Ce 1er janvier 2020 la norme Low Sulphur Oil Fuel (LSFO) de L'Organisation Maritime Internationale (IMO) est entrée en vigueur. Adoptée par les états pour réduire de 85% les émissions soufrées des navires sur l’ensemble des mers et océans de notre planète. Afin d’être en conformité avec cette réglementation et avec la directive européenne 2012/33 du 21 novembre 2012, les armateurs ont trois options : (1) utiliser du fuel plus raffiné contenant moins de 0.5% de souffre (LSFO), (2) équiper leurs navires de système de retraitement des gaz d’échappement en sortie de cheminée (scrubber) ou (3) basculer vers des modes de propulsion des navires moins polluants (électrique ou au GNL).
Malheureusement donc, les navires équipés de scrubbers peuvent continuer à utiliser des combustibles marins en teneurs en soufre supérieures à 0,5%. Leur combustion doit conduire à des valeurs d'émission dans l’air équivalentes ou inférieures à celles correspondant aux valeurs limites de teneur en soufre des combustibles marins imposées (0,1 et 0,5%). C’est pourquoi par exemple, les navires équipés de scrubber peuvent utiliser, à quai ou en mer, du combustible marin dont la teneur en soufre est de 3,50 %, si le rapport d’émissions de SO2 (ppm)/émissions de CO2 (% v/v) est inférieur à 151,7.
D’autre part, l'eau de lavage issue des scrubbers qui utilisent des produits chimiques peut être rejetée en mer, y compris dans des ports, substituant la pollution de l’atmosphère par une pollution des eaux de mer !
Le tout nouveau paquebot de croisière amiral de la compagnie italienne Costa Cruises, battant pavillon italien, a fait escale dimanche dernier à Marseille pour sa première rotation de la saison. Après le Nova de la compagnie Aida, compagnie sœur de Costa dédiée au marché allemand, qui fut la première à proposer un paquebot fonctionnant au Gaz Naturel Liquéfié (GNL) début 2019, c'est le premier navire de Costa à être alimenté au GNL aux ports et en mer. La combustion du GNL produit quasiment aucun émission d’oxyde de soufre (SOX) et de particules, très peu d’oxydes d’azote (NOX) et permet de réduire de l'ordre de 20% les rejets de CO2 par rapport au fuel lourd. Les émissions de dioxyde de soufre nuisent à la santé humaine et à l'environnement et au final forment des dépôts acides sur les sols (lien petition).
Ce paquebot de plus d’un milliard d’euros a été commandé il y a cinq ans aux chantiers navals Meyer en Finlande. La compagnie italienne Costa évolue pour répondre en partie aux demandes des associations de défense de l’environnement, qui dénoncent l'impact des navires, dont les bateaux de croisière, sur l'environnement. L'APE s'est mobilisée à côté de France Nature Environnement (FNE) pour demander des actions concrètes contre la pollution atmosphérique générée par les navires (voir ce lien). Avec Gilles Marcel, président de la fédération Provence-Alpes-Côte d’Azur de FNE, l'APE considère donc que "C’est une bonne nouvelle mais nous n’applaudiront pas à tout rompre. Cela reste un gros navire, avec une pollution moindre mais qui engendre tout de même de la pollution. Mais cela va dans le bon sens. Au-delà de ce cas relativement unique, il faut que l’ensemble des armateurs et de leurs navires fassent des évolutions qui permettent de rentrer dans des normes beaucoup plus protectrices des citoyens et des riverains " (Franceinfo).
Le 24 octobre dernier la France a été condamnée par la Cour de Justice de l’Union européenne pour non-respect de la directive de 2008 pour dépassement « de manière systématique et persistante la valeur limite annuelle pour le dioxyde d’azote (NO2) depuis le 1er janvier 2010 dans douze agglomérations et zones de qualité de l’air françaises, à savoir Marseille (FR03A02), Toulon (FR03A03), etc."
En effet, depuis 2010, entre autres polluants atmosphériques, le seuil limite de dioxyde d'azote a été régulièrement franchi dans l’air que nous respirons à Toulon. La Cour « constate que la France n’a manifestement pas adopté, en temps utile, des mesures appropriées permettant d’assurer un délai de dépassement qui soit le plus court possible. Ainsi, le dépassement des valeurs limites en cause durant sept années consécutives demeure systématique et persistant dans cet État membre malgré l’obligation pour la France de prendre toutes les mesures appropriées et efficaces pour se conformer à l’exigence selon laquelle le délai de dépassement doit être le plus court possible ».
