent infestés par la puce Ceratophyllus gallinae, affectant parfois le succès reproductif. Les Mésanges détectent ces plantes grâce à leur odorat, capacité longtemps sous-estimée chez ces oiseaux.
Quelques jours après l’accouplement, la femelle pond entre 7 et 18 œufs, souvent donc en avril-mai avec parfois une seconde ponte en juin-juillet. La couvaison, exclusivement assurée par la femelle, dure 12–14 jours ; les jeunes restent dans le nid pendant 18 jours avant d’effectuer leurs premiers vols.
Les envolées des nichoirs sont d’une rapidité étonnante et pleine de grâce.
Chaque oisillon reçoit en moyenne 50 becquées par jour pendant deux semaines, nécessitant aux parents la capture de 6 000 à 9 000 chenilles par nichée. La femelle peut ajuster le sex-ratio des oisillons en fonction de l’attractivité du mâle (décelée grâce aux UV de sa calotte).
Les oisillons rejettent leurs déjections dans un sac fécal qui est une poche muqueuse résistante blanchâtre. Les adultes récupèrent les sacs fécaux et les abandonnent à distance du nid pour assurer l’hygiène du nid et éviter que les déjections ne révèlent la présence du nid aux prédateurs.
Les premiers envols des oisillons s’effectuent par bonds progressifs, puis par courtes envolées, et les jeunes gagnent leur indépendance quatre semaines après avoir quitté le nid.
Ce cycle de nidification et couvaison, exigeant en ressources et en efforts, est crucial pour la survie et la dispersion des Mésanges. Mais attention, la LPO déconseille le nourrissage en période de reproduction, du fait de l’absence d’une évaluation scientifique claire des risques associés à celui-ci à savoir le risque de transmission de maladies, l'effet sur les taux de prédation, les perturbations physiologiques et l'altération de la composition de la communauté aviaire. Beaucoup d’oiseaux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance vis-à-vis des jeunes nés dans l’année qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes.














