Le rosier liane Rosa Banksiae est une véritable merveille printanière qui ne passe jamais inaperçue dans nos jardins. Dès le mois de mai, il se couvre d’une profusion de petites fleurs jaune pâle, délicates et lumineuses, qui se renouvellent jusqu’en juillet. Leur parfum, léger et subtil, accompagne agréablement les journées ensoleillées sans jamais être envahissant.
Une plante que l'on croise sans toujours la reconnaître
Avec ses petites fleurs bicolores aux teintes allant du rose vif au pourpre profond, le gesse d'Espagne est l'une de ces plantes sauvages qui méritent que l'on s'arrête. Présente sur la presqu'île de Saint-Mandrier comme dans l'ensemble du pourtour méditerranéen occidental, Lathyrus clymenium appartient à la grande famille des Fabacées, celle des pois, des fèves et des vesces, et partage avec elles ce caractère grimpant et cette fleur en forme de papillon caractéristique, que les botanistes appellent fleur papilionacée.
Les premières journées vraiment chaudes sont là. Le soleil s'attarde, l'air s'adoucit, et la nature, fidèle à ses rythmes millénaires, reprend ses droits avec une énergie communicative. Ces derniers jours, nos observateurs ont eu la chance de saisir trois scènes remarquables, témoins de la vitalité du vivant dans notre région.
L'essaim : quand les abeilles font halte chez nous
Chaque année, au retour des beaux jours, la presqu'île de Saint-Mandrier se pare de grappes mauves et parfumées : la glycine est en fleurs. Ce phénomène, aussi bref qu'intense, transforme murs, pergolas et jardins en cascades violettes, offrant l'un des plus beaux tableaux du printemps méditerranéen.
Une floraison printanière spectaculaire
Perché tout en haut d’un cyprès, un faucon crécerelle scrute les alentours. Immobile, presque suspendu dans l’air calme du matin, il observe patiemment le moindre mouvement dans l’herbe rase et les buissons. De temps à autre, sa tête pivote brusquement, ses yeux sombres balayant le paysage avec une précision remarquable. Rien ne lui échappe : un lézard qui se glisse entre deux pierres, un insecte qui s’agite, un petit rongeur imprudent.
Entre deux apparitions fugaces du soleil et sous une couverture nuageuse persistante, quelques touches de jaune lumineux attirent le regard et méritent que l’on s’y attarde.
Dans les jardins de la presqu’île, certaines floraisons hivernales jouent les premiers rôles. C’est le cas du séneçon à feuilles de pétasite (Roldana petasitis, anciennement Senecio petasites), une plante originaire d’Amérique centrale, du Mexique et des Caraïbes. Peu fréquent dans le Var, ce séneçon se distingue par ses généreuses panicules de petites fleurs jaunes qui égayent, en sous-bois, les massifs de novembre à mars.
Derrière son allure exotique et décorative, la plante présente toutefois une capacité d’expansion notable. Vigoureuse, elle pousse rapidement et peut, dans certains contextes, concurrencer la végétation locale en l’ombrageant ou en l’étouffant. Sa silhouette arrondie et buissonnante, portée par des tiges rougeâtres ramifiées, s’accompagne de grandes feuilles persistantes, vertes et duveteuses, aux formes presque circulaires. Une esthétique séduisante, mais qui invite à la vigilance dans les milieux naturels.
Les nombreuses fleurs jaunes attirent volontiers les insectes pollinisateurs, tandis que les fruits – de petits akènes plumeux rappelant ceux du pissenlit – assurent la dissémination des graines au gré du vent. Autre particularité : cette espèce tolère relativement bien la pollution atmosphérique et la salinité, ce qui explique sa présence dans les jardins littoraux.
Une floraison spectaculaire : la grande solandre
Autre vedette des ambiances protégées de la presqu’île : la grande solandre (Solandra maxima), parfois appelée liane trompette. Originaire des régions tropicales d’Amérique, cette plante grimpante impressionne par ses immenses fleurs jaunes en forme de trompette, aussi élégantes que parfumées.
