Une atmosphère lavée par les pluies récentes, un vent faiblissant et une petite remontée des températures ont permis de bien visualiser… les panaches de rejets de polluants des moteurs des navires de la Corsica Ferries et de la Méridionale. Des quais du port au grand large ces navires ont dispersé leur panache.
Le Mega Victoria de la Corsica Ferries battant pavillon italien a donné toute la mesure de ses capacités de rejets de contaminants issus de la combustion de ses vieux moteurs. Ils se sont dispersés dans l’atmosphère toulonnais sous la forme d’un panache bien visible lors de son passage à quelques centaines de mètres du village de Saint-Mandrier pour se dérouler ensuite tout au long de sa route jusqu’à Bastia en Corse (Photographies prises le 19 septembre 2024 à 18h50 et 19h00).
Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’utilité, la raison d’être des branchements électriques installés sur les quais du port de commerce de Toulon. En fait, ils s’interrogent sur les raisons qui font que les navires à quai sont rarement, voire jamais, branchés aux potences d’alimentation électrique. Devant l’absence de réponse claire des uns et des autres, une réponse possible à leurs interrogations : ces installations électriques ont permis ces dernières années la publication de nombreux articles de presse pour mettre en avant les actions du président de région, du président de la métropole, de … permettant de dépenser des millions d’euros d’impôts.
Ce 19 septembre, c’était une belle journée PPP, Port Pas Propre. En cette fin de journée au ciel bien dégagé et au soleil couchant rayonnant, les badauds et touristes attablés aux restaurants et bars sur les quais du port de Toulon ont pris des photos des magnifiques panaches des navires à quai en partance pour la Corse. La station Atmosud de contrôle de la qualité de l’air, installée en périphérie du quai du port commercial, trop près des navires à quai ne peut toujours pas détecter leurs polluants atmosphériques puisque les panaches passent bien trop haut au-dessus de ses prises d’air. Pour autant, les quatre moteurs diesel du finlandais Wärtsilä du Kalliste battant pavillon français de la compagnie la Méridionale ont libéré des gaz et particules de combustion bien visibles lors de leur mise en route. (Photographies prises le 19 septembre 2024 à 18h11 et entre 19h40 et 19hh50.
De même, les panaches du Mega Express Four de la Corsica Ferries battant pavillon italien dispersaient contaminants et noir de fumée au-dessus de la ville à en revendre (Photographies prises le 19 septembre 2024 entre 19h48 et 20h00).
Ces pollutions quotidiennes de l’air, nocives pour la santé, persisteront-elles après la création d’une zone de contrôle des émissions d’oxydes de soufre (zone SECA) qui devrait conduire à l’exclusion de nos côtes des navires utilisant les fuels marines les plus polluants ? Evidemment, nous attendons la mise en place d’une SECA Méditerranée dès 2025 pour en vérifier l’efficacité.
Les branchements électriques des quais ne réduiront pas les pollutions en entrées-sorties de rade, ni celles des traversées qui continueront comme le démontre aujourd’hui l’électrification des quais militaires depuis des années. Seules les améliorations sur les motorisations avec des changements de types de carburants permettront des avancées dans la réduction des pollutions atmosphériques dues au transport maritime qui contribue à 3% des émissions mondiales des gaz à effet de serre.
Une frégate de type La Fayette quitte la petite rade en polluant copieusement l’atmosphère joliment illuminé par le soleil levant (Photographie prise le 17 septembre à 8h23).
Suggestion de lecture :
Pollution cachée : pourquoi 70% des émissions maritimes échappent aux régulations
Ce jour, en fin d’après-midi, le Marella Voyager de la compagnie Marella Cruise battant pavillon maltais quittait la rade de Toulon. Au passage devant Saint-Mandrier il a rejeté dans l’atmosphère ses polluants de combustion sous la forme d’un panache impressionnant…
Comme dirait le maire de Saint-Mandrier, « Il est vraiment urgent d’attendre » pour que la métropole interdise les escales de ces navires. En attendant, les poumons de tous les Mandréens bénéficient de ce type de pollution…
Le Marella Voyager, construit à l'origine en 1997 pour Celebrity Cruises est devenu le Mein Schiff Herz du croisiériste TUI puis a repris la mer sous son nom actuel en juin 2023 après une rénovation de la proue à la poupe de plusieurs millions d’euros. C’est le cinquième et le plus grand en termes de tonnage de la flotte de croisières Marella. Il transporte jusqu’à 1 912 passagers. Après une escale à Nice puis Toulon, il rejoint Barcelone. Le périple classique de nombre des paquebots que nous voyons passer devant notre presqu’ile (Photographies prise le 11 septembre 2024 entre 18h20 et 18h43).
Ce navire a fait les titres des journaux quant une importante épidémie de norovirus en février 2010 a touché près de 500 personnes à son bord sur un total d'un peu plus de 1 800 passagers voyageant de Charleston, en Caroline du Sud, vers les Caraïbes orientales.
Si vous voulez un autre avenir pour notre presqu’ile et métropole, faites-le savoir en signant la pétition « STOP CROISIERES GRANDE RADE DE TOULON », ICI
L'histoire se répète, les lundis c'est l'occasion d'observer la pollution de l'air générée par le ballet des ferrys de la société Cordica Ferries et du Scarlet Lady de la société Virgin. Respirez, braves gens, ces 2 sociétés s'occupent de vos poumons ...
Nous avons mis la chronologie sur les photos qui se passent de commentaires.
Question pollution justement, à lire dans Monaco Hebdo : Guillaume Picard : « Moins il y aura de passagers, moins il y aura de surtourisme ».
Pour ceux qui ce matin étaient encore endormis, dans les limbes au sens propre du terme, à savoir dans l'au-delà situé aux marges de l'enfer, quelques photos des fumées issues des machines infernales propulsant les navires qui s’invitent dans le port de Toulon.
Ce lundi matin, le Scarlet Lady de la compagnie Virgin et battant pavillon des Bahamas a comme à son habitude enfumé la rade d’un panache persistant qu’une légère brise d’est a dispersé au-dessus de la Seyne (Photographies prises entre 7h54 à 8h28). Il a croisé le Mega Regina qui sortait de la rade tout panache dehors lui aussi et qui lui-même a croisé le Mega Smeralda (Photographie prise à 8h26) qui entrait dans la grande rade laissant également dans son sillage ses fumées bien visibles lors de son approche de la côte (Photographie prise à 8h08).
Le Mega Smeralda était rejoint par le Mega Express four de la même compagnie Corsica Ferries battant pavillon italien, toute fumée dehors. Il a croisé une FREMM de la Marine nationale, des pêcheurs, des plaisanciers, observé de la côte par les baigneurs…. (Photographie prise à 9h22). Le Scarlet Lady quant à lui a quitté vers 18h00 le port de Toulon toujours crachant ses rejets de polluants dans son panache bien visible en sortie de rade et au-dessus de la colline du Cap Cépet, non ce n’était pas un incendie. Puis, son panache rabattu vers la surface de la mer à proximité des plaisanciers en voilier, aspirant surement à l’air pur du large, a participé à l’acidification des eaux de surface, impactant le plancton sur sa route pour la Marina di Carrara sur la côte Toscane italienne. Certains ont moins de gêne que d’autres à polluer notre atmosphère et la mer (Photographie prises vers 18h50).