Comme chaque année, l’APE était présente hier au Forum des associations de Saint-Mandrier.
Ce rendez-vous citoyen reste un moment essentiel d’échanges, de rencontres et d’accueil de nouveaux adhérents.
Les discussions ont porté sur nos thèmes de mobilisation :
- la gestion des plages et la protection des herbiers de posidonie,
- la pollution plastique et bactériologique qui affecte nos eaux de baignade,
- l’impact des excès de bétonisation sur les derniers espaces naturels de la presqu’île,
- les suites données aux recours contre les projets immobiliers destructeurs de notre qualité de vie.
De nombreux habitants nous ont également interrogés sur les perspectives pour les constructions du chemin des roses, Fliche-Bergis, les serres de monsieur Garrone et sur la nécessité de préserver ce dernier site pour l’agriculture plutôt que de le livrer prochainement à l’urbanisation.
Un grand merci à toutes celles et ceux qui sont venus échanger, s’informer et soutiennent nos actions.
Depuis plus de 40 ans, nos mots d’ordre restent les mêmes :
La nature a besoin de vous !
L’APE reste mobilisée pour faire respecter la loi et
protéger les derniers sites naturels de la presqu’île.
Adhérez ou faites un don pour renforcer notre action : www.ape83430.fr
Les nuages, sombres et imposants, ont progressivement envahi le ciel au-dessus de l’horizon avant de déverser une pluie abondante sur la presqu’île.
Un ruissellement potentiellement chargé de polluants vers des zones inondées et vulnérables
Lors des pluies intenses sur la presqu’ile, comme le 28 août, ce 1er septembre, les eaux de pluie dévalent des collines par les routes jusqu’au village. Canalisées par les murs, elles lessivent les polluants accumulés sur les sols et la chaussée (bactéries, virus, hydrocarbures, particules fines, etc.). Lorsque les précipitations dépassent 20 L/m² en moins d’une heure, le réseau pluvial, sous-dimensionné, ne parvient plus à évacuer correctement les eaux de ruissellement.
Les eaux s’accumulent alors dans les zones les plus basses du village, déjà identifiées comme zones de submersion par le BRGM et les services préfectoraux. Leur parcours s’achève dans les eaux du port, où elles déversent les polluants collectés en chemin.
Un phénomène récurrent malgré les travaux
Malgré les travaux successifs de voirie, les mêmes zones de Pin Rolland sont régulièrement inondées lors des fortes pluies comme celles des derniers jours. Les eaux de ruissellement, chargées de polluants, proviennent des routes, parkings et autres surfaces imperméabilisées. Elles finissent leur course soit en traversant les plages, soit via les émissaires des eaux pluviales, contaminant ainsi les eaux de baignade.
Une différence de couleur révélatrice La différence de couleur des eaux est bien visible depuis la jetée : Côté rochers, l’eau reste claire, Côté plage, zone de rechargement en sable, l’eau apparaît turbide, signe de la présence de particules qui vont inévitablement se déposer dans l’herbier de Posidonie.
En bref
Les sources de pollutions microbiologiques des eaux sont issues notamment de mauvais raccordements d'habitations au réseau d'assainissement, de débordements des réseaux d'eaux usées, de rejets de station d'épuration d'eaux résiduaires et du ruissellement sur les sols, chaussées, surfaces souillées.
Les pluies intenses peuvent également provoquer des débordements des ouvrages de collecte et de traitement des eaux usées contribuant à la contamination du milieu naturel.
Aussi, à la suite d’épisode de pluie, la pollution microbiologique d'origine fécale est souvent observée au niveau des exutoires naturels ou artificiels sur le littoral marin au niveau, entre autres, des sites de baignades, et être cause d'une mauvaise qualité de l'eau.
Pour en savoir plus
Le département du Var a été placé en vigilance orange à partir de ce lundi 4h du matin, et ce jusqu’en soirée, en raison de l’arrivée d’un épisode méditerranéen actif. Ce phénomène concerne également les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence.
Selon Météo-France, des orages violents accompagnés de très fortes précipitations sont attendus dans l’après-midi. D’abord localisés en vallée du Rhône, ils progresseront vers le littoral varois au cours de la journée. Le dernier bulletin indique que « dimanche soir, un épisode méditerranéen se met en place avec des orages violents caractérisés en particulier par de très fortes intensités pluvieuses. Ils perdurent dans la nuit de dimanche soir jusqu’en fin d’après-midi de lundi. »
Face à ce risque météorologique élevé, et en accord avec les autorités académiques, le préfet du Var a décidé de reporter la rentrée scolaire au mardi 2 septembre.
Vigilance ORANGE orages et pluie-inondation : La rentrée scolaire reportée au mardi 2 septembre
Nuage sur le Coudon aujourd’hui 31 aout à 18h50
Ce que cela nous rappelle
Nous rappelons que ces épisodes extrêmes, de plus en plus fréquents, sont les manifestations concrètes du dérèglement climatique. Ils mettent en lumière la vulnérabilité de nos territoires littoraux face aux aléas naturels : inondations, ruissellements, submersions marines.