Sous nos latitudes, elle ne peut prospérer qu’à l’abri du gel, dans des jardins favorisés ou en culture protégée. Son feuillage persistant et son développement spectaculaire, ses lianes peuvent atteindre jusqu’à plusieurs mètres, en font une plante ornementale remarquable.
Mais la solandre exige des précautions : toutes ses parties sont toxiques, en raison de la présence d’alcaloïdes tropaniques (atropine, scopolamine…). Une caractéristique qu’elle partage avec d’autres membres de la famille des Solanacées, comme le datura. Connue depuis longtemps pour ses propriétés médicinales, la plante était déjà utilisée dans certaines traditions précolombiennes.
Son nom rend hommage au naturaliste suédois Daniel Carl Solander (1736-1782), élève de Linné et compagnon de James Cook qui l’a décrite lors de son premier voyage autour du monde. Une discrète passerelle entre botanique, histoire et exploration.
Un éclair jaune venu des rivières
Le jaune ne s’invite pas seulement dans les jardins. Il se manifeste aussi, plus furtivement, dans le plumage élégant de la Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea), observée en cette saison sur la presqu’île.
Ce gracieux passereau, familier des cours d’eau, se reconnaît à sa longue queue sans cesse oscillante et à ses nuances jaunes délicates. Rapide et vive, elle trottine le long des berges à la recherche d’insectes et de petits invertébrés. Dans notre secteur, elle peut être aperçue à proximités des mares temporaires, ici une jeune femelle a été photographiée sur le rideau de sécurité d’une piscine…
Migratrice partielle, l’espèce fréquente volontiers les régions méditerranéennes en hiver.
Protégée sur l’ensemble du territoire français, la Bergeronnette des ruisseaux rappelle combien la biodiversité locale dépend de la qualité et de la préservation des milieux naturels.
Même en plein hiver, la nature trouve toujours le moyen d’offrir ses touches de lumière. Ces éclats de jaune, parfois discrets, parfois spectaculaires, rappellent la richesse et la fragilité du vivant qui nous entoure.
Lors d’une promenade hivernale en forêt, le chêne blanc de Provence (Quercus pubescens Willd., famille des Fagaceae) attire immanquablement le regard. Majestueux et plein de caractère, le chêne blanc de Provence est l’un des arbres les plus représentatifs de nos paysages méditerranéens. Son nom latin pubescens vient du mot pubes, qui signifie « à poils doux », en référence aux fins duvets présents sur la face inférieure des jeunes feuilles.
Pouvant atteindre de 10 à 25 mètres de haut et vivre plus de 500 ans, ce chêne impressionne par sa longévité. Son tronc est souvent court et tortueux lorsqu’il pousse en terrain dégagé, mais il devient long et droit lorsqu’il croît au cœur des forêts.
Son feuillage caduc est marcescent : les feuilles sèchent en automne mais peuvent rester accrochées tout l’hiver si le vent ne les détache pas. Lorsqu’elles tombent, elles forment au sol une belle mosaïque brun doré qui enrichit la litière forestière.
Originaire des régions tempérées de l’hémisphère nord, il affectionne particulièrement les sols calcaires et secs de l’étage méditerranéen. Absent de Bretagne et des Landes, il reste fréquent dans les collines provençales. Espèce dite post-pionnière, il s’installe après les pins ou les arbustes pionniers qui colonisent les terrains abandonnés, puis les remplace progressivement pour former de belles forêts mixtes.
Le chêne pubescent atteint sa maturité vers l’âge de 15 ans. Il est monoïque, c’est-à-dire qu’il porte sur un même arbre des fleurs mâles et femelles séparées. Sa floraison, anémophile (pollinisée par le vent), s’étend d’avril à mai. Ses fruits, les glands, sont sessiles et logés dans une cupule écailleuse, avant d’être disséminés par les animaux, en particulier les geais et les écureuils.
Arbre emblématique du sud de la France, le chêne pubescent joue un rôle majeur dans nos paysages agricoles traditionnels : il est l’une des principales essences utilisées en trufficulture, grâce à sa capacité à former des symbioses avec les champignons du sol.