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Le dioxyde d’azote est un polluant issu principalement des moteurs diesel. Il est responsable de 9 300 morts prématurées par an en France. Les causes de cette condamnation sont en ligne avec les résultats publiés par l’INRIX (http//inrix.com/press/scorecard-fr/) qui classait Toulon comme la 3eme ville de France dans laquelle on perd le plus de temps dans les bouchons avec un total de plus de 35h perdues par an.
communiqué de presse de la Cour de justice de l’Union Européenne et
Jugement rendu le jeudi 24 octobre 2019 par la Cour
Les pollutions atmosphériques émises par les voitures, les camions, les transports en commun, les chauffages à fuel mais aussi des bateaux sont la cause de 48.000 décès prématurés en France. Le jeudi 17 mai 2018, la Commission européenne a annoncé sa décision de renvoyer la France devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect des normes de qualité de l’air. Notre métropole fait partie des quatorze zones concernées par les dépassements de ces normes ! Voir le niveau quotidien de la qualité de l’air de Saint Mandrier sur la colonne de droite..
Les combustibles utilisés par les navires peuvent contenir jusqu’à 3,5 % de soufre quand le diesel terrestre est limité à 0,001% soit 3500 fois moins ! Les émissions des combustibles utilisés par les navires acidifient les eaux marines et polluent l’air des environnements littoraux que nous, riverains, nous respirons.
En 2020, la règlementation internationale imposera aux bateaux d'utiliser des combustibles dont les teneurs en soufre seront inférieures ou égales à 0,5 %. C’est donc tout simplement insuffisant ! D’ores et déjà des "zones à émissions contrôlées" de soufre existent en mer Baltique, Mer du Nord et en Manche ainsi que pour les ports italiens de Naples, de Rome (Civita Vecchia) et de Venise où les bateaux doivent utiliser des combustibles avec une teneur en soufre inférieure à 0,1 %. Cette règle devrait être imposée à tous les bateaux, présents dans les eaux territoriales françaises, jusqu’à 12 miles des côtes, en vue des terres et des hommes, au mouillage, dans les aires portuaires ou à quai.
Signez la pétition contre la pollution atmosphérique pour des bateaux propres : cliquez sur ce lien Bateaux propres.
Le dimanche 7 octobre, le navire Ulysse s'est encastré dans le porte-containers Virginia au mouillage au large du Cap Corse. D’après le ministre de l'Environnement M. François de Rugy, de l’ordre de 600 tonnes d’hydrocarbures auraient été déversées en mer formant une nappe de 20 km de long dérivant à la surface des eaux. Portés par les vents, neuf jours après la collision, des résidus d’hydrocarbures ont été obervés le mardi matin sur les plages de la Communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez. Ces résidus d’hydrocarbures ont certainement été amenés par les vents soufflant d’est ces derniers jours. Le préfet du Var a activé mardi soir le plan POLMAR Terre pour engager les moyens pour le nettoyage des plages qui pourrait débuter demain jeudi.
Ce mercredi matin aucun échouage de galettes d’hydrocarbures n’était visible sur les plages de Saint Mandrier. Ouf ! Par contre la tempête qui a sévit ces derniers jours avec des vents d’est qui ont atteint 98 km/h ce lundi au Cap Cepet, a amené de nombreux déchets que l’on trouve en épave essentiellement sur la plage de la Vieille. Un premier nettoyage sommaire a été réalisé par les promeneurs sur les plages de Cavalas et de la Coudoulière. La plage de Cavalas montre toujours une pollution organique à la sortie du ruisseau Est.
La Préfecture rappelle qu’il ne faut pas toucher ou ramasser les galettes qui peuvent être trouvées sur les plages mais d’informer la mairie, la gendarmerie (au 17) ou les sapeurs-pompiers (au 18 ou 112). Par contre prenez des photos qui mettent la pollution en perspective du site.
Préfecture : Communiqué de presse n°4 17-10-2018 18h30
Communiqué de presse n°3 16-10-2018 20h30
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Ce 15 novembre les vents violents ont agité les eaux de la rade |
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Les vagues de forte amplitude ont arraché les feuilles des posidonies pour former une belle banquette sur la Plage de la Coudoulière |
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Ce 17 novembre les eaux polluées continuent à se jeter en mer sur la partie est de la Plage de Cavalas |
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De nombreux débris en épave jonchent la Plage de La Vieille |