La météo n’est plus un simple bulletin : elle est devenue un signal d’alerte.
Écoutons-la. Agissons.
Dans le cadre de la concertation préalable sur le Plan national de restauration de la nature qui s’est clôturée le 23 août 2025, l’APE a rappelé dans sa contribution que la restauration ne doit pas masquer l’essentiel : protéger d’abord, réparer ensuite. En effet, restaurer sans protéger, c’est « verser de l’eau dans un seau percé ».
L’élaboration de ce plan s’inscrit dans un contexte alarmant : le rapport 2024 sur l’état de l’environnement souligne l’accélération du déclin de la biodiversité en France (17 % des espèces métropolitaines menacées, artificialisation des sols, pollutions multiples, changement climatique, etc.), tandis que les engagements internationaux (Accord de Paris, cadre mondial biodiversité de Kunming-Montréal) restent largement insuffisants pour limiter le réchauffement climatique.
L’APE déplore un cadrage trop centré sur « l’après-dégâts », qui risque de légitimer la destruction en la présentant comme inévitable, alors que la prévention est toujours la stratégie la plus efficace et la moins coûteuse.
L’APE défend donc l’adoption d’un Principe de Protection : faire de la protection de l’environnement la règle et de l’exploitation l’exception, en inversant la charge de la preuve. Ce n’est plus aux défenseurs de justifier la protection de l’environnement, mais aux exploitants de démontrer scientifiquement l’innocuité de leurs activités. Et sans cette preuve formelle, on s’abstient.
Enfin, l’APE appelle à reconnaître les droits de la Nature : considérer écosystèmes, espèces et entités naturelles comme des sujets de droit, afin qu’ils puissent être représentés et défendus pour leurs propres intérêts. Cette position vise à replacer la Nature au cœur du droit, non plus comme un objet à gérer, mais comme une communauté vivante, dont nous faisons parti et avec qui nous partagerons l’avenir du Vivant de cette planète.
Un tel changement enverrait un signal fort aux décideurs et soutiendrait les actions citoyennes qui portent une vision alternative à la doxa actuelle.
Ce matin, la lumière encore douce filtrait à travers l’eau limpide de la plage de Cavalas laissant deviner les dépôts de sable fréquents cette année.
Mais à l’horizon, les machines des hommes s’agitent : ferries et cargos se croisent, se dépassent, laissant derrière eux de lourds panaches noirs qui tachent le ciel sans nuage. Dans ce même ciel, un groupe de goélands se querelle bruyamment autour d’un poisson fraîchement capturé.
À l’autre extrémité de la plage, le contraste est saisissant : la surface de la mer est polluée, comme trop souvent. Les derniers résultats de mesure de la surveillance microbiologique de dette plage réalisées sur un prélèvement le 20 aout montrent encore la présence d’Entérocoques intestinaux (77/100mL) et d’Escherichia coli (30 /100mL) au-dessus des seuils de détection. Des mousses mêlées de débris dérivent vers les rochers. L’irisation argentée de la couche de surface laisse deviner une nappe parallèle au rivage, semblant rejoindre les Deux Frères. Les rejets de la station d’épuration d’Amphitria ?
Alors que la chaleur s’installe, il est temps de plonger dans l’eau claire. Là, un tout autre monde s’anime. Autour des blocs de la digue dégingandée, des girelles paon aux couleurs vives virevoltent de leur nage saccadée. Petits et grands individus se croisent, certains déjà parés de leur livrée adulte de verts, bleus et d’orangés, tandis que de jeunes sars argentés les accompagnent calmement.
Plus loin, des bancs de saupes juvéniles broutent les algues accrochées aux rochers, illuminés par les rayons du soleil. Au-dessus d’elles, des mulets glissent avec grâce, jouant avec le miroitement de la surface.
Puis vient le moment de sortir de l’eau. Cette vie sous-marine, si foisonnante et colorée, repose pourtant sur un équilibre fragile, semblable à des galets empilés les uns sur les autres. Un équilibre qu’il nous appartient de protéger si nous voulons continuer à partager ces instants de beauté avec le Vivant.
Depuis plus de trente ans, les grandes conférences internationales s’enchaînent : sommets climat (COP), biodiversité, océans, plastiques. Elles promettent à chaque fois une « avancée décisive », une « étape historique », un « nouvel espoir pour la planète ». Et pourtant, l’échec est presque toujours au rendez-vous.
COP Climat (COP29 et les précédentes)
Ces conférences devraient être le lieu de décisions contraignantes pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Au lieu de cela, elles accouchent de textes remplis de « peut », « devrait » et « incite ».
Les engagements sont souvent volontaires, jamais sanctionnés, et les pays gros émetteurs repoussent toujours à plus tard l’essentiel des efforts.