Prochaines balades hivernales : ouvrez l’œil, touchez l’écorce rugueuse, écoutez le bruissement des feuilles mortes… et admirez ce géant discret qui structure nos forêts et abrite une biodiversité incroyable.
Après le réveillon de Noël, quoi de mieux qu’une petite promenade digestive au grand air pour profiter de la douceur hivernale ? La nature, même en hiver, offre un spectacle vivant et coloré : nos oiseaux résidents ou hivernants sont bien actifs et cherchent leur repas avec gourmandise.
Si nous avons fait bombance la veille, eux aussi profitent des ressources de saison, même si le choix est plus limité. Heureusement, le kaki (ou plaqueminier), qui a perdu toutes ses feuilles, garde encore ses beaux fruits orange-rouge bien accrochés aux branches. Mûris par les premiers frimas, ils deviennent irrésistibles pour plusieurs espèces.
La fauvette à tête noire Cette petite fauvette élégante, avec sa calotte noire chez le mâle (grise chez la femelle), est une habituée de nos jardins en hiver. Très vive et curieuse, elle se perche souvent au sommet des arbustes pour surveiller les environs avant de fondre sur les fruits du kaki dont elle raffole.
Le rouge-gorge familier Ce petit boule de plumes au plastron orange vif est le plus audacieux de tous. Territorial et chantant même en hiver, il défend farouchement son coin de kaki et n’hésite pas à chasser les intrus pour picorer les fruits mûrs qui lui apportent l’énergie nécessaire pour affronter le froid.
La sitelle torchepot Avec son bec fin et pointu, cette acrobate des troncs chasse inlassablement les insectes cachés sous l’écorce des chênes verts. Elle grimpe tête en bas comme personne, inspectant chaque fissure, et son cri métallique « tuit-tuit » résonne dans les bois toute l’année.
Le roitelet à triple bandeau Minuscule boule de plumes (le plus petit oiseau d’Europe avec le roitelet huppé !), ce roitelet hyperactif fouille frénétiquement les branches des cades (genévriers) à la recherche d’insectes et d’araignées. Ses trois bandes claires sur la tête et son énergie débordante en font un spectacle à lui tout seul.
Prenez vos jumelles, un bonnet, et venez observer ces merveilles lors d’une simple balade sur nos sentiers côtiers ou dans les pinèdes. La nature de la presqu’île nous offre, même en hiver, des moments de beauté et de sérénité qui nous rappellent combien nos paysages ordinaires sont essentiels à la survie de la faune locale et combien il est important de les préserver.
Belles observations à toutes et tous !
Vos plus belles prises de vue hivernales sont les bienvenues – envoyez-les nous ! (contactape83430.fr)
Il arrive que la nature rappelle, parfois cruellement, que chaque repas est aussi un risque. Sur cette photo, un héron cendré a tenté d’avaler un poisson (une belle saupe) trop gros pour lui… et en est mort, étouffé, la proie encore coincée dans son bec. Ce héron est certainement l’un des individus observés depuis quelques temps sur les structures des parcs aquacoles de la petite rade.
Ce triste spectacle pris en photo ce 19 décembre illustre parfaitement ce vieux proverbe : il ne faut pas avoir les yeux, ni le ventre, plus gros que le bec. Chez les hérons comme chez nous, la gourmandise peut être un vilain défaut, surtout lorsque la compétition pour la nourriture s’intensifie dans des milieux fragilisés.
Le Héron cendré : Un chasseur élégant des zones humides
Le Héron cendré est un élégant échassier de la famille des Ardeidés, présent en Eurasie et en Afrique. En France, c'est une espèce commune et protégée depuis 1975, avec une population en croissance modérée.
Apparence et caractéristiques physiques Mesurant environ 90 cm, cet oiseau se distingue par son bec jaunâtre en forme de poignard, idéal pour la pêche. Sa tête est blanche avec des bandes noires formant une huppe, son dos gris pâle et ses parties inférieures blanchâtres. En vol, il replie son cou en "S" et déploie des ailes larges aux rémiges sombres. Les couleurs s'intensifient en période nuptiale.