Résultat : la concentration de CO₂ atteint des niveaux records dans l’atmosphère et les trajectoires actuelles nous mènent vers +2,7°C, loin de l’objectif de 1,5°C.
Conférences Biodiversité (COP15, COP16…)
Même scénario. Des promesses solennelles : protéger 30 % des terres et mers d’ici 2030, restaurer les écosystèmes dégradés, stopper la déforestation. Mais les financements restent insuffisants, les pays du Nord et du Sud s’accusent mutuellement d’inaction, et les atteintes au vivant se poursuivent.
Chaque minute, des hectares de forêts disparaissent, des espèces s’éteignent, et les rapports scientifiques alertent sur un effondrement silencieux de la biodiversité.
Négociation d’un traité sur le plastique
Présentée comme la « COP du plastique », elle devait fixer des règles mondiales pour réduire la production et l’usage du plastique vierge. Mais là encore, les lobbies industriels freinent, et certains pays producteurs de pétrole refusent toute limitation contraignante (Genève, 14 août 2025).
Nos plages sont systématiquement polluées par des débris de déchets plastique de toutes sortes, comme ces disques de biomédias issus des stations d'épuration des eaux usées… Vidéo du février des déchets échoués sur la plage de La Vieille.
On discute du recyclage, du traitement des déchets… mais on élude la vraie question : réduire à la source une production devenue incontrôlable.
3ème Conférence des Nations unies sur l’Océan. Les océans sacrifiés aux bonnes intentions
L’UNOC, grande conférence dédiée à la protection des océans, n’a pas échappé au scénario habituel. Derrière les discours enflammés sur l’urgence de sauver la mer, les engagements concrets sont restés flous, sans financement sérieux ni mécanismes contraignants.
(©Crédit Photographie : The MPA Guide: A framework to achieve global goals for the ocean)
La question des aires marines protégées est sans cesse repoussée, tandis que la pêche industrielle, le trafic maritime et l’exploitation minière des fonds marins continuent de menacer les écosystèmes. Beaucoup d’États préfèrent afficher de belles promesses plutôt que de renoncer à leurs intérêts économiques immédiats.
Résultat : malgré l’UNOC (Nice, Juin 2025), la biodiversité marine décline inexorablement, et la Méditerranée, mer la plus polluée du monde, en est l’exemple criant.
Pourquoi ces échecs à répétition ?
- Un système fondé sur le consensus, qui donne un droit de veto à chaque État et bloque toute décision ambitieuse.
- Des lobbies puissants des énergies fossiles, des extractivismes à l’agro-industrie, qui influencent les négociations de l’intérieur.
- Des promesses sans calendrier ni sanctions, qui permettent aux États de s’engager… puis d’oublier.
- Un court-termisme politique, où l’horizon électoral prime sur l’horizon climatique.
Conséquence : un avenir oblitéré
En multipliant les sommets sans résultats, on entretient l’illusion que « quelque chose est fait », alors qu’en réalité, le temps s’épuise.
Chaque échec international repousse l’action effective de plusieurs années, tandis que les impacts s’aggravent : canicules, montée des eaux, disparition du vivant, pollutions irréversibles.
Notre conviction à l’APE Saint-Mandrier
Il ne suffit plus d’attendre des miracles diplomatiques. La protection de notre environnement se joue aussi localement : dans les luttes contre le bétonnage, les pollutions, la destruction des herbiers de Posidonies, et dans les gestes quotidiens de chacun.
Les grandes conférences trahissent souvent l’avenir, mais leurs maigres résultats ne doivent pas nous décourager : c’est dans nos territoires que s’écrit encore une partie de la solution.
La parallaxe, c’est cette petite coquine qui vous fait croire qu’un avion va vous raser la moustache alors qu’il passe en fait très loin.
Mais avouons-le… quand on voit arriver les huit Alphajets de la Patrouille de France en formation serrée, façon covoiturage aérien, ça donne quand même l’impression qu’ils jouent à une partie de touche-touche ou à 1, 2, 3, soleil à 800 km/h dans les traînées de leurs copains. Depuis le plancher des vaches, leur survol au-dessus du sémaphore ressemblait à une tentative de décapitation architecturale… Heureusement, tout cela n’était qu’un tour d’illusion d’optique. Côté faune locale, les goélands et martinets ont vécu leur moment "Top Gun et on a frôlé l’ornithocide imaginaire !
Et puis, le moment émotion : le début d’un cœur dessiné dans le ciel. Un cœur ? Vraiment ? Mais oui, tout s’est bien terminé. Le cœur s’est refermé, les avions sont repartis et les trainées de pollution se sont dispersées. Par contre, le nouveau marquage ventral du Rafale laisse songeur : inspiration tricolore… ou flamme sortie d’un autre registre ? Quoi qu’il en soit, on espère que ce choix esthétique n’annonce pas un atterrissage idéologique en piqué.
Moralité : la parallaxe, c’est comme les réseaux sociaux, ça déforme la réalité… mais ça met un peu de piment dans la vie.
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