Habitat et comportement Il affectionne les milieux humides peu profonds (moins de 40 cm) : marais, étangs, rivières, lagunes ou rivages marins. Chasseur patient, il s'immobilise pour harponner poissons, amphibiens, crustacés ou rongeurs. Opportuniste, il chasse seul dans des eaux douces, saumâtres ou même dans les champs. En Bretagne, il fréquente les côtes marines comme ici au niveau de la petite rade.
Reproduction Sociable en nidification, il forme des colonies (héronnières) dans les arbres près des zones humides, souvent avec d'autres espèces comme les cormorans. Les nids, faits de branches, sont réutilisés annuellement. Fidèle et monogame, le mâle parade pour attirer une femelle. La ponte (3-5 œufs) a lieu de février à avril ; les parents régurgitent la nourriture aux jeunes, indépendants à 3 mois.
Migration et répartition Migrateur partiel, il fuit les hivers rigoureux du Nord vers le Sud (jusqu'en Afrique tropicale), mais reste sédentaire ou erratique en France. La migration post-nuptiale se déroule d'août à novembre. Mondialement, la population (500 000-2 500 000 individus) est stable (préoccupation mineure UICN). En France, elle compte 31 000 couples nicheurs (stable, préoccupation mineure). En Île-de-France, 450 couples (stable).
Autrefois chassé comme nuisible, le Héron cendré bénéficie aujourd'hui d'une protection qui a permis son essor ce qui montre l’efficacité de la protection des espèces. Il symbolise la résilience des espèces humides, mais reste sensible aux perturbations des habitats.
Une promenade naturaliste organisée à la Coudoulière et à l’Hermitage a mis en lumière quatre espèces d’oiseaux dont la présence témoigne directement de l’état de nos milieux naturels face à l’artificialisation et à la pression humaine.
Le Pouillot véloce, petit migrateur discret, dépend des friches, des haies et des boisements littoraux. Or ces milieux sont parmi les premiers sacrifiés par l’urbanisation, l’élargissement des voiries et l’aménagement excessif des espaces naturels. Sa présence rappelle l’importance de conserver des zones « ordinaires », mais vitales pour la biodiversité.
La Bergeronnette des ruisseaux, strictement liée aux cours d’eau et aux zones humides, est un indicateur précieux de la qualité écologique des milieux aquatiques. Pollutions diffuses, ruissellements urbains, artificialisation des berges et imperméabilisation des sols menacent directement son habitat et, plus largement, l’équilibre de tout le vivant associé à l’eau.
Le Chardonneret élégant, reconnaissable à ses couleurs éclatantes, est aujourd’hui classé vulnérable en France. L’usage des pesticides, la disparition des plantes sauvages et la standardisation des paysages agricoles et urbains entraînent un effondrement de ses populations. Sa situation illustre les conséquences concrètes de choix d’aménagement et de gestion peu respectueux de la biodiversité.
Enfin, la Pie bavarde, souvent mal aimée, est pourtant un oiseau intelligent et utile, jouant un rôle de régulation des insectes et de nettoyage naturel des milieux. Son déclin en zone rurale et sa concentration en milieu urbain sont les symptômes d’un déséquilibre écologique profond causé par l’artificialisation et la dégradation des habitats naturels.
Si ces espèces peuvent encore être observées aujourd’hui sur ce site, c’est parce qu’il a été sauvé de l’urbanisation grâce à l’action de l’APE, qui a déposé des recours devant les tribunaux administratifs contre les permis de construire accordés par la municipalité. Ces actions juridiques ont permis de préserver cet espace naturel du béton et de maintenir un refuge indispensable pour la biodiversité locale.
Ces observations rappellent une évidence : la biodiversité locale ne se protège pas par des discours, mais par des choix concrets d’aménagement, de gestion des espaces naturels et de lutte contre les pollutions. Défendre les zones naturelles du littoral, préserver les continuités écologiques et limiter l’artificialisation sont des combats essentiels pour préserver le vivant, aujourd’hui et demain.
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